HILKHOT ROCH HACHANA

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VEILLE DE ROCH HACHANA

LE JEÛNE

1) Dans de nombreuses communautés, on a l’habitude de jeûner la veille de Roch Hachana à partir de l’aube jusqu’à l’après-midi (Min’ha Kétana) ou tout au moins jusqu’à la moitié de la journée.


2) Selon certains décisionnaires (comme le Rama) il
est permis et même recommandé de manger
avant le jour. Cependant, selon le Zohar
Hakadoch, il faut éviter de manger entre le réveil
et la Tefila. Aussi, si cela est possible, on se
contentera de ne prendre qu’une boisson (café ou
thé).
3) Il est bien de faire la Tefila de Min’ha avant de
manger. S’il n’y a pas minyan on peut manger
avant de faire Min’ha. Les sefaradim ne disent pas
le passage de « Anénou » dans la amida étant
donné que l’on ne jeûne pas toute la journée. En
revanche, selon le Rama et le Michna Beroura
(coutumes ashkénaze) on dit le passage de
«Anénou » dans la Tefila de Min’ha avant de
manger (en omettant les mots « tsom
taaniténou »).
4) Il n’est pas nécessaire de dire la kabalat hataanit
(texte à dire dans la amida de Min’ha, la veille du
jeûne) l’avant-veille de Roch Hachana,
contrairement à ce qui est fait pour les jeûnes
volontaires.
5) Une personne qui est un peu souffrante n’est pas
obligée de jeûner, même si elle avait l’habitude de
jeûner chaque année.
6) S’il y a une brit mila (même si ce n’est pas le
huitième jour) ou un pidione habèn, on peut
participer au repas et on est donc exempt du
jeûne (ceci n’est pas valable pour tous les autres
jeûnes).

AUTRES PREPARATIFS

7) Étant donné que les conséquences relatives
aux voeux prononcés (accomplis ou non
accomplis) peuvent s’avérer graves, on a
l’habitude de se délier des voeux que l’on a dit
pendant toute l’année et que l’on a oubliés. Cela
doit se faire devant trois hommes adultes, avant
Roch Hachana.
Cela doit se faire dans la langue que l’on comprend.
En revanche, pour les voeux dont on se rappelle et
que l’on ne peut pas accomplir, on doit demander à
un Rav comment faire.
Une habitude religieuse que l’on a répété trois fois
sans engagement précis (comme par exemple le
fait de ne pas manger le jour de Roch Hachana
jusqu’à ‘Hatsot) peut être déliée par la hatarat
nedarim de Erev Roch Hachana.
Les femmes mariées peuvent demander à leur mari
d’être leur intermédiaire pour les délier de leurs
voeux. Les femmes célibataires s’appuient sur le Kol
Nidré.
8) La veille de Roch Hachana, on se coupe les
cheveux, on se lave, on se trempe au Mikvé, et on
met les vêtements de Chabat, tout cela en
l’honneur du Yom Tov, pour montrer que nous
sommes confiants en l’indulgence de Hachem à
notre égard.
9) La veille de Roch Hachana, aussi bien pour
Cha’harit que pour Min’ha, on ne dit pas les
supplications qui suivent le chemoné essré (nephilat
apaïm). Le matin, lors des seli’hot, les supplications
sont dites normalement même si les seli’hot se
prolongent pendant le jour.
Si celles-ci ont commencé après le lever du jour, on
ne dit pas ces supplications.
10) Certains ont la coutume d’aller au cimetière (de
préférence auprès de tombes de tsadikim) qui est
un endroit où les prières sont plus facilement
exaucées. Cependant, il faut adresser ses
demandes à Hachem, afin que par le mérite de ces
niftarim (décédés), Hachem nous exauce, et non
pas s’adresser directement aux morts. Selon la
coutume générale, on peut aussi prier les niftarim,
pour qu’eux-mêmes prient Hachem pour nous.
11) La veille de Roch Hachana on ne sonne pas du
chofar, même si le premier jour de Roch Hachana
est un Chabat.
Il y a deux raisons à cela :
La première, pour distinguer les sonneries du mois
de Eloul de celles de Roch Hachana qui sont
obligatoires.
La deuxième, pour troubler l’ange accusateur, en
faisant comme si Roch Hachana était déjà passé.
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12) On doit réviser les tefilot de Roch Hachana et
enseigner aux enfants les différences avec celles
de l’année, pour ne pas être dérangé au milieu
des prières.

