Un Sefer Tora, offert il y a sept ans par le ministre de l’Agriculture Ouri Ariel, alors député, à la synagogue de la localité de Kfar Adoumim où il vit avec sa famille, a trouvé une nouvelle destination.

L’histoire de ce Sefer Tora est assez singulière : lors d’une visite d’Ariel à l’Institut Shem Haolam de Kfar Haroé, le Rav Avraham Krieger, directeur du centre, avait tenu à lui montrer un Sefer Tora ancien qu’il venait de recevoir. Vieux de 110 ans, il avait été retrouvé par un Polonais qui l’avait apporté à l’institut. Le Rav Krieger a précisé à Ouri Ariel que le Sefer Tora étant bien conservé, il n’avait fallu que quelques petites réparations pour le remettre en état.

Lorsqu’Ouri Ariel s’est approché du Sefer Tora, il a découvert avec stupeur qu’il provenait de Pabianice, ville polonaise de plus de 66 000 habitants, d’où était originaire sa mère.

Elle faisait partie des quelques rares rescapés de la communauté juive, massacrée par les Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. En effet, sur les 9 000 Juifs de Pabianice, seuls 148 ont survécu à la Tourmente.

Ariel a alors raconté que tous les membres de la famille de sa mère avaient été assassinés et a demandé qu’en leurs noms, le Sefer Tora lui soit confié. Après quelques consultations, le Rav Krieger a accédé à sa requête. C’est ainsi qu’il a ensuite été offert à la synagogue de Kfar Adoumim.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Tout récemment, de nouveaux membres du Kibboutz de Kerem Shalom, à la limite de la bande de Gaza, ont émis le désir d’y construire une synagogue lors d’une visite du ministre de l’Agriculture Ouri Ariel, du parti Habayit Hayehoudi, dans la région. Lorsque ce dernier a appris qu’ils ne disposaient pas d’un Sefer Tora, il a proposé d’y transférer celui qu’il avait apporté à Kfar Adoumim.  Il leur a déclaré : « Pour moi, ce Sefer Tora témoigne de la victoire sur les Nazis et atteste de la poursuite de la vie juive au sein de l’Etat d’Israël en plein renouveau ».

Claire Dana-Picard