Une grave polémique a opposé Israël et la Pologne en janvier dernier lorsque le parlement polonais a adopté une loi interdisant d’accuser la Pologne d’avoir eu une part de responsabilité dans les actes meurtriers perpétrés par les Nazis dans le pays pendant la Shoah.

Par la suite, comme nous l’avons vu, des discussions ont été amorcées et elles ont finalement abouti à un compromis, permettant aux tensions de s’apaiser.  Mais la Pologne tient toujours à montrer qu’un grand nombre de ses citoyens sont intervenus pendant la Seconde Guerre mondiale pour sauver leurs compatriotes juifs. Il faut dire que 6 620 d’entre eux, chiffre record, ont reçu la médaille de ‘Juste parmi les Nations’ de la part de Yad Vashem.

A présent, indique le site de Hamodia en anglais, les autorités polonaises ont réussi à se procurer des documents attestant des efforts déployés pendant cette sombre période par des diplomates polonais en Suisse en vue d’obtenir de faux passeports pour des Juifs afin qu’ils puissent échapper aux persécutions nazies en partant pour l’Amérique Latine.

Le ministère polonais de la Culture et le Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau ont annoncé ce lundi que la Pologne avait réussi à avoir ces archives après plus d’un an de discussions avec un propriétaire privé en Israël. Et de préciser qu’on savait que 330 personnes avaient survécu grâce à ces fausses pièces d’identité et que 387 autres avaient été assassinées malgré ces documents. Pour 430 autres personnes, on ignore quel sort leur a été réservé.

Les documents récupérés ont aussi révélé que les efforts de sauvetage avaient été dirigés par l’ambassadeur de Pologne en Suisse, Aleksander Lados, épaulés par trois autres diplomates polonais et deux représentants d’organisations juives. L’un d’entre eux, d’après ces archives, était le rabbin H’aim Eiss, décédé d’une crise cardiaque fin 1943.

Le ministre polonais de la Culture Piotr Glinski a déclaré que ‘ces archives fournissaient des preuves irréfutables de l’implication de Polonais, de l’Etat polonais et de ses représentants, sur le plan systémique et constitutionnel, dans le sauvetage de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale’.

La collection qui vient d’être récupérée comprend notamment huit passeports uruguayens fabriqués pour des Juifs polonais, des photos et des lettres qu’ont envoyées des diplomates polonais et des responsables d’organisations juives.  Ces documents devraient être exposés pendant quelques mois à Berne, en Suisse, avant de rejoindre la collection du Musée d’Auschwitz, mémorial érigé en hommage aux victimes du camp d’extermination nazi où 1,1 millions de personnes, dont la plupart étaient juives, ont été massacrées.

Claire Dana-Picard