Mazal Tov les livres sont arrivés !
Ce Chabbat nous lisons les Parachiot Nitsavim - Vayélekh

 

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Un chef d'oeuvre est né !!
Nouvelle sortie de l'Association Bnei Torah


Le premier tome d'une longue série

« Comprendre et Approfondir la Guemara Bava Batra 1»

Editions Bnei Torah

Découvrez la présentation de ce magnifique ouvrage cliquez ici

Par le Rav Dov Lumbroso-Roth Chlita


Ce livre magistral - à la magnifique couverture façon cuir - est sans doute le premier d’une collection appelée à révolutionner le monde de l’étude.
C'est une première dans le monde de l'étude de la Guemara : les explications de Rachi et des Tossefot sont traduites et expliquées intégralement !
Ce volume de près de 500 pages permet à chacun, débutant ou connaisseur, de comprendre et d’approfondir le sens de la Guemara.

La traduction est mise en face du texte hébraïque, elle est claire et précise. Les grandes questions classiques posées par les Richonim et les Ara’honim sont exposées sans ambiguïté et le lecteur est invité à réfléchir sur leurs implications. Les réponses apportées sont un régal pour l’esprit et l’âme. De nombreux dessins permettent de mieux comprendre les situations envisagées par la Guemara. Le nombre de références avancées par le Rav Dov Lumbroso-Roth est impressionnant et donne l’envie d’apprendre et de se perfectionner. Il invite ainsi celui qui le désire à retrouver la source originale tout en la mettant à la portée du débutant. Une importante bibliographie des principaux commentateurs de la Guemara satisfera la curiosité de tous.

Préfacé par le Grand Rabbin de France, Rav Yossef 'Haïm Sitruk Chlita, par Rav A.D. Heyman Chlita de la Yechiva d’Épinay ainsi que par Rav Yits’hak Weil Chlita d’Aix les Bains, ce premier volume est certainement appelé à connaître un grand succès auprès du public francophone.

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  Dvar Torah

Parachath Nitsavim

Vous vous tenez debout aujourd’hui. (29, 9)


Pourquoi ce paragraphe, se demande Rachi (infra sous verset 12) en citant le Midrach, fait-il immédiatement suite au chapitre consacré aux remontrances ? Quand les enfants d’Israël ont entendu les « cent moins deux » malédictions contenues dans ce chapitre, répond-il, ils ont été terrorisés à l’idée de ne pas être capables d’obéir à l’ensemble des commandements de la Tora. C’est pourquoi Moché les a rassurés en leur disant : « Vous avez souvent irrité Hachem sans qu’Il vous ait exterminés, puisque, comme vous le constatez : “vous vous tenez debout aujourd’hui”. »
La raison pour laquelle, explique Rav Ya‘aqov Emden, Rachi et le Midrach parlent de « cent moins deux » malédictions et non de quatre-vingt-dix-huit comme il aurait été normal, est que deux d’entre elles – « également toute “maladie” et toute “plaie” qui ne sont pas écrites dans ce livre… » (supra 28, 61) – constituent de simples allusions et ne sont pas énoncées clairement. Les Sages rattachent ce verset à la mort des tsaddiqim, dont la disparition est tenue pour bien plus douloureuse et catastrophique que les quatre-vingt-dix-huit autres malédictions.
Il est écrit dans le Zohar qu’une « mesure de bien » est contenue dans les malédictions. Quelle est-elle ? Le fait même de les lire suffit, si l’on peut s’exprimer ainsi, à apaiser le courroux divin. C’est comme lorsqu’un père est irrité par son fils : L’expression de sa colère sur son visage contribue à la dissiper, de sorte que la punition qui sera prononcée sera moins sévère. De la même manière, quand Hachem est mis en colère par Israël, l’expression de Son irritation sert à l’atténuer. C’est ainsi que, lorsqu’Il a manifesté Sa colère à Moché à propos du veau d’or, Il a ensuite « révoqué le mal qu’Il avait dit qu’Il ferait à Son peuple » (Chemoth 32, 14).

Ce principe vaut pour toutes les malédictions contenues dans le chapitre précédent, à l’exception de la mort des Justes, dont il ne suffit parfois pas de parler et qui doit effectivement se produire pour procurer le pardon. Voilà pourquoi Rachi et le Midrach parlent de « cent moins deux » malédictions, et non de quatre-vingt-dix-huit.

