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Michna 7
Une loi de vie sociale (ז) נִתַּאי הָאַרְבֵּלִי אוֹמֵר, הַרְחֵק מִשָּׁכֵן רָע, וְאַל תִּתְחַבֵּר לָרָשָׁע, וְאַל תִּתְיָאֵשׁ מִן הַפֻּרְעָנוּת: «Nitaï d’Arbèle disait: ‘Eloigne-toi d’un voisin mauvais, ne fais pas du méchant ton compagnon, et ne désespère pas du châtiment divin.’» (Chapitre 1, Michna 7)
par Rav Eliahou Elkaïm de  Dans la maxime que nous allons étudier cette semaine, Nitaï d’Arbèle nous livre des règles de vie concernant nos relations sociales… La lecture de cette Michna provoque dès l’abord un étonnement: s’il faut s’éloigner d’un voisin mauvais, il est évident qu’il est déconseillé de se lier à un homme méchant. Pourquoi l’auteur de cette Michna a-t-il trouvé nécessaire de faire cette précision? D’autant que le premier terme employé ‘cha’hen ra’ (voisin mauvais) est moins péjoratif que le second ‘racha’ (méchant). Pour éclaircir la pensée de Nitaï d’Arbèle, nous citerons deux interprétations de nos maîtres. La première est celle de l’auteur du Midrach Chmouel. Pour lui, et il suit en cela l’interprétation de Maïmonide, le danger de se lier avec des personnes considérées comme des réchaïm (méchants), liens d’amitiés ou liens sociaux, consiste dans l’influence que ces personnes peuvent avoir sur nous et dans la tendance naturelle que nous aurons à les imiter. Pour répondre à notre question première, le Midrach Chmouel se base sur un texte du Talmud (Kidouchine 40a) qui définit les notions de racha (méchant) et ‘ra’ (mauvais), et leur différence. Le terme racha définit celui dont la conduite va volontairement à l’encontre des lois de vie fixées par la Thora. Il est appelé ra lachamayim, mauvais vis à vis de son Créateur. Mais un telle personne peut toutefois entretenir de bonnes relations avec son entourage, et n’est donc pas nécessairement ra labrioth, mauvais vis à vis des hommes. En ce qui concerne le terme ra, il désigne ceux qui sont mauvais envers leur entourage (ra labrioth), et dont la conduite envers les autres hommes va à l’encontre de la droiture et de la morale. Amélioration du caractère Par l’emploi d’un vocabulaire différent et par une apparente répétition, l’auteur de la Michna nous enseigne ici une double vérité. Si notre voisin est apparemment d’une piété exemplaire, mais que son attitude dans les relations humaines est déplorable, c’est-à-dire qu’il est ra, il nous est conseillé de le fuir, car un tel voisinage ne pourra créer que des frictions. Nous disons apparemment car la piété, ce qui signifie respecter les lois de la Thora, concerne au même titre les devoirs de l’homme envers son Créateur que ses devoirs envers les autres hommes. Tout ce qui touche aux midoth (traits de caractère) fait également partie de nos devoirs vis à vis du créateur puisque c’est une partie intrinsèque de la Thora. Il est donc impossible de dissocier ces deux domaines: celui qui est mauvais envers les hommes est forcément mauvais envers D.ieu. Et l’auteur de la Michna poursuit en précisant qu’il ne faut pas s’y tromper: s’il faut fuir celui qui a de mauvaises relations avec les hommes mais qui est apparemment pieux, il faut également s’éloigner de celui qui entretient de bonnes relations avec son entourage mais qui est ra lachamayim (qui a de mauvaises relations avec D.ieu), c’est-à-dire le racha. Pourquoi? Parce que le risque est grand de suivre son mauvais exemple et de voir notre attachement à la Thora diminuer. D’après cette interprétation, Nitaï d’Arbèle, outre son conseil de fuir les querelleurs, nous met en garde contre l’influence négative de notre entourage sur notre comportement. Sans même entretenir des relations proches avec nos voisins, la simple observation de leur comportement peut émousser notre attachement à la Thora (cf. Dvar Thora Nitsavim 5762). L’auteur du Midrach Chmouel ajoute que Nitaï d’Arbèle, par sa maxime, complète celle de Josué ben Pera’hia. Il faut juger son prochain avec indulgence (dan lekaf ze’houth), mais seulement dans le cas où nous n’avons pas de raisons certaines de penser qu’il est mauvais (ra). A l’inverse, dans le cas où nous avons la confirmation qu’il est effectivement méchant, nous avons le devoir de le soupçonner, à chaque occasion, d’agir avec de mauvaises intentions. Dans ce cas, il nous faut s’éloigner de lui, comme l’a fixé Rabbénou Yona (cf. Dvar Thora précédent).
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