La soif d’apprendre du peuple juif est intarissable. Même dans les situations les plus dramatiques, des Juifs ont fait preuve d’une dignité incroyable et d’un désir d’étudier impressionnant, comme dans l’histoire relatée par le centre international ‘Chem Olam’ à partir d’un document très rare qu’il a découvert.

Il s’agit d’un texte, envoyé en octobre 1941 aux autorités allemandes par les dirigeants du Conseil juif du ghetto de Lublin, en Pologne occupée par les Nazis, dans lequel ils demandent que les Juifs puissent maintenir leur mode de vie. Ils présentent en outre un programme d’enseignement qu’ils souhaitent prodiguer aux enfants du ghetto, comprenant notamment des cours sur Eretz Israël, la langue hébraïque et la Alya en Terre Sainte.

On ignore jusqu’à ce jour si ce programme a été autorisé. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que même dans la détresse la plus profonde, les Juifs restaient attachés à leurs valeurs et à leurs traditions et tenaient à transmettre ce trésor précieux aux nouvelles générations.

fin de cette communauté a été tragique: en mars 1942, les Juifs du ghetto de Lublin ont été déportés dans des camps de concentration d’où ils ne sont jamais revenus. D’autres ont été massacrés dans leur village.

Le Rav Avraham Krieger, directeur du centre ‘Chem Olam’, a souligné avec émotion que ‘pendant la guerre, alors que les Juifs subissaient les horreurs perpétrées par les assassins nazis, leur volonté de poursuivre et de maintenir leur vie spirituelle et leurs traditions n’avait jamais failli’.

Il a ajouté : « La plupart des récits recueillis sur la Shoah montrent l’abnégation des Juifs, résolus à continuer d’observer leur religion et de préserver leur judaïsme, même dans des situations impossibles ». Et de préciser : « Mais dans ce document précis, on constate de façon exceptionnelle cette détermination forte d’étudier et de transmettre à la nouvelle génération le lien et l’attachement à Eretz Israël, à ses paysages et à la langue hébraïque ».

Claire Dana-Picard