Dans le discours qu’il a prononcé mercredi soir au cours de la cérémonie à Yad Vashem à l’occasion du Yom Hashoah, le président de l’Etat d’Israël Ruby Rivlin a annoncé qu’il se rendrait le lendemain en Pologne pour participer à la traditionnelle ‘Marche des Vivants’.

12 000 jeunes de 41 pays ont fait le voyage pour défiler, comme chaque année, entre le camp de la mort d’Auschwitz et celui de Birkenau en hommage aux nombreuses victimes de la barbarie nazie, contraintes de parcourir cette distance alors qu’elles étaient au bout de leurs forces.

Quelques heures avant cet événement qui réunit tous les ans des Juifs et des non-Juifs du monde entier, Rivlin a été reçu à Cracovie par son homologue polonais Andrzej Duda. Au cours de leur entretien, Rivlin n’a pas hésité à affirmer : « Ici le terrain était propice aux Nazis qui ont pu faire tout ce qu’ils voulaient comme dans les autres pays d’Europe ».

Il a ajouté : « Nous apprécions grandement tous ceux qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs mais il y a eu malheureusement d’autres comportements : des hommes qui ont assassiné pour hériter ».

Les deux présidents ont conduit la Marche des Vivants, organisée depuis trente ans, avec les responsables des services de sécurité israéliens, le chef d’état-major de Tsahal Eizencott, le commandant en chef de la police nationale d’Israël, Alcheih’, et les patrons du Shin Bet et du Mossad.

Sur le bord de la route, des manifestants polonais qui dénonçaient la nouvelle loi de leur pays sur la Shoah, ont salué les marcheurs. Ils ont brandi des pancartes indiquant : « Nous nous excusons’ et ‘nous demandons pardon pour l’antisémitisme polonais’.

Le président polonais a répondu que ‘sa rencontre avec Rivlin était un grand honneur mais également un témoignage de la terrible tragédie qui est arrivé dans le pays’. « Et de cet endroit, nous disons au monde entier que ‘plus jamais ça’. Nous appelons tous à voir où mène la haine de l’étranger ».

Après avoir rappelé que ‘de nombreux Juifs avaient donné leur vie au long des années pour la Pologne et son indépendance’, il a évoqué la nouvelle loi sur la Shoah votée dans son pays  ‘qui a causé une grave controverse entre nous’ et qui est examinée à l’heure actuelle par le parlement polonais. « Mais je tiens à souligner une nouvelle fois, a-t-il poursuivi, qu’à aucun moment nous avons tenté de stopper les témoignages. Au contraire, nous cherchons à protéger la vérité ».

A présent, les participants ont terminé leur marche et assistent à la cérémonie officielle sur le site du camp de la mort pour écouter notamment Shmouel Rosenman, président  de la ‘Marche internationale des Vivants’.

Le président Rivlin a ensuite été invité à prendre la parole. Il a rappelé les horreurs de la Shoah et le courage de très nombreux polonais qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs.

Pour la premire fois, une délégation japonaise a fait le déplacement. Elle a été chaleureusement applaudie.

Claire Dana-Picard