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La tradition talmudique (Baba Bathra 14b) nous apprend que c’est le prophète Samuel qui a rédigé le séfèr Choftim. Cet enseignement s’appuie sur deux considérations : En premier lieu, les deux versets : « Ils dressèrent pour eux l’image taillée de Mikha, qu’il avait faite, pendant tout le temps que la maison de Dieu fut à Chilo » (18, 31) et : « Les enfants d’Israël interrogèrent Hachem, et l’arche de l’alliance de Dieu était là, en ces jours » (20, 27) attestent que sa rédaction a été postérieure au retrait de l’Arche de Chilo. Or, c’est pendant la prêtrise de ‘Eli que les Philistins s’en emparèrent (I Samuel, chapitre 4). En second lieu, on trouve à plusieurs reprises dans le séfèr Choftim l’indication selon laquelle « il n’y avait pas, en ces jours-là, de roi en Israël ; chacun faisait ce qui était bon à ses yeux » (17, 6 ; 18,1 ; 21, 25). Or, cette mention ne peut se comprendre que sous la plume du prophète Samuel, qui a joué un rôle essentiel dans l’institution de la royauté en Israël (I Samuel, chapitre 8). Plusieurs versets bibliques confirment d’ailleurs à l’évidence que ce livre a été écrit avant le règne de David : II Samuel 11, 21 : « Qui frappa Avimélèkh, fils de Yeroubécheth ? N’est-ce pas une femme qui jeta sur lui, de dessus la muraille, une meule tournante, et il en mourut à Tévèts ?… », ce verset se référant nécessairement à : « Avimélèkh s’en alla à Tévèts, et campa contre Tévèts et la prit […] une femme jeta sur la tête d’Avimélèkh une meule tournante, et lui brisa le crâne » (9, 50 et 53). Psaumes 68, 9 : « La terre trembla ; les cieux aussi distillèrent des eaux devant Dieu, Sinaï suinta devant Hachem, Dieu d’Israël. » Cette formulation est très proche de : « Hachem ! quand Tu sortis de Sè‘ir, quand Tu T’avanças des champs d’Edom, la terre trembla, et les cieux distillèrent, et les nuées distillèrent des eaux. Les montagnes se fondirent devant Hachem, Sinaï suinta devant Hachem, le Dieu d’Israël » (5, 4 et 5). Et le prophète Samuel lui-même rappellera : « Ils oublièrent Hachem, leur Dieu, et Il les vendit en la main de Sissera, chef de l’armée de ‘Hatsor, et en la main des Philistins, et en la main du roi de Moab, qui leur firent la guerre » (I Samuel 12, 9).
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