Au départ, Tou Bichevat n’était pas une fête mais simplement une date que les agriculteurs honoraient pour faire le calcul de leur nouvelle récolte de fruits afin d’y prélever la dîme. Mais au fil des générations, cette journée a pris des allures de célébration religieuse, à tel point qu’il était interdit ce jour-là de prononcer une oraison funèbre pour rendre hommage à un défunt.

En outre, les Juifs avaient pris l’habitude de goûter, le 15 Chevat, des cinq sortes de fruit par lesquels la Terre d’Israël avait été bénie, à savoir la vigne, la figue, la grenade, l’olive et la datte.

Tou Bichevat a pris une signification particulière au 16e siècle chez les cabalistes de Safed. Ces derniers ont décrété alors qu’il fallait organiser une soirée de ‘Seder’ pour honorer les arbres fruitiers. A cette occasion, des tables étaient dressées de façon somptueuse, couvertes d’une nappe blanche et décorées de fleurs et de branches de myrte, avec des fruits et du vin à profusion, pour accueillir les visiteurs.

Les convives s’asseyaient pour étudier ensemble le sens que la Tora, le Talmud et le Zohar donnaient aux fruits et récitaient des prières spéciales pour les arbres.

Avec la naissance du sionisme et la création des premiers villages juifs en Eretz Israël à la fin du 19e siècle, un sens nouveau a été accordé à Tou Bichevat. C’est en 5644 (1884) qu’a eu lieu la première plantation officielle dans la Mochava de Yessoud Hamaalah, fondée en Haute Galilée, dans le nord d’Israël en 1883.

Quelques années plus tard, le rabbin Zeev Yavetz (1847-1924), historien et éducateur qui a été nommé directeur d’école à Zih’ron Yaakov, a appelé à fixer le jour de Tou Bichevat comme étant la ‘fête des plantations’. En 5650 (1890), il a emmené pour la première fois ses élèves planter des arbres dans la localité.

Tou Bichevat Sameah’ !

Claire Dana-Picard