LES DIX JOURS DE TECHOUVA

13) Pendant les dix jours de techouva (depuis Roch
Hachana jusqu’à Yom Kipour inclus) on termine la
troisième bénédiction du chemoné essré par
« Baroukh ata Hachem Hamélèkh Hakadoch » et
non pas par «hakel Hakadoch ». De même, on
termine la bénédiction de « Hachiva chofténou »
par « Baroukh ata Hachem hamélèkh
hamichpat » et non «melekh ohèv…».

ERREUR DANS HAMELEKH HAKADOCH

14) Si l’on s’est trompé et dit « hakel Hakadoch » on
reprend depuis le début du chemoné essré (car
les trois premières bénédictions sont en fait
considérées comme une seule).
15) Cependant, si tout de suite après s’être trompé
on a rectifié par « hamélèkh Hakadoch » on
continue normalement (« tout de suite » veut dire
le temps de dire trois mots).
16) Mais si après s’être trompé, on a commencé un
mot de la bénédiction suivante, on doit
recommencer depuis le début.
17) Si une personne doute avoir dit « hamélèkh
Hakadoch » elle doit recommencer le chemoné
essré car elle a certainement dit ce qu’elle dit
habituellement.
A Roch Hachana et Yom Kipour, si on dit le texte
qui précède la bénédiction de « hamélèkh
Hakadoch », c’est-à-dire « ouvkhen », même si on
a un doute sur la conclusion de la berakha, on
supposera avoir dit la formule exacte.
18) Les soirs de Roch Hachana, si on a dit « hakel
Hakadoch », le ‘Hayé Adam ainsi que Rav Moché
Feinstein pensent que l’on est quitte (pour la
même raison que « yaalé véyavo » à Roch
‘Hodech, puisque l’on ne sanctifie pas le mois
pendant la nuit). Cependant, selon d’autres
décisionnaires, on doit recommencer (Chaar
hatsiyoun).

ERREUR DANS HAMELEKH HAMICHPAT

19) En ce qui concerne la bénédiction « Hachiva
choftenou » (pendant les jours entre Roch
Hachana et Yom Kipour) si l’on a dit le texte
habituel « mélèkh ohèv tsedaka oumichpat », si
l’on peut rectifier de suite, on le fera. Si le temps
de dire trois mots s’est écoulé ou si l’on doute
d’avoir bien dit, Le Michna Beroura et la majorité
des décisionnaires pensent que l’on est quitte,
étant donné que l’on a mentionné le mot «
Mélèkh ». En revanche certains décisionnaires
(comme le Choulhan Aroukh) pensent que si l’on
n’a pas terminé le chemoné essré, on revient à la
bénédiction de « Hachiva » et si l’on a
complètement terminé, on redit tout le Chemoné
essré.
AUTRES CHANGEMENTS
20) Si l’on a omis de dire les quatre passages que l’on
rajoute pendant les dix jours de techouva
(Zokhernou, Mikhamokha, Oukhtov, Oubessefer), si
l’on a déjà dit le nom de Hachem de la fin de la
bénédiction suivante, on ne revient pas en arrière.
21) De même, si pendant Roch Hachana ou Yom
Kipour on a sauté les paragraphes de «ouvkhen »,
on ne revient pas en arrière.
22) Pendant les dix jours de techouva, les ashkenazim
terminent tout Kadich et amida en disant «ossé
hachalom » et non « ossé chalom ». Les sefaradim
ne changent que pour la amida et le kaddish qui suit
la amida (titkabal). Dans tous les kadichim, les
achkénazim disent deux fois le mot «leéla » (mikol
birkhata). Les sefaradim ne font pas ce
changement.
23) Après la Tefila de Arvit des deux soirs, on a la
coutume de se souhaiter réciproquement : «
Lechana tova tikatèv veté’hatèm lealtar le’hayim
tovim oulchalom » (que tu sois tout de suite inscrit
pour une nouvelle bonne année).
A une femme on souhaite : « Leshana tova tikatvi
veté’hatmi … »
Le matin en revanche, après la Tefila on se
souhaite seulement «chana tova « (car, seuls les
gens mauvais n’ont pas été encore jugés et
inscrits).
24) Bien que toute l’année nous devions prier le
chemoné essré à voix basse, à Roch Hachana et à
Yom Kipour on peut légèrement hausser la voix.
Cependant, les décisionnaires pensent qu’il est
préférable de faire comme toute l’année.
25) Rav ‘Hayim Vital zal témoigne que son maître, le
Ari zal, pleurait le jour de Roch Hachana. Le Ari zal
disait que ne pas pleurer à Roch Hachana montre
une certaine dureté de coeur et lorsque la personne
pleure cela prouve qu’elle est jugée à ce momentlà.
26) La Guemara de Roch Hachana dit au sujet de la
Tefila : « Toute année qui est pauvre au début,
deviendra riche à la fin. Rachi explique : «qui est
pauvre » veut dire : quand les Bené Israël se
considèrent comme des pauvres qui supplient. »
27) Pendant les dix jours de techouva nous disons
«Avinou malkénou » après la amida. Cependant, le
Chabat et Roch Hachana on omettra les phrases
dans lesquelles nous parlons de nos fautes telles
que «‘hatanou lefanékha » ou «sela’h lanou».
Les achkénazim disent tout le texte de « Avinou
malkénou » à Roch Hachana; en revanche,
Chabat et vendredi après-midi, ils ne disent pas du
tout ce texte.
28) Roch Hachana qui se trouve être un Chabat, les
sefaradim disent «tsidkatekha » après la Tefila de
Min’ha ; les achkénazim ne le disent pas.
Pendant Roch Hachana et Yom Kippour même si
ces jours tombent Chabat, il est permis et
recommandé de prier sur tout ce que l’on désire,
car ces jours ont été donnés justement pour prier
et demander à Hachem ce dont on a besoin.