Vous vous tenez debout aujourd’hui, vous tous. (29, 9)

Moché a jugé nécessaire de calmer le peuple après l’audition des terribles punitions encourues par ceux qui contreviendraient aux mitswoth, explique le Midrach. Il a assuré les enfants d’Israël que Hachem leur avait donné la Tora uniquement pour leur avantage, en leur faisant constater : « vous vous tenez debout aujourd’hui… »

Rav Ya‘aqov, qui était juge rabbinique à Vilna, a expliqué ce passage du Midrach en faisant appel à une parabole :
Dans un établissement scolaire, on n’inflige pas de punitions corporelles à ceux qui ne veulent pas apprendre, mais on offre des incitations aux bons éléments sous la forme de bonnes notes. Il suffit aux mauvais élèves d’être mal notés pour que leur paresse s’en trouve perturbée, et la seule crainte d’être mal à l’aise permet souvent de les motiver. Peu de gens considèrent que les punitions corporelles constituent un moyen juste et approprié pour augmenter l’envie de travailler et réaliser les buts poursuivis par l’établissement.
Quand les enfants d’Israël ont reçu la Tora, ils ont proclamé fièrement qu’elle les élèverait bien plus haut que les autres peuples, car « elle est votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples » (Devarim 4, 6).
Mais on peut aussi alléguer qu’Israël, avant de recevoir la Tora, était inférieur aux autres peuples et qu’il avait besoin d’elle pour être transformé en une nation capable d’apprendre. Nos Sages nous enseignent d’ailleurs (Beitsa 25b) qu’elle lui été donnée uniquement à cause de son effronterie intrinsèque, laquelle ne pouvait être tempérée que par un système de lois qui l’occuperait à temps complet.
Etant donné qu’Israël, avant de recevoir la Tora, pouvait être considéré de l’une comme de l’autre manière, et puisque, pour certains, il était un peuple inférieur, on ne sait pas exactement quels moyens il fallait employer pour régenter sa conduite.
Si son caractère est raffiné de manière inhérente et si la Tora a pour but de l’ennoblir davantage, il n’y a pas de place pour des punitions corporelles. Mais si elle a pour finalité d’élever le niveau du peuple juif afin qu’il conforme son existence à des règles normatives, il y a certainement lieu de prévoir cette sorte de répressions. Tout comme les indisciplinés auxquels il faut continuellement rappeler l’inaptitude à adhérer aux normes imposées, Israël doit être constamment menacé, s’il ne « file pas doux », de conséquences douloureuses.
Quand les Hébreux ont entendu Moché énumérer les malheurs qui ne manqueraient pas de les frapper s’ils n’obéissaient pas à la Tora, ils en ont été consternés, car ils supposaient qu’elle leur avait été donnée simplement pour les maintenir à l’intérieur de certaines normes, et non pour les élever à un statut sublime. Si c’est cela qu’elle attendait d’eux, pensaient-ils, les plus gros efforts qu’ils déploieraient pour en observer les lois ne serviraient pas à grand-chose.
Moché les rassura : On pourrait penser, en écoutant les malédictions, leur expliqua-t-il, à un père que la mauvaise conduite de ses enfants a poussé à l’exaspération. S’il manifeste tout haut sa colère, c’est précisément parce qu’il attendait beaucoup d’eux, et aussi parce qu’il désire sincèrement les élever au rang que promettent leurs virtualités. Il ne renoncera à rien pour les aider à parvenir à ce niveau. Il est même prêt à les punir physiquement, car il ne veut ménager aucun effort dans leur éducation.

Moché dit aux enfants d’Israël qu’ils « se tenaient tous aujourd’hui devant Hachem », les invitant ainsi, en d’autres termes, à prendre conscience de leurs potentialités illimitées et de leur enviable proximité au Saint béni soit-Il. Les malédictions constituent un message où Hachem les informe qu’Il les aime et qu’Il déploiera donc tous les efforts pour les élever au plus haut, car Sa volonté est qu’ils deviennent un peuple exceptionnel, « une lumière pour les nations ». Les punitions dont Il les avertit ne signifient pas qu’ils sont inférieurs aux autres peuples. Bien au contraire, « vous vous tenez tous aujourd’hui » : Ces menaces ne sont qu’un des moyens que votre Père a choisis pour vous hisser aux plus sublimes degrés accessibles aux êtres humains.



Parachath Wayélèkh

Moi-même suis aujourd’hui âgé de cent vingt ans. (31, 2)


Les cent vingt ans de la vie de Moché, suggère Rabbeinou Be‘hayé, peuvent correspondre aux cent vingt jours qu’il a passés sur le mont Sinaï : quarante avant de recevoir les premières tables, quarante pendant lesquels il a imploré le pardon des enfants d’Israël après le péché du veau d’or, et quarante avant de recevoir les secondes tables.


