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Le livre des « Juges » (Choftim) constitue l’illustration de cette promesse faite par la Tora aux enfants d’Israël : Si vous ne prenez pas intégralement possession de la terre de Canaan, les populations que vous aurez épargnées seront « comme des épines dans vos yeux et comme des piquants dans vos flancs ». Elles vous opprimeront dans le pays même que vous aurez conquis. Nous reviendrons plus loin en détail, en étudiant le premier chapitre du livre, sur les défaillances commises par plusieurs tribus. On peut dire que la période décrite par le livre des « Juges » est caractérisée par deux séries d’événements : – L’absence de pouvoir central chez les enfants d’Israël (« … il n’y avait pas de roi en Israël »), et l’inexistence de toute unité nationale. La seule autorité reconnue est celle de la tribu. – Des guerres incessantes menées contre des ennemis extérieurs, comme Ammon, Moab, Midian, ou intérieurs, comme les Cananéens et les Philistins. On peut relever d’importantes différences de tonalité entre les premiers « grands » choftim (‘Othniel, Ehoud, Chamgar, Devora) et les derniers (Gédéon, Jephté, Samson) : – L’enthousiasme et l’engagement religieux sont très forts chez les premiers, plus discrets chez les derniers. – L’élection des premiers est voilée, tandis qu’elle est réalisée par le biais d’une intervention divine explicite chez les derniers, surtout chez Gédéon et Samson. – La fin des derniers choftim est marquée par un effondrement ou une faillite, ce qui n’est jamais le cas chez les premiers. – Les succès de Gédéon et de Samson sont obtenus par des moyens surnaturels. Les combats et les guerres menés par les autres choftim paraissent dus à leur seule habileté, même si la main de Hachem apparaît toujours en arrière-plan.
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