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Relation de coupleC’est que la Thora, pour le bien des êtres humains, nous a devoilé les règles qui ameneront l’équilibre en ce qui concerne les relations intimes du couple. Et cette même Thora, qui connaît les secrets de la psychologie humaine, nous prévient que les bavardages entre hommes et femmes créent toujours une certaine légèreté et amènent des discussions sur des sujets intimes. Il faut savoir que la Thora encourage ces discussions à certains moments de la vie du couple. Le ‘Hazon Ich conseille par exemple de multiplier les échanges et les discussions pendant la première année du mariage, pour que les conjoints apprennent à se connaître et à s’apprécier véritablement. En revanche, la Thora critique ces discussions si elles amènent à un excès dans les relations, ce qui va au contraire nuire à l’équilibre conjugal. C’est d’ailleurs ce qu’ajoute le Tana dans sa conclusion: «Celui qui parle trop avec la femme se fait tort à lui-même». Car l’assouvissement des désirs, lorsqu’il est excessif, abaisse le niveau moral, en éloignant l’homme des choses de l’esprit. Celui qui ne met aucune limite à ses désirs, en viendra à négliger complètement son véritable rôle sur terre et à s’enfoncer dans la faute. On l’aura compris, ce processus devient beaucoup plus dangereux lorsqu’il s’agit de la femme de son prochain. D’après Rabbi ‘Haïm de Volozhine et le Midrach Chmouel, le rapport entre les deux parties de la maxime de José ben Yo’hanan doit être compris ainsi: Après avoir précisé notre devoir d’ouvrir les portes de nos maisons aux démunis, et cela au point qu’ils se sentent comme chez eux, on prévient les hôtes d’un risque possible que va causer cette générosité. Faire en sorte que ses invités se sentent à l’aise implique d’échanger des paroles avec eux et de leur monter que nous sommes prêts à leur consacrer de notre temps. Et c’est alors qu’entre en jeu notre maxime: même pour des motifs tout à fait justifiés (en l’occurrence l’accueil des invités), il faudra éviter ces discussions entre hommes et femmes, qui on l’a vu, peuvent être dangereuses. Et l’on remarquera une fois encore la perspicacité de nos maîtres, qui nous préviennent à l’avance de dangers que l’on a malheureusement tant de fois observés, et qui ont amené tant de drames dans de nombreuses familles… Rabbénou Ovadia ajoute un autre élément, issu des Avoth de Rabbi Nathan(chapitre 7): «Si l’homme revient de la maison d’étude, ou de son travail, avec la sensation qu’on lui a manqué de respect, ou s’il s’est disputé avec quelqu’un, il fera mieux d’éviter d’en parler à sa femme. Il risquerait d’abord de se disqualifier aux yeux de son épouse. En outre, elle risquera de mal le conseiller, en le poussant par exemple à continuer la dispute, comme ce fut le cas dans l’épisode de Kora’h» (Rabbénou Ovadia ibid.) Dans son ouvrage sur les lois concernant la médisance (lachon hara), le ‘Hafets ‘Haim précise: «Nombreux sont ceux qui croient, à mauvais escient, qu’il est permis de raconter à leurs épouses tout ce qui leur est arrivé dans le courant de la journée, y compris tous les petits accrochages qu’ils ont rencontrés. Mis à part l’interdiction de médire qu’ils enfreignent, ils multiplient la discorde (ma’hloket), car il est naturel qu’une femme gardera de la rancune envers les personnes avec lesquelles son mari s’est disputé, et envers leurs familles. Il sera donc perdant, car non seulement, sa femme risque de le pousser à la dispute, mais en plus, il a de forte chance de se déconsidérer à ses yeux. Celui qui veut sauver son âme fera tout ce qui est en son pouvoir pour éviter de raconter à sa femme ce genre de désagréments.» (Mekor ‘Haïm, Hil’hoth Issouré Lachon Hara 8 10) Le Gaon de Vilna, pour sa part, interprète notre Michna de façon différente. Pour lui, le terme ‘haïcha’, se rapporte d’emblée à sa propre femme, et il est surtout question ici de celui qui suit les conseils de sa femme. C’est là le sens du deuxième volet: «il s’agit de sa propre femme». Et le Gaon de citer le Midrach qui relate que Kora’h est allé prendre conseil auprès de sa femme et ce sont ses conseils qui l’ont perdu. Mais comment comprendre cette mise à l’écart du conseil fémininquand on sait que c’est Sarah notre mère qui a compris le mieux la problématique d’Ichmaël, en l’écartant d’Avraham? C’est Rivka qui a vu juste au sujet d’Essav en l’éloignant de Jacob. Ce sont les femmes qui ont permis au Juifs de rester eux-même durant l’esclavage d’Egypte, les préservant de la perte des valeurs. Ce sont les femmes qui à maintes reprises dans notre histoire ont, par leurs actes d’héroïsme, sauvé le peuple juif ce sont les femmes qui ont entre leurs mains, l’avenir de notre peuple, elles qui sont responsablesde l’éducation des enfants? Les femmes ont donc un rôle majeur dans l’orientation spirituelle du judaïsme. Pourquoi alors notre Michna semble-t-elle négliger leur avis et leurs conseils? Cette question fondamentale sera développée dans le Dvar Thora de la semaine prochaine…
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