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  Dvar Torah
Qora‘h prit… (16, 1)

Le Midrach Tan‘houma (cité par Rachi infra verset 7) pose la question : « Qora‘h, qui était un homme intelligent, qu’a-t-il donc vu pour commettre cette chetouth – “folie” ? »
Pour quelle raison nos Sages désignent-ils le péché de Qora‘h sous cette appellation ?\r\nPour répondre à cette question, Rav Yehonathan Eybeschuetz cite le célèbre passage du Talmud (Berakhoth 27b), relatant les recherches entreprises pour désigner le remplaçant de Rabban Gamliel, après que celui-ci eut perdu son titre de nassi (« prince ») suite à un vif désaccord qui l’avait opposé à Rabbi Yehochoua’. Les Sages n’ont pas voulu nommer ce dernier, qui avait en quelque sorte entraîné cette disgrâce. Cela aurait incité les gens à jaser ; ils auraient raconté que Rabbi Yehochoua’ avait émis son opinion divergente pour recueillir cette dignité… On peut raisonner de même concernant Qora‘h : Même si son argumentation à l’encontre de Moché et de sa distinction s’était révélée acceptable et que, suite à ses objections, notre guide et prophète avait été défait de ses fonctions, il n’aurait pas pu être nommé à sa place.
Voilà pourquoi nos Sages s’étonnent en ces termes : Qu’a-t-il donc vu pour faire cette « folie » – pour s’en prendre publiquement à Moché et à son titre ? Ignorait-il que même s’il avait eu raison, il n’aurait pas pu être désigné à sa place ?!
A cette question, le Midrach répond : « Il “a vu” [par inspiration prophétique] qu’une noble lignée serait issue de sa descendance… » Ainsi, ce n’est pas pour lui-même, mais pour sa descendance qu’il a déployé ces efforts. Qora‘h pensait que si Moché assurait la direction du peuple jusqu’à la fin de ses jours, cette dignité passerait ensuite à ses descendants, et se transmettrait parmi eux, de génération en génération. Ainsi, s’il parvenait à l’en défaire, et que la communauté d’Israël se retrouvait comme un troupeau sans berger, ce serait à ses enfants que les rênes de la nation seraient confiées. N’avait-il pas vu, sous l’inspiration du roua‘h ha-qodèch (« esprit de sainteté »), qu’une « noble lignée serait issue de lui » ? (Rachi ad loc.).
Voilà pourquoi, sur l’expression : « Qora‘h prit (wayiqa‘h) », le Midrach interprète : « il a pris pour lui-même une très mauvaise prise » ! Même si ce qu’il avait vu était vrai, en s’en servant comme il l’a fait, en fomentant cette querelle, il a défendu une cause qui n’était absolument pas la sienne et dont bénéficieraient seulement ses descendants. Pourquoi, dans ces conditions, a-t-il commis une telle « folie » ?!

« Qora‘h, qui était piqéa‘h (“intelligent”), qu’a-t-il donc vu pour commettre cette folie ? » (Rachi sur verset 7).
La valeur numérique du mot - piqéa‘h - équivaut à la moitié de celle de – chalom -(« paix »), expliquait également Rav Yehonathan Eybeschuetz (cité par le ‘Hida).\r\nTelle est la raison pour laquelle Onqelos a traduit l’expression « Qora‘h prit » par : « waïthpalèg Qora‘h – littéralement : Qora‘h se divisa ».

Qora‘h prit… (16, 1)

Citant le Midrach, Rachi pose la question : « Qora‘h, qui était piqéa‘h (“intelligent”), qu’a-t-il donc vu pour commettre cette folie ? »
Sur la requête prononcée par ‘Hanna (I Chemouel 1, 11) : « Veuille donner à Ta servante une descendance d’hommes », nos Sages expliquent qu’elle a demandé en ces termes une progéniture qui ne soit « ni trop sage, ni inepte ».
‘Hanna, qui était une descendante de Qora‘h, explique le Rabbi de Gour, savait ce que la grande intelligence de son ancêtre avait causé à celui-ci. Ayant constaté qu’il n’est pas bon d’être trop clairvoyant, elle a demandé que son fils ne soit « ni trop sage, ni sot »…"

 

 


 
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Rav Dov Lumbroso-Roth 

 

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