(ה) יוֹסֵי בֶּן יוֹחָנָן אִישׁ יְרוּשָׁלַיִם אוֹמֵר, יְהִי בֵיתְךָ פָּתוּחַ לִרְוָחָה, וְיִהְיוּ עֲנִיִּים בְּנֵי בֵיתֶךָ, וְאַל תַּרְבֶּה שִׂיחָה עִם הָאִשָּׁה. בְּאִשְׁתּוֹ אָמְרוּ, קַל וָחֹמֶר בְּאֵשֶׁת חֲבֵרוֹ. מִכָּאן אָמְרוּ חֲכָמִים, כָּל זְמַן שֶׁאָדָם מַרְבֶּה שִׂיחָה עִם הָאִשָּׁה, גּוֹרֵם רָעָה לְעַצְמוֹ, וּבוֹטֵל מִדִּבְרֵי תוֹרָה, וְסוֹפוֹ יוֹרֵשׁ גֵּיהִנָּם:
«José ben Yo’hanan de Jérusalem disait: «Que ta maison soit largement ouverte à tous et que les pauvres soient des habitués de ta maison. Ne multiplie pas les bavardages avec la femme». Ceci est dit de sa femme, à plus forte raison de la femme de son prochain. C’est de là que les Sages ont dit: ‘Celui qui parle beaucoup avec la femme se fait tort à lui-même, néglige l’étude de la Thora et finalement, il héritera du Géhinom ’». (Chapitre 1, Michna 5) Suite du sujet de la semaine dernière, nous allons découvrir comment le couple peut parvenir à l’équilibre et à l’harmonie…
Dans le Dvar Thora de la semaine dernière, nous nous sommes penchés sur l’interprétation de Maïmonide et de Rabbénou Yona, qui voient surtout dans cette Michna une mise en garde pour prévenir une faiblesse de l’homme, qui pourrait enfreindre certaines lois inhérentes au mariage, ou causer son déséquilibre.
Le Gaon de Vilna interprète cela différemment.
Pour lui, le terme haïcha (la femme) se rapporte d’emblée à sa propre femme, et cette phrase signifie que celui qui suit les conseils de son épouse dans les domaines spirituels n’est pas dans la bonne voie.
Et le Gaon de citer le fameux Midrach qui relate que Kora’h, avant de se lancer dans sa controverse contre Moïse, était allé prendre conseil auprès de sa femme, qui l’avait fortement incité à engager cette lutte insensée (Bamidbar Rabba 18 4).
Le commentaire du Radal sur le Midrach (ibid.) fait le parallèle avec un texte du Talmud:
«Rav dit: ‘Celui qui suit les conseils de son épouse finira par mériter l’enfer (Géhinom)’.
Rav Papa posa la question à Abayé: ‘Un dicton nous apprend pourtant: ‘Même si ta femme est petite, baisse-toi pour écouter son avis et ses conseils’.
Il lui répondit: ‘Cela concerne les affaires de la maison, et non les problèmes d’ordre général’.
D’après un deuxième avis, il lui répondit: ‘Cela concerne les questions d’ordre matériel (milei deara) mais pour tout ce qui concerne les devoirs de l’homme envers son Créateur (milei dichmaya), il ne faut pas suivre ses conseils.’» (Talmud Baba Metsia 59a)
Etonnantes paroles de nos maîtres, d’autant que le même Midrach où il est question de Kora’h cite plus loin(Bamidbar rabba 18 20) un verset des proverbes:
«La sagesse des femmes édifie la maison, leur folie la renverse» (14 1)
Et le même midrach donne deux exemples que l’on observe dans la paracha de Kora’h.
Le premier est celui de la femme de On ben Péleth. Ce dernier est cité dès le départ comme faisant partie de ceux qui ont suscité la polémique contre Moïse avec Datan et Aviram.
Puis, dans la suite de l’histoire, il n’apparaît plus. Qu’est-il donc advenu de lui?