REPAS DE ROCH HACHANA

29) On allume les Nerot en disant léadlik ner chel Yom Tov. Et si Roch Hachana tombe Chabat on dit Ner chel
Chabat ve Chel Yom Tov.
Yom Tov on allume les nerot que lorsqu’il fait déjà nuit (évidemment sauf la veille de Chabat).
Les Sefaradim ne disent pas « chééhyanou » au moment de l’allumage des nérot, et s’en acquitent au moment
du Kidouch.
Les deux soirs de Roch Hachana, après avoir trempé le motsi dans le sel et le miel, nous avons la coutume de
consommer certains aliments en signe d’une bonne nouvelle année et aussi afin de se rappeler les choses sur
lesquelles nous devons prier à Roch Hachana.
Si l’on n’a pas les aliments nécessaires, on peut aussi bien dire les prières qui s’y rapportent.
Le Kaf ha’haïm cite l’ordre suivant :
· karti (poireaux) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou shéyikartou soneénou (que
nos ennemis soient détruits).
· silka (blettes ou épinards) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou chéyistalkou
oyvénou (que nos ennemis soient détruits).
· témarim (dattes) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou shéyitamou soneénou (que
disparaissent nos ennemis)
· kra (courge) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou shéyikara gzar dinénou
véyikareou lefanékha zekhiyoténou (que notre décret soit déchiré et que nos mérites apparaissent devant
Toi).
· roubia (sésames ou haricots blancs) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou
chéyirbou zekhiyoténou (que nos mérites soient nombreux).
· rimone (grenade) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou chénihyé meléïm bemitsvot
karimon (que nous soyons pleins de Mitsvot comme la grenade).
· roch kevess (tête de mouton ou poisson) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou
chéniyé leroch velo lezanav. (que nous soyons à la tête et non à la queue).
· tapoua’h bidvach (pomme dans le miel) : Yehi ratson milefanékha Hachem Elokénou véloké avoténou
chétit’hadesh alénou chana tova oumetouka (que la nouvelle année soit bonne et douce).
Avant de commencer le Seder il est bon de dire boré péri aéts sur une datte et haadama sur un fruit de la
terre.
30) Certains ont l’habitude de ne pas manger pendant les deux jours de Roch Hachana tout aliment acide ou amer.
De même, certains ne consomment pas de noix dont la valeur numérique en hébreu est égale au mot «’het »
(faute) et car cela entraîne aussi une certaine difficulté à s’exprimer clairement (pendant les prières). Certains
ont aussi la coutume de ne pas consommer de raisins noirs (Zohar Hakadoch).
31) Le deuxième soir, on dit le kidouch en rajoutant « chéhé’héyanou » dans le kidouch. Si cela est possible on
pose sur la table un nouveau fruit (car selon certains avis on ne dit pas « chéhé’héyanou » le deuxième soir car
les deux jours sont considérés comme une seule journée).
32) Si le deuxième jour de Roch Hachana est un motsaé Chabat, on rajoute la havdala dans le kidoush ainsi que
dans la Tefila. Si on a oublié de la dire dans la Tefila, on ne recommence pas étant donné qu’on la mentionne
dans le kidoush.
33) A Roch Hachana, si l’on a oublié de mentionner « yaalé véyavo » dans le birkat hamazone, on ne recommence
pas (selon toutes les opinions).
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LE CHOFAR

