Iliyash (Eliahou) Petrushko, né à Varsovie en 1915, est le seul rescapé de sa famille qui a été massacrée par les Nazis. Son histoire incroyable nous est relatée dans un reportage de la télévision israélienne.

Après la Seconde Guerre mondiale, il est monté en Israël et a fondé une famille. Mais il a toujours gardé en lui les souffrances de la séparation et de la perte des siens.

« J’ai réussi, par mes propres moyens, à survivre », a-t-il raconté depuis la maison de retraite où il vit à Kfar Saba. « J’ai une photo de moi avec mon père, ma mère et mes deux frères, qui étaient jumeaux ».

A l’âge de 24 ans,  Eliahou (Iliyash) a réussi à échapper aux Allemands et à franchir la frontière avec la Russie, laissant derrière lui ses parents et ses frères, âgés alors de 16 ans. Il ne pensait pas, alors, qu’il reverrait un jour un membre de sa famille.

Eliahou a poursuivi son récit, des larmes dans la voix : « Je suis rentré en Pologne et Varsovie était totalement détruite. J’ai alors compris quelles tortures ils avaient endurées ». Et de poursuivre avec tristesse : « De toute cette petite famille, j’étais le seul à être resté vivant ».

Mais sur un document de Yad Vashem, il était indiqué qu’il était mort pendant la guerre. Sur ce même document, un Juif russe avait ajouté son propre témoignage en 2005, précisant qu’il était son frère.

« Je suis monté en Israël un an après l’Indépendance, a poursuivi Eliahou ». Cinq ans plus tard, en 1954, il s’est rendu à Yad Vashem pour remplir une feuille de témoignage au sujet de sa famille qui, selon lui, avait été totalement décimée pendant la Shoah.

Toutefois, il lui restait un doute concernant l’un des jumeaux, Vovek (Wolf) : « Je ne savais pas comment il avait disparu. J’avais reçu une lettre de lui de Magnitogorsk (ville industrielle russe située dans les montagnes de l’Oural). Je n’en ai pas reçu d’autres et je me suis demandé s’il avait été recruté par l’armée russe et tué ou bien s’il était mort dans d’autres circonstances ».

Mais Vovek a survécu et en 2005, il a visité Yad Vashem où il a inscrit son témoignage, précisant qu’il était le frère d’Iliyash.

Lorsque cette information est parvenue à la connaissance de Shah’ar, le petit-fils d’Eliahou, il y a quelques semaines, il n’a pas hésité un instant, estimant qu’il ne fallait pas attendre pour prendre contact avec sa famille.

Il a alors recherché des personnes du nom de Petrushko à Magnitogorsk. En même temps, il a préparé son grand-père, âgé de 102 ans, à une rencontre éventuelle qu’il espérait organiser. Il a utilisé entre autres Facebook, publiant la photo de son grand-père.

Shah’ar a ensuite retrouvé en Russie un Juif s’appelant Alexander Petrushko qui a raconté que son père se nommait Wolf Petrushko, rescapé de la Shoah qui s’était enfui de Varsovie. C’était le frère d’Eliahou.

Mais la joie des retrouvailles n’a pas été complète car Wolf Petrushko est décédé à l’âge de 88 ans après son voyage en Israël en 2005. Eliahou a réussi à parler avec son neveu par Skype, avec une émotion palpable. Son petit-fils a alors organisé la rencontre, invitant son cousin à venir en Israël. Eliahou a indiqué qu’il craignait que toute cette émotion ne lui cause des problèmes de santé.

Fort heureusement, le moment tant attendu est arrivé : les retrouvailles à l’aéroport Ben Gourion ont été poignantes. « Je suis si heureux de te voir », a dit Eliahou en russe à son neveu après l’avoir serré dans ses bras. Et ce dernier, retenant ses larmes, lui a répondu : « Tu ressembles vraiment à papa ». En pleurant, Eliahou a déclaré : « C’est un véritable miracle, j’ai l’impression d’avoir reçu un sang nouveau dans mes veines qui répare toutes les souffrances que j’ai endurées pendant ma longue vie ».

Une histoire poignante !!

Claire Dana-Picard