Je ne peux plus sortir et venir. (31, 2)

Ce que voulait dire Moché, rapporte Rachi au nom du Talmud (Sota 13b), c’est que l’imminence de sa mort lui avait fait perdre la faculté d’« aller et venir » dans les paroles de la Tora, les traditions et les sources de la sagesse s’étant obstruées chez lui.
Le jour où le roi David devait mourir, il s’est plongé sans interruption dans l’étude de la Tora afin de tenir à l’écart l’ange de la mort, celui-ci ne pouvant intervenir qu’en détournant son attention (Chabbath 30b). Cela nous apprend, commente Rachi (ad loc.), que l’étude de la Tora protège de la mort. D’où nous pouvons conclure que si Hachem n’avait pas fait perdre à Moché sa sagesse, l’empêchant ainsi de « sortir et venir », l’ange de la mort n’aurait jamais pu s’en prendre à lui.
L’effacement par Hachem de la sagesse de notre prophète et guide, ajoute le Ramban, a été un acte de grâce, destiné à lui épargner tout chagrin au moment de transmettre les rênes du pouvoir à Yehochou‘a.

Il existe, indique Rav Moché Zeitlin, Av Beith Din de Reisin, une autre raison à la perte par Moché de sa sagesse. On nous rapporte qu’il était une fois un maître d’école qui frappait ses élèves (Guitin 36a). Rav A‘ha prononça sa révocation, mais Ravina infirma cette décision, vu les éminentes qualités de cet enseignant.
Si Hachem n’avait pas « obstrué chez Moché les sources de sa sagesse », Il aurait dû annuler le serment qu’Il avait prêté lui interdisant d’entrer en Erets Yisrael, car il n’existait pas de chef aussi capable que lui. C’est seulement après avoir perdu ainsi de ses « talents » qu’il a pu installer Yehochou‘a dans ses fonctions.

Je ne peux plus sortir et venir. (31, 2)

Pourquoi n’a-t-il pas simplement dit au peuple que Hachem lui avait interdit de franchir le Jourdain ? s’étonne Rav Moché Feinstein. Nos ancêtres auraient alors parfaitement compris qu’il ne pourrait plus « sortir et venir » !
Moché a voulu ainsi leur livrer une importante leçon : Celui qui accomplit une injonction divine a tendance à croire qu’il le fait de par son libre arbitre. Or, il faut se rendre compte que l’on n’a pas d’autre choix, en réalité, que de lui obéir. Moché a entendu leur notifier qu’il ne les accompagnerait pas parce que le commandement de Hachem s’imposait à lui de manière impérative.

Moi-même (anokhi) suis aujourd’hui âgé de cent vingt ans. (31, 2)

Moché avait exactement cent vingt ans le jour de sa mort, rapporte Rachi, de sorte qu’il a été considéré comme étant parvenu à la somme de ses jours. Rav Bibi bar Abayei demanda un jour à l’ange de la mort ce que deviennent les années « inemployées » de celui qui décède avant son terme (‘Haguiga 4b). L’ange lui répondit qu’elles s’ajoutent à celles des hommes patients et d’une grande humilité. Or, la Tora atteste que Moché a été l’homme le plus humble à avoir jamais vécu (Bamidbar 12, 3). On aurait donc pu penser qu’il dût sa longévité à l’octroi d’années non vécues par quelqu’un qui serait mort avant son échéance normale. Aussi a-t-il employé le pronom anokhi, comme pour dire : « Moi-même ai cent vingt ans » – ces années sont les miennes, et non celles d’un autre !

Moi-même suis aujourd’hui âgé de cent vingt ans. (31, 2)

Commentaire de Rachi : « Aujourd’hui sont devenus complets mes jours et mes années. En ce jour je suis né, et en ce jour je mourrai » (Sota 12b).
En quoi le fait d’être né et mort le même jour – 7 adar – est-il révélateur des éminentes qualités de Moché ? Et d’une manière générale, se demande Rav ‘Hayim Kanievsky, pourquoi la disparition de quelqu’un le jour de son anniversaire est-elle considérée par nos Sages comme un signe de vertu et de faveur divine ?
Nous lisons dans le Talmud Yerouchalmi (Roch Hachana 3, 8) que ‘Amaleq recourait à la sorcellerie, et qu’il avait pour habitude d’enrôler les soldats le jour de leur anniversaire. On considérait en effet cette date comme de bon augure et susceptible d’offrir une protection contre la mort.
Mais cela ne pouvait être vrai que chez ceux qui la craignent et la considèrent comme un châtiment. Les hommes vertueux, quant à eux, n’ont pas peur de la mort, qu’ils tiennent pour opportune, puisqu’elle leur fait quitter les vanités terrestres. Le fait qu’ils soient libérés des chaînes de ce monde le jour de leur anniversaire est perçu comme un signe de Sa grâce. Ils peuvent accéder désormais à l’Au-delà, auquel ils ont aspiré toute leur vie durant.


 

  Chabbat Chalom 
 
 

Rav Dov Lumbroso-Roth 

 

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