34) A propos du chofar, le Rambam dit : « Bien que la
Mitsva de sonner le chofar soit une Mitsva sans
raison apparente, on peut malgré tout y trouver
l’allusion suivante dans les textes sacrés : «Réveillezvous
de votre sommeil, inspectez vos actions et faites
techouva (il s’agit de ceux qui perdent leur temps
dans les choses futiles), souvenez-vous de votre
Créateur, scrutez-vous, rectifiez vos actions et
abandonnez vos mauvaises actions et mauvaises
pensées. »
35) A propos de l’importance de la Mitsva du chofar, la
Guemara nous dit : « Étant donné que le chofar est
là pour rappeler les mérites des Béné Israël et de
leurs ancêtres, au moment des sonneries, on se
trouve être comme dans le Kodech hakodachim
(Saint des Saints). « C’est-à-dire qu’au moment où
l’on sonne du chofar, on se trouve à une très grande
proximité de Hachem. A cet instant, peut se déverser
sur nous une influence divine pour toute l’année, si
évidemment il y a eu une grande préparation à cela
par la techouva.

COMBIEN DE SONS

36) Selon la Tora, pour se rendre quitte de la Mitsva du
chofar, il faut entendre neuf sons. Trois fois le même
groupe de trois sons qui sont une tequiya (son long et
simple), une teroua (son saccadé) et de nouveau une
tequiya. A cause du long exil, les ‘Hakhamim ont eu
un doute à propos de la teroua (qui veut dire pleurs)
dont parle la Tora. S’agit-il d’un son coupé que l’on
va appeler chevarim (comme quelqu’un qui gémit) ou
d’un son complètement saccadé que l’on appelle
teroua (comme quelqu’un qui pleure nerveusement),
ou encore les deux ensembles (chevarim-teroua).
Pour cela, on doit sonner trente sons :
· trois fois : tequiya chevarim teroua tequiya
· trois fois : tequiya chevarim tequiya
· trois fois : tequiya teroua tequiya
Selon l’opinion de Rav Haï (ainsi que le Zohar) les
différents sons ont tous une raison d’être. On a
l’habitude de ressonner les mêmes 30 sons dans le
Moussaf (à voix basse) et 30 sons dans la répétition
du Moussaf et 10 sons après le Moussaf. Les
Achkénazim ne sonnent pas le Chofar dans le
Moussaf à voix basse.
Dans le premier et le deuxième groupe de sons, on
sonne Chévarim – Teroua d’un seul souffle (avec une
petite interruption entre les deux sons). Dans le
troisième groupe de sons, on sonne Chévarim-
Teroua en reprenant sa respiration entre les deux
sons. En fait, nous avons la coutume de sonner cent
sons au cours de la matinée.

