A la découverte des différents quartiers de Jérusalem…

Bayit Vegan : des débuts prometteurs mais difficiles ….

Lorsqu’on se promène à Bayit Vegan, on est tout de suite frappé par le nombre d’Israeliens d’origine française qu’on y croise. C’est en effet l’un des quartiers résidentiels de Jérusalem à forte population francophone qui est généralement très religieuse, voire orthodoxe.

Cet environnement plait a beaucoup d’Olim de France tant pour les services qu’il propose dans des domaines divers que pour son ambiance religieuse, notamment pendant le Shabbat et les fêtes. Le quartier a en outre comme avantage d’être relativement proche du centre-ville. De nombreuses lignes d’autobus y conduisent régulièrement.

Quant à ceux qui aiment faire un peu de marche, ils pourront rapidement rejoindre, au bout de la Rehov Hapisga, la station de tramway du Mont Herzl qui est pour le moment le terminus. Mais les travaux ont déjà commencé pour la ligne qui va continuer jusqu’à l’hôpital Hadassah Ein Kerem.

Bayit Vegan est un quartier situé au sud-ouest de Jérusalem. Il côtoie le Mont Herzl, avec non loin de là, le mémorial de Yad Vashem, et les quartiers de Ramat Beth Hakerem, Kiriat Yovel et Guivat Mordehaï. En contrebas se trouve Ramat Sharet. Il se trouve également à proximité de l’hôpital Shaaré Tsedek.

L’association Bayit Vegan, créée pour la construction du quartier, a été fondée en 1920. Dès le départ, il était convenu qu’il aurait une population sioniste religieuse. Parmi les dirigeants du groupe fondateur se trouvaient le Rav Yossef Mordeh’aï Halevy et le Rav Avraham Chaim Zwebner Shag.

Au départ, il était question de construire 70 maisons privées avec jardin comme à Beth Hakerem. Finalement, 250 personnes se sont inscrites à l’association et l’achat des terrains a débuté en 1921.

Bayit Vegan : lancement des premiers chantiers

Les premiers chantiers ont été lancés en 1926 : 25 habitations ont alors été construites dans la rue Harav Kook (qui s’appelle aujourd’hui Reh’ov Bayit Vegan) avec une grande synagogue séfarade.

En 1929, le quartier Bnai Brith, construit par les membres de la Confrerie juive, a vu le jour à l’endroit le plus élevé de Bayit Vegan, qui se trouve à l’heure actuelle entre le 36 et le 56 de la Reh’ov Bayit Vegan.

Le château d’eau, qu’on aperçoit encore aujourd’hui, a été bâti à cette époque. Parmi les pionniers de Bayit Vegan se trouvait le Rav Shmouel Eliézéri qui a été nommé rabbin du quartier en 1930.

A l’époque, Bayit Vegan était isolé du reste de la ville, se trouvant à la limite occidentale de la capitale. C’est en 1932 que l’achat de tous les terrains a été achevé.

Au moment de la guerre d’Indépendance, en 1947, les 35 combattants juifs du Goush Etsion (Lamed Heh) qui ont été massacrés dans des affrontements avec des Arabes avaient fait une première tentative de percée par le sud du quartier mais ils sont vite revenus sur leur pas en raison des difficultés qu’ils avaient rencontrées.

Après la Guerre d’Indépendance et la création de l’Etat d’Israël, le quartier a connu un grand essor avec de nombreux chantiers. A l’extrémité de la Cheh’ouna, se trouvait une carrière où un réservoir a été installé, alimentant en eau toute la partie occidentale de Jérusalem.

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Bayit Vegan : le quartier prend de l’essor

Le nom du quartier a été choisi en raison du style de ses premières maisons qui avaient toutes un jardin privé.

La rue principale a été nommée ‘Rehov Hapisga parce qu’elle était la rue la plus élevée de Jérusalem jusqu’à la naissance du quartier de Guilo. C’est dans la Reh’ov Bayit Vegan qu’a été ouverte la première boulangerie Angel. Elle y est restée jusqu’à son transfert en 1959 dans le quartier de Guivat Shaoul.

Aujourd’hui, la plupart des maisons construites à ses débuts ont été détruites. Seules quelques-unes d’entre elles existent encore, permettant d’imaginer à quoi ressemblaient ces maisonnettes assorties d’un jardinet. Le quartier est devenu assez bourgeois et convient généralement à une population relativement aisée.

Deux hôtels se trouvent aux abords de Bayit Vegan et ces dernières années, un grand complexe immobilier qui a suscité de nombreuses contestations et un scandale judiciaire, a donné un nouvel aspect à tout le secteur : il s’appelle Holyland, du nom de l’hôtel construit en 1960 et aujourd’hui détruit qui se trouvait à son emplacement avec la célèbre maquette représentant Jérusalem à la fin de l’époque du Second Temple. Elle a été transférée au Musée d’Israël et est exposée à côté du Sanctuaire du Livre.

Le complexe Holyland comprend des tours d’habitation de 8 à 12 étages et une autre de 32 étages avec au total plus d’un millier d’appartements de prestige.

D’un point de vue démographique, Bayit Vegan est considérée comme un quartier à population essentiellement religieuse : ses habitants sont, en majorité, des Juifs orthodoxes et il existe par conséquent de nombreuses écoles religieuses, des Yeshivot et un nombre impressionnant de synagogues de tous les rites.

Ces dernières années, de nombreux Olim d’Amérique Latine et surtout de France se sont installés dans le quartier, lui donnant un nouveau cachet. Dans la rue Ouziel, la plus longue de Bayit Vegan, se côtoie une population plus diversifiée.

[Suite dans le prochain épisode]

Claire Dana-Picard

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