Le Rav Israël Meir Lau, ancien grand rabbin d’Israël et rescapé de la Shoah, a pris la parole lors de la cérémonie solennelle qui a suivi la Marche des Vivants, jeudi après-midi, en Pologne à l’emplacement du camp de la mort d’Auschwitz-Birkenau.

Dans son discours, il a notamment souligné l’importance du souvenir et a parlé des moyens de transmettre aux nouvelles générations. Il a rappelé que lors de la première Marche des Vivants, il y a trente ans, il n’y avait qu’un peu plus d’un millier de participants et que les gens se demandaient ‘qui parlerait encore de l’Holocauste quelques années plus tard, lorsque les derniers survivants auraient disparu après 120 ans’.

Le Rav Lau était présent avec Elie Wiesel et avec  l’ambassadeur d’Israël à l’Onu, Binyamin Netanyahou. « Netanyahou m’a demandé ce que j’en pensais et j’ai répondu : ‘Je suis plus optimiste que vous, la Shoah ne sera jamais oubliée ».

Il a précisé que les enfants se souviendraient, notamment grâce aux musées où des témoignages étaient recueillis et où des documents étaient exposés. Il a  ajouté que cette mémoire serait conservée également grâce aux livres, citant entre autres le Journal d’Anne Frank.

Et d’affirmer : « Le monde ne nous permettra pas d’oublier ». Il a alors parlé de  l’antisémitisme, du racisme, de la haine de l’étranger et de la négation de la Shoah par le leader de l’Iran, entrainant ses jeunes citoyens à tout ignorer de cette partie tragique de notre histoire.

Revenant à l’époque de la Shoah, il a également dénoncé le silence du monde libre après les atrocités nazies, avant et pendant la Guerre.

Le Rav Lau a par la suite remercié chaleureusement le gouvernement polonais pour son aide dans l’organisation de la Marche des Vivants et pour l’ouverture d’un musée à Auschwitz. Il a adressé ses remerciements personnels au président polonais Andrzej Duda.

Avant de conclure, le Rav Lau a indiqué qu’il était né dans la région : « Mon père venait de Lvov, qui s’appelle aujourd’hui Lemberg, et ma mère était originaire de Cracovie, à 40 minutes d’ici. Le pape Jean-Paul II que j’ai rencontré en 1993 à Castel Gandolfo en Italie m’avait dit alors : ‘Je me souviens très bien de votre  grand-père (maternel), Rabbi Frankel-Teomim, allant à la synagogue le Shabbat, entouré d’un grand nombre d’enfants. Combien de petits-enfants avait-il ?’ Je lui ai répondu : 47. ‘Et combien ont survécu à l’Holocauste’, s’est-il alors enquis. Et je lui ai dit : ‘Seulement cinq et je suis l’un d’entre eux’.

‘Le pape a alors affirmé qu’il ne fallait pas oublier et que le peuple juif avait le droit de vivre en paix’. Le Rav Lau a ensuite souligné que le pape avait effectué, quelques temps plus tard, une visite officielle en Israël.

Claire Dana-Picard