AU SUJET DE LA BERAKHA

37) Étant donné que la Mitsva s’accomplit
essentiellement avec les tequiyot du Moussaf, (car
les sons sont accompagnés de trois groupes de
versets) on ne doit pas s’interrompre avec des
paroles qui n’ont pas de rapport avec le chofar ou
avec autre chose que les prières, depuis la
bénédiction du chofar jusqu’à la fin de tous les sons.
38) Certains ont l’habitude de dire certaines
prières entre chaque groupe de sons, mais le
Mishna Beroura pense qu’il vaut mieux les dire
à la fin des trente premiers sons. En revanche,
il est bien de demander pardon de ses fautes
pendant la sonnerie du chofar sans les
exprimer oralement.
39) Une personne qui a déjà accompli la Mitsva
du chofar peut répéter la bénédiction pour une
autre personne mais il est préférable que la
deuxième la dise elle-même si elle en est
capable.
40) Un homme qui s’est déjà acquitté de la Mitsva
ne peut pas répéter la bénédiction pour rendre
quitte une femme. Elle dira elle-même la
bénédiction.
Selon la coutume séfarade, certaines femmes
ne disent aucune bénédiction pour les Mitsvot
auxquelles elles ne sont pas astreintes. La
Mitsva du chofar fait partie des Mitsvot liées au
temps pour lesquelles les femmes n’ont pas
d’obligation.
41) Un enfant qui n’est pas encore Bar Mitsva ne
peut rendre quitte qui que ce soit de la Mitsva.
42) Bien que Chabat et Yom Tov il est interdit de
jeûner même jusqu’à ‘Hatsot (la moitié de la
journée), cela est permis le jour de Roch
Hachana. Si la Tefila dure jusqu’à ‘Hatsot, il est
préférable de boire du café ou du thé avant la
Tefila et cela, particulièrement si Roch
Hachana tombe un Chabat. Certains ne
consomment aucun aliment (ou même du
café) après le lever du jour du fait de la Mitsva
exceptionnellement rare du chofar. Une
personne qui a l’habitude de ne rien
consommer jusqu’à ‘Hatsot, doit se délier de
son voeu si elle décide de changer.
43) Une personne souffrante ou une personne qui
a besoin de manger pour se concentrer dans
les tefilot pourra manger un peu (moins que
60g qui est le le volume d’un oeuf de pain ou
de gâteaux), en faisant le kidouch avant la
Mitsva du chofar.
LES SONS ET LES VERSETS.
44) La Guemara Roch Hachana nous dit au nom
de Rabi Akiva : Hachem nous demande :
« Dites devant Moi des malkhiyot (versets où
l’on désigne Hachem comme Roi), des
zikhronot (versets qui soulignent l’attachement
de Hachem aux Béné Israël) et des chofarot
(versets qui parlent du chofar). Des malkhiyot
afin de Me faire régner sur vous, des zikhronot
afin que Je Me rappelle de vous avec
indulgence, et tout cela grâce au chofar. »
Le Ritba explique qu’ici le mot chofar désigne
le chofar lui-même, et fait aussi allusion aux
versets de chofarot (le jour où on ne peut pas
sonner le chofar, les versets de chofarot le
remplacent pour faire monter nos prières.)
5
45) Dans les communautés où l’on sonne du chofar
pendant le Moussaf dit à voix basse, on ne doit pas
s’interrompre au milieu pour corriger les sonneries
(car de toutes façons nous sommes déjà quittes de la
Mitsva par les sonneries d’avant le Moussaf et de
plus on va écouter les sonneries pendant la répétition
du Moussaf).
46) Si l’on entend les sonneries alors que l’on se trouve
au milieu d’un paragraphe du Moussaf, on doit
s’arrêter pour écouter et seulement après reprendre
la suite du Moussaf.
47) La Guemara demande : « Du fait que l’on a déjà
sonné avant le Moussaf, pourquoi doit-on sonner à
nouveau pendant le Moussaf ? » La Guemara
répond que c’est pour troubler l’ange accusateur.
Rashi explique que lorsque l’ange accusateur remarque
avec quel amour les Béné Israël aiment et multiplient
les Mitsvot, il n’arrive plus à les accuser.
48) Après avoir accompli la Mitsva du Chofar, on ne peut
