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La sagesse des femmesLe Midrach nous dévoile ce qui s’est passé: « Rav dit c’est sa femme qui l’a sauvé, car elle lui a dit: ‘Que vas-tu gagner à te mêler à cette dispute. Que ce soit Aaron qui soit le Grand Prêtre ou Kora’h, tu ne seras de toutes les façons qu’un disciple’. (…) Elle lui fit boire du vin pour qu’il dorme. Puis elle s’installa, en compagnie de sa fille, les cheveux défaits (ce qui n’est pas conforme à la hala’ha et aux règles de la tsniout (pudeur) ndlr.), à la porte de sa tente. Ceux qui vinrent chercher On ben Peleth pour participer à la rébellion, à la vue de ce spectacle inhabituel et choquant, détournèrent leur chemin. C’est ainsi qu’On ben Peleth échappa au triste sort de ceux qui complotèrent contre Moïse ». (Bamidbar Rabba 18-20) La première partie du verset des Proverbes, «la sagesse des femmes édifie la maison», s’applique donc à l’exemple de cette femme. La deuxième partie, «leur folie la renverse » s’applique à une autre femme qui a joué un rôle dans ce même épisode de la Thora, puisqu’il s’agit de la femme de Kora’h lui-même, qui l’entraîna dans cette folie. On le voit, la règle est loin d’être générale. Comment comprendre alors les paroles du Talmud qui enjoint de ne pas écouter les conseils de sa femme pour les sujets d’ordre exclusivement spirituels. Les mères d’Israël et tant de femmes juives ont édifié la maison d’Israël. D.ieu Lui-même a dit à Avraham de suivre l’opinion de Sara contre son propre avis… Le Maharal nous éclaire sur le sens des paroles de nos maîtres (Dere’h Haïm ibid. Hidouché Aggadoth Baba metsia ibid.). Et en fait, la Thora nous dévoile ici le secret des natures différentes de l’homme et de la femme. Intuition particulièreLoin de privilégier l’un ou l’autre, la Thora nous indique la direction voulue par le Créateur dans l’équilibre et la complémentarité de deux conjoints. Par nature, la femme est plus proche de la matière (‘homer) et c’est normalement à l’homme qu’incombe d’apporter la direction spirituelle dans le couple. L’homme, par son étude de la parole divine, par sa réflexion sur les sujets métaphysiques traités dans la Thora, est celui qui doit décider du chemin à suivre dans ces domaines. Pour jouer son rôle spécifique dans le couple, la femme possède une dimension qui est plus développée chez elle que chez l’homme, c’est ce que l’on appellera le réguech (sentiment), alors que l’homme se servira plus de son intellect pour agir. Cette dimension de la sentimentalité, qui est inhérente a fait que la femme est proche du matériel (‘homer), est accompagnée d’une intuition particulière (bina yétéra) qui lui permet de discerner, mieux que l’homme, certaines choses, comme notamment le niveau moral des êtres en général et des invités en particulier (Talmud Bera’hoth 10 b). Cette intuition est d’ailleurs d’une nécessité absolue pour mener à bien sa mission de mère et d’éducatrice. On l’a vu, la femme d’On ben Péleth a parfaitement joué son rôle. Grâce à ce discernement, les femmes peuvent et doivent créer l’atmosphère et les conditions pour que leurs maris puissent développer à leur tour leur rôle véritable: faire vivre dans le foyer les valeurs véritables de la Thora. L’auteur de la Michna, en faisant allusion à l’histoire de Kora’h, nous indique le rôle de l’homme dans sa maison. ComplémentaritéEn développant ses connaissances, en usant de son influence, il va permettre à sa femme d’utiliser ses sentiments et son intuition à bon escient. On le voit, l’homme et la femme ont besoin l’un de l’autre pour se réaliser pleinement. A l’inverse, si les rôles sont intervertis, il sera très difficile aux conjoints de trouver la plénitude. Pour illustrer ces notions, nous citerons une lettre de Rabbi Akiva Eiger zatsal, l’un des géants en Thora il y a deux siècles. Ce dernier venait de perdre son épouse, et il écrivit à un ami son immense douleur en faisant l’éloge de sa femme défunte. Une phrase montre à quel point les hommes de Thora étaient aidés par leur femmes dans tous les moments, y compris dans le domaine spirituel: « Il m’arrivait souvent, à des heures très tardives, d’avoir de longues conversations avec ma femme, conversations dont l’objectif était toujours de trouver le moyen d’augmenter notre crainte du Créateur et de nous rapprocher de Lui. Qui pourrait me consoler?» Seul le Créateur, qui a créé l’homme et la femme, peut définir le rôle de l’un et de l’autre, et permettre ainsi au couple de trouver l’équilibre dans la complémentarité.
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