Elle souligne la problématique du tiers venu interrompre l’intimité du rapport de moi à autrui. Si je me positionne en face d’Autrui, je tourne nécessairement le dos à tous les tiers.
Il faut, avec le Talmud, revenir à la figure du cercle. Société autour d’un troisième élément, non pas l’élément neutre qui trahit l’attente d’autrui, mais l’Infini garant de l’unicité de chac-un qui occupe une place définie dans le cercle.
Configuration circulaire exprimant l’égalité des positions pourtant distinctes et singulières. Elle se justifie dans la situation idéale où chaque subjectivité est déployée dans son intensité extrême. Position messianique où chac-un est pleinement soi.
Dans l’état actuel des choses il faut encore compter avec la trahison, avec la défection, avec le manque à soi. Les subjectivités faibles sont rejetées à l’arrière, le « Nous » se donne alors comme une droite (D’après PRI Itzhak – Korah 1)
Toutefois dans les deux schémas le rapport interpersonnel n’est pas direct.
Ce qui m’amène à autrui c’est l’irrectitude de ma visée vers le Il au fond du Tu, qui se courbe. Je suis dans cette réflexion renvoyée d’un même mouvement vers tous les autres qui sont dans la trace.
Fraternité et proximité
Cercle et droite. Deux configurations divergentes et pourtant connexes du positionnement des sujets.
La première exprime ce point d’innocence où chacun est sujet malgré lui. L’existence n’est pas œuvre de volonté. Elle n’est pas décision autonome de ma conscience, exercice de ma liberté, mais réponse à une contrainte interne. Le noyau dur du sujet c’est cette subjectivité minimale qui subsiste encore dans la conscience athée. La fraternité indique cette racine commune qui ne se prête à aucune graduation.
La droite résulte de la dynamique de subjectivation. Chacun s’y positionne en fonction de l’intensité de son témoignage de la hauteur de ses actes.
Selon que telle ou telle perspective domine, l’Impératif parlera de proximité pour faire entendre un ordre de priorité, ou de la fraternité pour signifier une égalité incontournable. L’aide apportée au prochain se déroule sous l’auspice de la proximité. L’interdit de haïr est déjà engendré par le seul fait de la fraternité. « Ne hais pas ton frère en ton cœur »