pas sonner du Chofar en vain (en tant qu’interdiction
de faire de la musique pendant Yom Tov). Si cela est
nécessaire comme pour s’acquitter d’une autre
opinion, c’est permis.
En revanche, on laisse les enfants sonner du Chofar
même après avoir terminé la Mitsva.
49) Certains ont l’habitude de ne pas dormir la journée
de Roch Hachana. Le Ari Zal dit qu’il est permis de
dormir après ‘Hatsot. Dans tous les cas, il vaut mieux
dormir et étudier plutôt que de rester sans rien faire
(ce qui équivaut à dormir).
50) Certains décisionnaires pensent qu’à notre époque il
faut éviter de fumer Yom Tov, ou tout au moins le
premier jour de Yom Tov (les travaux permis à Yom
Tov le sont seulement si cela correspond à un besoin
commun à toutes les personnes). Étant donné que
les deux jours de Yom Tov sont considérés comme le
même jour, certains ne fument pas pendant les deux
jours de Roch Hachana.
51) Le premier jour de Roch Hachana, après la
Tefilat Min’ha on a la coutume de se rendre au
bord d’un fleuve ou d’une source, ou d’un puit,
pour dire « tachlikh ».
L’essentiel du « tachlikh » est le
verset : « mikamokha… kol ‘hatotam. » On a la
coutume de remuer les pans de ses
vêtements.
Les Décisionnaires précisent que le
« tachlikh » ne doit pas entraîner des
mélanges entre hommes et femmes.
Si Roch Hachana se trouve être un Chabat on
dit « tachlikh » le deuxième jour. Une personne
qui ne peut le dire pendant Roch Hachana,
peut dire Tachlikh jusqu’à Hochana Raba.
52) Les Sefaradim ont l’habitude de dire la
bénédiction de Chehekhianou pour le Chofar
seulement le premier jour. Les Ashkenazim la
répètent aussi le deuxième jour. Le Chabat on
ne sonne pas le Chofar, par conséquent quand
Roch Hachana tombe Chabat tout le monde dit
la Berakha de Chéhékhianou le deuxième jour.
53) Bien que pour certaines choses, les deux
jours de Roch Hachana soient considérés
comme un seul jour, il est malgré tout interdit
de faire des préparatifs le premier jour de Yom
Tov pour le deuxième jour.
Certains décisionnaires permettent de faire des
préparatifs (non fatiguants, tel que sortir des
mets du congélateur, ou déplacer des objets
d’une pièce à l’autre) du premier jour pour le
deuxième jour de Yom Tov et particuliérement
pour Roch Hachana. Cela a condition de le
faire quand il fait encore grand jour.
6
1) Lorsque Yom Tov se trouve être vendredi, ou
jeudi et vendredi, et que l’on veut cuire des mets ou
préparer certaines choses pendant Yom Tov pour
Chabbat, il faut pour cela, la veille de Yom Tov,
procéder au Erouv Tavchiline.
Un Erouv Tavchiline est constitué d’un pain ou de
Matsa (pour pouvoir cuire du pain) et d’un met
(pour préparer des mets).
La coutume générale est de le constituer
d’un pain et d’un met pour les autres Yamim Tovim
et pour Pessa’h d’une Matsa et d’un met. A
posteriori, un met suffit.
2) Même si on a déjà préparé tous les mets de
Chabbat avant Yom Tov, on fait tout de même le
Erouv Tavchiline.
3) Tout en tenant le pain ou la Matsa dans la main,
on dit la Berakha : « ….acher kidéchanou
bemitsvotav vetsivanou al
mitsvat Erouv ». Ensuite, on dit la formule :
« Beden Erouva…………………»
4) Si on ne comprend pas l’hébreu, on dit le texte
suivant : « Avec ce Erouv qu’il nous soit permis de
faire cuire du pain (ou de la Matsa), des mets,
d’allumer du feu, et de préparer tout ce qui est
nécessaire pour Chabbat.»
Si on a omis de dire ce texte, le Michna Beroura
précise que le Erouv est tout de même valable.
Si l’on doit faire aussi un Erouv ‘Hatsérot, on dit
une Berakha pour les deux Erouvim.
5) Le plat doit être un aliment qui accompagne le
pain comme de la viande ou du poisson ou un
légume. Certains ont l’habitude d’utiliser un oeuf
parce qu’il s’abîme moins vite. Il faut faire
