Des milliers de personnes ont tenté d’apporter leur réconfort aux familles Azan et Hamra pendant la semaine de deuil observée en Israël après le décès tragique d’Aliza Azan, 40 ans, et de trois de ses enfants, Henrietta, 3 ans, Yitshak, 7 ans et Moché, 11 ans z’l, dans l’incendie de leur maison dans le quartier de Flatbush à New York.

Parmi tous ceux qui s’étaient déplacés, un homme pouvait sans doute comprendre mieux que les autres la douleur des endeuillés, étant donné qu’il avait vécu une épreuve similaire. Il s’agit de Gabriel Sasson, qui a perdu à New York également, il y a près de trois ans, sept de ses enfants dans l’incendie qui a éclaté dans son appartement. Sa femme, Gayle, et l’une de ses filles, Tsipora, ont survécu mais elles gardent de graves séquelles de leurs brûlures.

Invité à prendre la parole pendant les Shiva des familles Azan et Hamra, Gabriel Sasson leur a déclaré, suscitant une forte émotion autour de lui : « Après cette tragédie, vous n’êtes plus des gens ordinaires. Vous devez malgré tout continuer à vivre dans la joie, c’est difficile mais vous avez le temps. Maintenant vous pleurez, vous n’envisagez pas encore l’avenir mais vous verrez que cela ira mieux ».

Se tournant ensuite vers le fils orphelin, il a déclaré : « Avraham, tu te marieras un jour, tu élèveras tes enfants… ». Il a ensuite souligné qu’il ‘fallait tout accepter avec amour’, et s’adressant aux endeuillés, il les a exhortés à ‘tenter d’être forts’.

Et de poursuivre : « Si vous n’y parvenez pas, vous serez brisés. Mais comment fait-on ? On doit se soumettre à la volonté divine, dire à D.ieu qu’on accepte tout avec amour. Si tu te laisses aller vers Lui, Il te relèvera et t’aidera. C’est grâce à Sa force que j’ai réussi à continuer. On dit que je suis fort ? Ce n’est pas vrai ! Je me soumets à D.ieu ».

Evoquant son propre malheur, il a raconté: “Moi aussi, après le drame, j’étais ici en Israël pour l’enterrement (de mes enfants) et après mon retour aux Etats-Unis, je suis revenu pour les trente jours (Shloshim) et la pose des pierres tombales sur lesquelles on a inscrit leur nom suivi de ‘ben Gabriel Sasson’ avec la formule : ‘qu’il ait une longue vie’. « Mais, s’est-il écrié, je ne veux pas une longue vie, je veux déjà me tenir près de mes enfants, je n’ai plus le goût de vivre. C’est ce que l’on ressent, on ne voit pas plus loin. Mais si on ne se décourage pas, D.ieu nous vient en aide ! »

Claire Dana-Picard