Dans son brillant commentaire sur la paracha ‘Houkat, étudié chabbat dernier dans l’enceinte de la synagogue de Misguav Lada’h à Jérusalem, le Chla Hakadoch, Rabbi Yéchaïa Halévy Horovitz zatsal explique la centralité, dans la Torah, du ‘hok, cette mitsva que l’on ne peut comprendre. Mais il précise que si la vache rousse est le prototype de ce ‘hok, chaque mitsva, même la plus triviale, possède un degré de ‘hok, d’inexplicable. Pour le Chla, le rôle de l’homme est d’aspirer en permanence à comprendre et à approfondir le sens de chaque commandement, du plus simple au plus ardu.
Cet appel à ne jamais se suffire du superficiel, trouve une application parfaite dans la réalité sociale à laquelle nous sommes confrontés en Israël, depuis l’arrestation, pour outrage à magistrat, de 34 pères de famille orthodoxes qui ont refusé d’appliquer un verdict de la Cour Suprême israélienne.
Pour comprendre ce dossier complexe, il est en effet indispensable de mettre de coté slogans et invectives. Il est capital de faire fi des explications partielles ou raccourcies. Et surtout, il est nécessaire de se débarrasser de tout préjugé.
C’est ce que nous avons modestement tenté de faire, dans cette édition d’Hamodia, sans balayer sous le tapis les questions embarrassantes, mais en étant soucieux de tendre toujours vers le Emet, la Vérité.
D’emblée, cette enquête nous permet de répondre sans ambages à deux questions centrales :
À celle de savoir s’il y a, dans le monde orthodoxe ashkénaze, une discrimination envers les Sépharades, la réponse est positive. C’est un fait : un jeune étudiant sépharade aura plus de difficultés à se faire accepter dans l’une des plus prestigieuses yéchivot lithuaniennes qu’un étudiant ashkénaze, comme le confirme le rav Jean Paul Amoyelle président d’Otzar Hatorah . Mais prétendre qu’il y a eu ségrégation anti-sépharade délibérée de la part des ‘Hassidim de Slonim dans le Bet Yaacov d’Immanouel est tout simplement faux ! Car la seule ségrégation imposée par ces ‘Hassidim dans leur programme scolaire est religieuse, pas ethnique ou communautaire. La preuve : ces ‘Hassidim que nous connaissons mal, ont accepté dans leur programme plus d’un quart de jeunes filles sépharades qui s’étaient pliées aux conditions d’admission draconiennes qu’ils avaient posées !
À la question de savoir si la Cour Suprême d’Israël peut imposer à des parents, un type d’éducation contraire à leur intime conviction, la réponse est négative. La Cour peut faire respecter le principe d’égalité devant la loi, mais elle ne peut s’immiscer dans la voie éducative choisie par des parents pour leurs enfants. Le professeur Yédidia Stern, un éminent juriste nous l’a confirmé .
« Je la comprendrai (au futur), avait dit le roi Salomon à propos de la mitsva de la vache rousse, et pourtant, elle est loin de moi ».
Le Chla explique que si Chlomo hamele’h a utilisé ce futur, que l’on traduit généralement en passé, c’est pour exprimer son désir farouche de persévérer dans la recherche d’un sens à cette mitsva de la vache rousse, même si celui-ci doit se soustraire à lui.
Approfondir, pour mieux comprendre, et peut-être aussi savoir admettre parfois que l’on ne peut pas tout comprendre, c’est dans cette optique que nous vous proposons d’aborder cette semaine, le délicat dossier d’Immanouel. Ce n’est qu’ensuite que l’on pourra se permette de juger.Daniel Haïk
Avec l’accord exceptionnel d’Hamodia-Edition Française
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