attention de ne pas l’éplucher car un oeuf épluché
qui a passé la nuit est inconsommable (Roua’h ra),
et ce, même s’il est enfermé dans une boîte.
A notre époque il est préférable d’utiliser de la
viande ou du poisson (ce sont des mets plus
importants).
6) Le met doit être du volume d’un Kazaït (environ
30 grammes), et à priori le pain ou la Matsa du
volume d’un Kabetsa (environ 60 grammes).
7) A priori on utilise un met qui a été cuit la veille
de Yom Tov.
8) En principe, chaque famille doit préparer un
Erouv Tavchiline.
Une personne ou une famille invitée dans une autre
famille ne doit pas faire de Erouv. Cependant, si
cette famille doit allumer ses propres nérote (ce qui
est généralement le cas) on doit aussi préparer un
Erouv Tavchiline mais sans bénédiction (car il y a
une divergence d’opinion, si l’on peut allumer des
nerot pour Chabbat sans le Erouv Tavchiline) ou se
rendre quitte de la Bénédiction des hôtes.
Il est préférable que cette famille prépare des mets
(pendant Yom Tov pour Chabbat) afin de pouvoir
accomplir la Mitsva du Erouv avec Bénédiction.
9) De même, une famille qui se trouve à l’hôtel et
qui y prend ses repas doit aussi préparer un Erouv
Tavchiline sans Berakha (puisqu’elle y allume ses
Nerote). Il est préférable que le responsable de
l’hôtel fasse acquérir à une personne le Erouv
Tavchiline pour tous les clients, afin de les
acquitter du Erouv.
10) Le Erouv doit être fait avant le coucher du
soleil. A posteriori, on pourra le faire jusqu’à la
nuit tant que la communauté n’a pas encore
commencé la prière de Yom Tov.
Si le Erouv Tavchiline a été mangé ou a disparu
avant les préparatifs pour Chabbat, on peut
s’appuyer sur le Erouv du Rav de la communauté
ou de la ville.
11) Une famille qui a oublié de préparer le Erouv,
peut s’appuyer sur le Erouv du Rav, qui
généralement fait un Erouv pour toute la
communauté. Une personne qui par négligence n’a
pas fait de Erouv, ne peut s’appuyer sur le Erouv du
Rav. Une personne qui a oublié de préparer le
Erouv deux fois (certains disent deux fois
consécutives) doit demander au Rav comment faire.
12) Lorsque jeudi et vendredi sont Yom Tov et que
l’on a oublié de préparer le Erouv le mercredi, on
peut encore le faire le jeudi mais sans Berakha. On
prend le met et le pain (ou la Matsa) et on dit le
texte suivant : « Si Yom Tov est seulement
vendredi, que ce Erouv soit un véritable Erouv et
si Yom Tov est seulement jeudi, que cela ne soit
pas un Erouv et en conséquence on peut cuisiner
vendredi pour Chabbat. »
7
Lorsque Yom Tov est vendredi ou vendredi et
Chabbat (ou en Erets Israël où il y a seulement un
jour de Yom Tov) on ne peut utiliser cette facilité.
De même, pour les deux Yamim Tovim de Roch
Hachana on ne peut pas utiliser cette facilité.
13) La coutume est de consommer le Erouv
pendant Seouda chelichit et de faire Motsi avec le
pain ou la Matsa du Erouv.
14) Lorsque Yom Tov est jeudi et vendredi et
particulièrement vendredi et Chabbat, les
décisionnaires précisent qu’il faut terminer les
préparatifs de Chabbat le vendredi le plus tôt
possible (et ce, afin que les mets soient déjà
consommables vendredi car selon une opinion on
ne peut pas préparer de Yom Tov à Chabbat sauf si
les mets sont déjà finis pour Yom Tov).
Afin d’éviter ce problème, on a la coutume de
commencer la Kabalat Chabbat, le plus tôt possible
après le Plag Hamin’ha.
15) Le Erouv ne permet de préparer pour Chabbat
seulement le vendredi mais pas le jeudi qui est le
premier jour de Yom Tov.
16) Le Chla Hakadoch cite à propos du Erouv
Tavchiline : « c’est une importante et chère Mitsva,
que cette Mitsva ne soit pas légère à tes yeux et
d’ailleurs les Hakhamim disent que Avraham
Avinou accomplissait la Mitsva du Erouv
Tavchiline ».

