La bénédiction sur la lune

Le Talmud enseigne : « Celui qui prononce la bénédiction sur la lune en son temps est considéré comme s’il accueillait la Chékhina comme il est dit : ‘Ha’hodech hazé’ [Ce mois-ci sera pour vous…], et il est dit par ailleurs : ‘Zé Kéli’ [Voici mon D.ieu] » (Sanhédrin 42/a).

Nous avons ainsi l’obligation de prononcer la bénédiction sur la lune une fois par mois, pendant la période de son renouvellement (c'est-à-dire pendant les 15 premiers jours du mois, jusqu’à la pleine lune). Dans la mesure où cette bénédiction revient à « accueillir la Chékhina », la coutume veut qu’on la prononce précisément à l’issue du Chabbat, quand on est encore vêtu de beaux habits.
D’après la coutume séfarade, on ne peut prononcer cette bénédiction qu’à partir du septième jour consécutif à la nouvelle lune, c'est-à-dire lorsque la lune atteint son premier quartier. La coutume ashkénaze est de la prononcer dès le troisième jour suivant la nouvelle lune. Selon ces avis, on ne repoussera cette bénédiction à l’issue du Chabbat que si celui-ci devait survenir avant le dix du mois, mais dans le cas inverse, on la prononcera plutôt en semaine pour ne pas avoir à trop repousser cette mitsva. D’ailleurs, même selon la coutume séfarade, certains décisionnaires sont d’avis de ne pas attendre le septième jour de la nouvelle lune pendant les mois d’hiver, dans les régions où le ciel est couvert pendant la plus grande partie du temps, de crainte que l’occasion de réaliser cette mitsva ne se représente plus.
Au moment de prononcer la bénédiction sur la lune, on ira se placer à ciel ouvert, car c’est de cette manière qu’il convient d’accueillir la Chékhina. Toutefois, pour une personne ayant des difficultés à sortir de chez elle ou si la rue est souillée, il sera alors possible de prononcer cette bénédiction même de chez soi, à travers une fenêtre de préférence ouverte.
Par ailleurs, au moment de cette bénédiction, il faut que la lumière que l’on perçoit de la lune soit suffisamment claire à nos yeux. On évitera donc de voir la lune à travers une vitre ou tout écran d’une certaine épaisseur (mais il n’est pas nécessaire d’ôter ses lunettes pour autant).
De même, si le ciel est couvert et que l’on ne voit la lune qu’à travers d’épais nuages, on ne pourra pas prononcer la bénédiction selon tous les avis, car la lumière qui nous arrive est insuffisante pour justifier cette bénédiction. Par contre, si seule une fine couche de nuages la cache, la coutume ashkénaze est de la prononcer tout de même, mais les Séfarades s’en abstiendront (sauf s’il y a lieu de craindre que la période propice à la bénédiction ne s’écoule).
A priori, on prononcera cette bénédiction debout. Juste avant de l’entamer, on observera la lune, mais la coutume est d’arrêter de regarder l’astre pendant qu’on formule la bénédiction. On restera toutefois à une place d’où l’astre est visible. Par ailleurs, lorsqu’on prononce le passage : « De la même manière que je danse devant toi et que je ne peux te toucher », on a l’habitude de sautiller sur place. Mais on prendra garde à ne pas plier les genoux, pour ne pas laisser croire qu’on se prosterne à la lune.
On pourra réciter cette bénédiction jusqu’à la fin du quinzième jour consécutif à l’apparition de la nouvelle lune, selon la coutume séfarade. D’après la coutume ashkénaze, la limite de la période de cette bénédiction est à l’exacte moitié du temps du cycle lunaire (lorsqu’elle entre en conjonction avec le soleil), qui correspond à une moyenne de 29 jours, 12 heures et un peu plus de 44 minutes.
Voici donc la formule de cette bénédiction, telle qu’elle figure dans le Talmud : « Béni sois-Tu Eternel (…) Qui créa les cieux par Sa parole, et par le souffle de Sa bouche toutes leurs légions. Il fixa pour chacun d’eux un ordre et un temps, pour qu’ils ne dérogent pas de leurs devoirs. Ils sont heureux et se réjouissent d’accomplir la volonté de leur Créateur, ils sont des serviteurs dévoués, qui réalisent leur devoir en toute fidélité. Et à la lune, Il ordonna de se renouveler, elle qui est une couronne de gloire pour les hommes portés depuis leur berceau [le peuple juif], qui se ranimeront comme elle à l’avenir et qui exalteront leur Créateur pour la gloire de Sa royauté. Béni sois-Tu, Eternel, Qui renouvelle les mois. »
Comme nous l’exprimons dans cette bénédiction, la lune est un symbole pour le peuple juif : à l’image de l’astre de la nuit qui, après une période de décroissance où il devient invisible, renaît de ses cendres et éclaire à nouveau la surface de la terre, ainsi le peuple juif survivra à l’exil et retrouvera son prestige lorsque sera venue l’heure de la rédemption. C’est en ce sens, explique le Maharcha, que la récitation de cette bénédiction revient à « accueillir la Chékhina », parce qu’on y annonce que viendra un jour où nous glorifieront à nouveau le Créateur et accueilleront la Chékhina sur terre en faisant connaître Son Nom à toute l’humanité.Par Yonathan Bendennnoune, en partenariat avec Hamodia.fr
 

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