Après avoir essuyé un premier refus de la part de Bilaam, Balak lui envoie une seconde fois des messagers pour le convaincre de maudire le peuple hébreu. Bilaam refuse à nouveau, arguant que D.ieu ne lui a pas donné l’autorisation. « Bilaam répondit en ces termes aux serviteurs de Balak: « Quand Balak me donnerait de l’argent et de l’or plein son palais, je ne pourrais contrevenir à l’ordre de l’Éternel mon D.ieu, en aucune façon. » » (Bamidbar 22, 18)

A priori, Bilaam fait preuve d’intégrité exemplaire. Or, Rachi n’est pas dupe de cet hypocrite et ajoute : « Cela nous apprend qu’il était cupide et qu’il convoitait l’argent d’autrui. » La rapacité de Bilaam était telle, qu’il faisait fi d’un palais bourré d’argent. Il était prêt à vendre son âme au Satan, mais au prix fort.
La parabole suivante illustre la corruption et son prix dérisoire face à la récompense qui attend ceux qui font preuve d’intégrité.
L’Admor de Slonim, rabbi Chemouel zatsal, était en voyage, accompagné d’un groupe de ‘hassidim. L’un deux pénétra dans le compartiment de l’Admor et lui raconta qu’en passant dans l’un des wagons, il avait aperçu Chlomalé Linker. Ce dernier était dans le passé un ‘hassid de rabbi Chemouel, puis il avait dérapé de la voie de la Torah. Il s’était ensuite lancé dans les affaires, et la réussite lui avait souri.
Rabbi Chemouel, après une courte réflexion, évoqua son désir de lui parler.
Le riche industriel fut prié de se rendre auprès du rabbi, ce qu’il fit promptement, après s’être procuré une kippa pour couvrir sa calvitie.
« Chlomalé, s’exclama le rabbi d’un ton affable, cela fait longtemps que je ne t’ai pas vu. J’ai entendu que tu es à la tête d’une entreprise colossale. »
« C’est exact », répondit le renégat avec un sourire.
« A combien ta fortune est-elle évaluée, à trente mille roubles ? »
« Bien plus », ricana Chlomo.
« Cinquante mille ? », insista l’Admor.
Un nuage de suspicion traversa l’esprit de l’industriel, et d’un ton incertain, il dit au rabbi, « Bien plus. Mais à quoi rime cet interrogatoire ? Le rabbi veut peut-être un don pour sa caisse de tsédaka ? »
« Non, pas du tout. Je voulais juste te faire remarquer la chose suivante. Depuis longtemps, à l’époque où tu te trouvais encore chez nous, j’ai ressenti que tu ne faisais pas partie des nôtres. Ton cœur était ailleurs.
Or, le yetser hara était prêt, quant à lui, à payer cinquante mille roubles et plus, pour que tu lui vendes ton âme, pour laquelle je n’aurai pas donné un sou vaillant. Alors imagine-toi ce que vaut la foi d’un juif pieux, qui accomplit la volonté divine… » Par Chalom C