ASSERET YEME TECHOUVA

1. Le lendemain de Roch Hachana (le 3 Tichri), est
un jour de jeûne, « Tsom Guedalia ». Guedalia
ben A’hikam était le gouverneur d’Erets Israël
après la destruction du Temple. Lorsqu’il fut tué,
le dernier espoir des Béné Israël s’éteignit avec
lui, et grand nombre de Béné Israël furent tués.
Lorsque le 3 Tichri est un Chabat, on jeûne le
dimanche qui est le 4 Tichri.
2. Ce Taanit, comme les autres jeûnes, sont là pour
éveiller nos coeurs à la Techouva, et pour nous
remémorer nos mauvaises actions, au même
titre que celles de nos ancêtres, ce qui leur a
valu, et qui nous vaut encore, des malheurs. Il y a
donc une obligation ce jour là de scruter nos
actions car cela est l’essentiel du Taanit.
3. Une personne malade est exempte de jeûner.
Une femme enceinte, ou une femme qui allaite
est exempte du jeûne. Selon le Rama, elles sont
obligées de jeûner, mais si ces femmes sont
quelque peu faibles, elles ne doivent pas jeûner.
Les décisionnaires précisent qu’à notre époque
toute femme qui est enceinte ou qui allaite est
considérée comme faible. A ce sujet, une femme
enceinte, cela veut dire, après 40 jours de
grossesse. Avant cela, elle ne jeûne pas si elle se
sent faible. De même, si la femme allaite (en
pratique) elle est exempte du jeûne. Si par
contre, elle n’allaite pas, durant les 24 mois qui
suivent l’accouchement, elle est considérée
comme une femme qui allaite seulement si elle
est quelque peu faible.
4. Les enfants, au dessous de la Bar Mitsva ne
doivent pas jeûner, et ce, même quelques heures
5. Une personne qui veut manger ou boire avant le
lever du jour doit préciser la veille avant d’aller se
coucher, qu’elle pense manger ou boire avant le
début du Taanit. Selon le Zohar Hakadoch, il faut
éviter de manger entre le début du jour et la
Téfila.
6. Il est bien de donner de la Tsedaka le jour du
Taanit. Certains évaluent ce qu’ils auraient du
dépenser pour leur repas et le donnent aux
pauvres.
7. Il faut dire Anénou dans la bénédiction de
Choméa Tefila. Si l’on a oublié on peut le dire
dans Elokaï Netser. Et si de nouveau on a oublié
on ne recommence pas la Amida. L’officiant dit
Anénou (lors de la ‘Hazara) entre Goël Israël et
Réfaénou. S’il a oublié, il se rattrape en le disant,
comme les fidèles dans Choméa Téfila.
8. Le Rambam écrit : « Bien que la Techouva et les
pleurs sont bons toute l’année, pendant les 10
jours de Techouva, la Techouva est acceptée
tout de suite. Tous les Béné Israël ont l’habitude
de multiplier les bonnes actions, la Tsedaka,
l’étude de la Tora pendant ces 10 jours. » Durant
ces jours, il faut lire des Sefarim de Moussar
(Chaaré Téchouva, Messilat Yecharim, Derekh
Hachem) plus que pendant toute l’année. Le
Michna Beroura précise, au nom du Zohar
Hakadoch, qu’il faut se repentir sur ses fautes
avant de se coucher.
9. Le Michna Beroura précise que les 7 jours entre
Roch Hachana et Yom Kippour sont comparés
aux 7 jours de la semaine. Chacun des 7 jours
doit servir de réparation au même jour durant
l’année écoulée.
10. Le Choul’han Aroukh conseille d’être plus
minutieux dans son comportement. Par exemple,
une personne qui mange du pain d’une
boulangerie non juive, devra veiller pendant cette
semaine, à n’utiliser que du pain pour lequel le
four utilisé est allumé par un juif, et ainsi de suite.
(Il est à noter, qu’à notre époque, d’autres
problèmes se posent quant à acheter du pain
dans une boulangerie non cachère). De même, il
est écrit : « Tout celui qui ne tient pas rigueur à
son prochain, sera pardonné facilement de ses
faute ».

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