Le Parc Sanhédrin, remis récemment en état par l’Office national des Antiquités, vient d’être inauguré. Le public pourra désormais le visiter et passer des moments en famille sur une étendue de 28 dunams. La cérémonie, très émouvante, a été organisée par l’office de développement de Jérusalem, le ministère de Jérusalem et du Patrimoine et la municipalité de la ville.

Le Parc Sanhedrin, situé près du quartier de Sanhédria, est un site historique datant de l’époque du Second Temple. Il contient vingt grottes funéraires de la période romaine.

D’après la tradition juive, les dirigeants du Sanhédrin, assemblée législative composée de 71 membres, sont enterrés à cet endroit. L’entrée d’une des grottes est délimitée par une clôture de pierre sculptée et sur sa façade sont ciselées des formes représentant des vignes et des raisins. À l’intérieur se trouvent un certain nombre de tombes à différents niveaux et des escaliers mènent à un autre groupe de grottes funéraires.

Depuis le Moyen-âge, des fidèles viennent régulièrement se recueillir sur les sépultures et à la fin de la période ottomane et au début du mandat britannique, au début du vingtième siècle, des Juifs ont acheté les terrains pour tenter de protéger le caractère sacré du site.

Le ministre de Jérusalem et du Patrimoine Zeev Elkin (Likoud), présent à l’inauguration, a précisé dans son discours que ‘la mission n’avait pas été simple’, étant donné qu’il avait fallu préserver le site archéologique d’une grande valeur historique tout en proposant au public du quartier un espace vert.

‘Il s’agit toutefois, a-il souligné, d’une combinaison intéressante et je suis profondément ému de voir des centaines d’enfants du quartier s’égayer dans le parc’.  Il a salué le travail qui avait été effectué, affirmant ‘qu’on voyait nettement que de gros efforts avaient été déployés pour lui conserver son caractère unique et qu’ils avaient été fructueux’.

L’architecte qui a dirigé le projet, Youval Barouch, a estimé pour sa part que ‘le parc bénéficiait à présent de l’honneur qui lui était dû en tant que site d’une valeur archéologique et historique primordiale comme d’autres parcs nationaux du pays datant du Second Temple’.

Il a rappelé en outre qu’il était l’un des premiers parcs construits à Jérusalem après la Guerre d’Indépendance, en 1948 et que ‘jusqu’à la Guerre des Six Jours, il avait été l’un des principaux lieux touristiques de la ville’. Il a ajouté que malheureusement, pendant de nombreuses années, le site et les grottes avaient été laissés à l’abandon et même, en partie, endommagés. Il a encore indiqué que le projet de rénovation avait été entrepris il y a une dizaine d’années par l’Office des Antiquités, en partenariat avec la mairie de Jérusalem.

Claire Dana-Picard