Le tribunal de district de Beershéva a maintenu la peine infligée il y a quelques années au prévenu Asher Dahan, d’El’ad, accusé du meurtre du Rav Elazar Abouhatsira z’l.

Au cours du procès, la Défense avait prétendu que Dahan n’était pas responsable de ses actes en raison d’une maladie mentale dont il souffrait. Après avoir examiné les rapports psychiatriques de plusieurs experts, les juges avaient conclu qu’il était en pleine possession de ses moyens au moment des faits et l’avaient condamné pour son crime. Les avocats commis d’office qui représentaient l’accusé avaient alors déposé un recours.

En 2016, le tribunal avait débattu de la question et ordonné la formation d’une commission d’experts en psychiatrie pour que celle-ci donne son avis sur l’état psychique de l’accusé lorsqu’il avait commis son meurtre.

Les experts ont présenté leur rapport au tribunal de district en janvier 2017 : d’après leurs conclusions, ‘lorsqu’il a commis son crime, l’accusé présentait des troubles psychotiques et n’était donc pas en mesure de l’éviter’. La Défense a demandé que ces conclusions soient adoptées mais le Parquet a souhaité repousser ces conclusions et maintenir la condamnation.

Finalement, le tribunal de district a décrété dans le cadre du verdict complémentaire qui venait d’être rendu qu’après examen du nouvel avis et des témoignages des experts sur la question, ‘rien ne justifiait un changement du jugement’.

Rappelons les faits : en juillet 2011, un homme s’était introduit dans la chambre du Rav Elazar Abouhatsira z’l, dans son appartement de Beershéva, et l’avait frappé d’un coup de poignard dans le cœur, provoquant sa mort. A l’issue d’un long procès, le prévenu avait été condamné à la réclusion à perpétuité.

L’affaire avait fait grand bruit à l’époque. Il faut dire qu’on ne s’attendait certainement pas à un tel drame. La cour avait rejeté les arguments de la Défense qui, s’appuyant sur les résultats d’examens psychiatriques effectués sur le prévenu, avait conclu qu’il n’était pas sain d’esprit au moment des faits et ne pouvait donc pas être jugé pour cet acte.

Dans son verdict, le tribunal avait souligné : « L’accusé ayant frappé un seul coup qui a touché le cœur, on ne peut donc pas exclure la préméditation ». Et d’ajouter : « Les actes commis par l’accusé montrent bien qu’il avait l’intention de tuer le Rav ».

Rabbi Elazar était un grand tsadik issu d’une longue lignée de RabbanimGrand cabaliste, il était vénéré par de nombreux fidèles qui venaient régulièrement le consulter. Son décès tragique avait provoqué la stupeur et la tristesse parmi tous ceux qui l’appréciaient pour sa modestie et ses conseils judicieux. Le Rav Ovadia Yossef zts’l, qui était un ami, avait versé des larmes en apprenant sa disparition.

Claire Dana-Picard