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Une anecdote, citée dans la nouvelle biographie du Rav Shah illustre parfaitement l’affirmation de Rabbi José. Alors que Rav Shah dirigeait la Yéchiva de Loninetz (Pologne), un élève vint faire les louanges d’un homme reconnu pour sa grandeur et sa piété. Il ajouta: «- C’est également un génie (gaon) en Thora» Le Rav Shah lui dit: «-Il vaut mieux dire de lui qu’il investit toutes ses forces dans l’étude de la Thora, car il faut que tu le saches: le dicton populaire affirme qu’il y a deux façons de s’enrichir. On peut travailler très dur, ou bien trouver dans la rue une fortune en pièce d’or, perdue par un propriétaire terrien (paritz, en yiddish). La connaissance de la Thora n’est pas un objet qui peut être égaré par un paritz. Aucun paritz n’a, jusqu'à ce jour, égaré de la Thora, et le seul et unique moyen de l’acquérir et d’investir toutes ses forces dans l’étude.» («Maran Harav Shah», vol 1, p.321) La Thora réside dans les cœurs purs On peut également comprendre le mot hathène dans le sens de préparation préliminaire. C’est d’ailleurs ainsi que l’interprète Maïmonide, suivi par Rabbénou Yona: «Il s’agit de la préparation nécessaire dans le domaine du caractère (midot). En cela, il (Rabbénou Yona) rejoint son interprétation sur la Michna: «Là où il n’y a pas de morale sociale, il n’y a pas de Thora(Im ein dere’h erets, ein Thora) ». (Avoth 3-17) Cela signifie qu’il faut au préalable perfectionner son caractère. Alors seulement, la Thora pourra se fixer en l’homme: elle ne résidera jamais au sein d’un homme qui a de mauvaises midot.» Cette préparation préalable signifie aussi être prêt à renoncer aux plaisirs matériels pour pouvoir augmenter l’étude de la Thora. C’est le sens de la Michna (Avoth 6-4): «Voici ce qu’exige l’étude de la loi divine: quand bien même tu serais réduit à ne manger que du pain avec du sel, à mesurer jusqu’à l’eau que tu bois, à coucher sur le sol, et à t’imposer différentes privations, occupe-toi néanmoins avec zèle de l’étude sacrée car celui qui multiplie les plaisirs ne pourra pas acquérir la sagesse (‘ho’hma)» (Rabbénou Yona ibid.) Rabbi Haïm de Volozhine ajoute: «Se préparer à étudier la Thora signifie être attentif au fait que la splendeur de la Thora ne peut s’installer dans un récipient souillé par les fautes. Celui qui aspire à devenir un savant (talmid ‘haham) soit au préalable renforcer sa crainte du pêché. Chaque jour, avant de commencer à étudier, il doit prendre conscience de ses fautes et de ses erreurs (vidouy), et quecette prise de conscience soit sincère et s’inscrive dans son cœur. Elle ne doit pas s’exprimer par des mots qui ne seraient pas totalement ressentis.» Dans une deuxième interprétation, Rabbi ‘Haïm met l’accent sur le terme atsmeha (toi-même, dans la phrase prépare toi, toi-même, pour l’étude de la Thora). «Ne te contente pas de soutenir financièrement ceux qui étudient la Thora, car même si tu acquiers ainsi une part dans leur étude, c’est seulement en étudiant toi-même, que dans la tombe, tes lèvres continueront à prononcer des paroles de Thora La part acquise grâce au soutien financier de ceux qui étudient n’est pas considérée comme un héritage.Ce qui signifie que cette Thora ne se perpétuera pas de la même façon que celle que l’on étudie personnellement. » (Rouah ‘Haïm ibid.)
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