– La Michna Sota (9,15 Sota49a), lorsqu’elle décrit ce que seront les rapports humains à la veille de l’arrivée du Messie, nous annonce: «Le fils méprisera son père, la fille se dressera contre sa mère ainsi que la belle-fille contre sa belle-mère…»
Si l’on inverse les termes de cet enseignement, celui-ci vient nous apprendre que les rapports entre mère et fille et ceux entre belle-mère et belle-fille participeront d’ici là de la même harmonie.
– On trouve dans Mo‘èd qatan9b une autre illustration des rapports agréables qui peuvent exister entre une belle-mère et sa belle-fille: «La femme de rav ‘Hisda avait pour habitude d’embellir sa belle-fille pendant ‘Hol ha-mo‘èd…»
– De même, «la belle-fille de rabbi Ochi‘a est allée [un vendredi] aux bains publics, et elle s’est laissée surprendre par l’arrivée de Chabbath. C’est sa belle-mère qui lui a aménagé un ‘èrouv [afin de lui permettre de retourner chez elle et de ne pas rester immobilisée sur place jusqu’à la fin de Chabbath]» (‘Erouvin80a).
Ce geste était d’autant plus méritoire de sa part qu’il a illustré une controverse entre Tanaïm sur la question de savoir si l’on peut préparer un ‘èrouv pour quelqu’un sans produire un objet appartenant au bénéficiaire de cet ‘èrouv.
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Et pour terminer, une histoire qui n’a certes rien de talmudique, mais qui mérite pourtant d’être rapportée dans ce billet:
Rav Chemouel Salant a été rav de Jérusalem à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle. Un jeune couple venait se marier quelques jours avant Pessa‘h, et, conformément à la coutume, il avait été invité à passer cette fête chez les parents de la jeune femme.
Pendant la soirée du Sédèr, on servit aux convives une assiettée de soupe.
Horreur! constata le jeune marié: Il flottait dans son assiette un grain de blé, du pur ‘hamets!
Il se mit à pousser des hurlements stridents, à ameuter tout le quartier, humiliant ainsi en public sa belle-mère qui ne comprenait pas ce qui avait pu se passer.
Finalement, toute la famille se dirigea vers la maison de rav Salant. Celui-ci, après avoir entendu les protestations de celle-ci contre l’attitude du jeune marié, demanda à celui-ci d’ôter son chapeau et de le lui tendre.
On s’aperçut alors que des grains de blé s’y trouvaient dissimulés. Il était en effet d’usage à Jérusalem, à cette époque-là, de lancer des poignées de grains de blé en direction du fiancé lorsqu’il était appelé à la Tora le Chabbath précédant les noces. C’est l’un de ces grains qui était tombé dans la soupe de Pessa‘h.
La morale de cet histoire? Mieux vaut, avant de critiquer ou d’accuser quelqu’un, regarder sous son propre chapeau. Peut-être ce qu’on lui reproche ne se trouve-t-il que dans la tête de son dénonciateur!
Jacques KOHN.