Le leader du parti travailliste britannique (Labour) Jeremy Corbyn est régulièrement accusé, à juste titre, d’antisémitisme. Elu en septembre 2015 à la tête de la formation politique, il n’a jamais caché ses sympathies pour la ‘cause palestinienne’ et participe régulièrement à des cérémonies qui en disent long sur ses mauvaises fréquentations.

D’après les résultats d’une enquête approfondie menée par le Jewish Chronicle au sein de la communauté juive du Royaume Uni, près de 40 % de ses membres ‘envisageraient avec le plus grand sérieux d’émigrer’ si Corbyn était élu Premier ministre lors des prochaines élections prévues en 2020.

Mais même si ce chiffre est important, il faut souligner que la majorité d’entre eux n’expriment pas la même inquiétude. Ils seraient en effet encore 51,7 % à répondre qu’ils ne pensent pas quitter le pays en cas de victoire de Corbyn.

La communauté juive britannique est la quatrième la plus importante du monde. D’après différentes études, elle compterait à l’heure actuelle près de 290 000 âmes. L’un de ses illustres représentants, l’ancien grand rabbin de Grande Bretagne Lord Jonathan Sacks, n’a pas hésité tout récemment à taxer d’antisémitisme le chef du Labour, estimant que ‘pour la première fois, les Juifs britanniques étaient contraints de reconsidérer la question de savoir si la Grande Bretagne était un Etat sûr pour y élever ses enfants’.

Le sondage du Jewish Chronicle, indique l’hebdomadaire israélien Makor Rishon, a été effectué entre mi-août et début septembre, période au cours de laquelle plusieurs événements antisémites ont eu lieu en présence de Corbyn.

Dans ce contexte, l’actuelle cheffe du gouvernement britannique Theresa May a déclaré en fin de semaine au parlement, en présence notamment de Corbyn, que ‘les Juifs vivant dans le pays devaient ressentir qu’ils se trouvaient dans un lieu sûr et protégé et ne pas craindre pour leur avenir dans leur pays’.

Claire Dana-Picard