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Page 2 sur 3 La Yéchiva, un état d’esprit (2 ème partie) Par Rav Eliahou Elkaïm  Cette semaine, nous allons tenter de pénétrer un monde parfois inconnu, celui de la Yéchiva. Le seul endroit au monde où l’on peut discerner la volonté de D.ieu… «Il disait: ‘Multiplier la chair, c’est multiplier les vers multiplier les richesses, c’est multiplier les soucis multiplier les femmes, c’est multiplier la sorcellerie multiplier les servantes, c’est multiplier la débauche multiplier les esclaves, c’est multiplier les vols. Multiplier la Thora, c’est multiplier la vie multiplier l’audience, c’est multiplier la sagesse multiplier les conseils, c’est multiplier l’intelligence multiplier la charité, c’est multiplier la paix. Acquérir un bon renom, c’est acquérir pour soi-même acquérir la connaissance de la Thora, c’est acquérir la vie du Monde futur.’» (Chapitre 2, Michna 4) Nous poursuivons donc cette semaine notre développement sur les mots de Hillel: «Multiplier l’audience, c’est multiplier la sagesse». La semaine dernière, nous avons découvert ce que recouvre le concept de sagesse pour Hillel: une formation de l’esprit qui se fait en trois temps. d’abord par la transmission du maître, qui apporte sa sagesse. ensuite par ce que l’on appelle ‘Dibouk ‘haverim’, l’affinement de l’esprit amené par l’étude en groupe. enfin, par l’enseignement que les élèves apportent au maître grâce à leurs questions et leur vision des choses… Ce concept de sagesse est intimement lié à celui de Yéchiva. Comment? Pour le comprendre, il faut d’abord découvrir l’origine et le sens du terme yéchiva. Par la bouche de tes enfants Deux textes de nos maîtres vont nous apporter un premier éclairage. «Rabbi ‘Hama bar ‘Hanina dit: ‘Depuis le début de leur histoire, nos ancêtres (étaient attachés) à la Yéchiva. Lorsqu’ils étaient en Egypte, la Yéchiva étaient avec eux. Dans le désert, la Yéchiva était présente. Abraham notre aïeul était un ancien qui fréquentait la Yéchiva Isaac aussi Yaakov aussi Eliezer, le serviteur d’Abraham était lui aussi attaché à la Yéchiva.’» (Talmud Yoma 28b) Rabbénou Hanaël (l’un des derniers sages de l’époque des Gaonim), précise dans son commentaire que le concept d’«ancien fréqentant la Yéchiva» (zaken veyochev bayéchiva) a pour signification que la présence divine (che’hina) reposait sur celui qui fréquente la Yéchiva. Un deuxième texte du Midrach Tan’houma: «(…) Car D.ieu a conclu son alliance avec Israël seulement sur la loi orale (Thora che béalpé). C’est ainsi que nos maîtres ont interprété le verset dans l’Exode: «Car c’est sur la base (al pi, qui peut se lire al pé) de ces paroles que J’ai conclu mon alliance avec toi et avec Israël» (Exode 34-27) Il s’agit donc de la loi orale qui constitue le fondement de l’alliance entre D.ieu et Son peuple. Pourtant, cette loi orale est l’objet de bien des souffrances (dues l’investissement intellectuel intense qu’elle implique, n.d.l.r). Elle est même comparée à l’obscurité, comme il est écrit: «Le peuple qui marchait dans l’obscurité verra une grande lueur» (Isaïe 9-1) Il s’agit de ceux qui se sont investis dans l’étude du Talmud, et qui verront une grande lumière. Car D.ieu leur ouvre les yeux pour découvrir ce qui est permis et ce qui est interdit, ce qui est pur et ce qui est impur. D.ieu a également contracté une alliance avec Israël, qui fera que la loi orale ne sera jamais oubliée, traversant les générations jusqu’à la fin des temps, comme l’exprime le verset: «Quand à moi, dit l’Eternel, voici quel est mon pacte avec eux Mon inspiration qui repose sur toi (le prophète, n.d.l.r.) et les paroles que J’ai mises en ta bouche ne doivent pas s’écarter de ta bouche, ni de la bouche de tes enfants, ni de celle des enfants de tes enfants, ni à présent ni dans le futur et jusqu’à la fin des temps» (Isaïe 59-21) C’est pour préserver ce pacte que D.ieu a institué deux Yéchivot principales en Israël, où les étudiants méditaient jour et nuit, et où tous les maîtres en Thora, venus de tout le pays, délibéraient deux fois par an, en Adar et en Elloul. Au cours de ce que l’on appelle la «guerre de la Thora» (mil’hamta chel Thora), chacun apportait ses arguments, les preuves de son raisonnement tiré des Ecritures: de la Michna et du Talmud. C’est ainsi que les sujets sont traités jusqu’à ce qu’ils soient réglés, et que la solution soit découverte. Ainsi, le peuple d’Israël ne trébuche pas dans les sujets légaux (hala’ha) comme l’exprime le verset: «Un grand bonheur attend ceux qui aiment Ta loi pour eux, point de chute» (Psaumes 119-165) «Que l’Eternel donne la force à son peuple! Que l’Eternel bénisse son peuple par la paix» (Psaumes 29-10) Ces deux Yéchivot n’ont jamais souffert de la captivité, ni à être contrainte au parjure, ni même à subir des dommages matériels, et n’ont jamais dû supporter l’emprise de Yavan (les Grecs) ni de Edom (les Romains). D.ieu les a fait sortir de Jérusalem, avec leur Thora et leur connaissance, douze ans avant sa destruction.» (Midrach Tan’houma Parachat Noa’h) On le voit, la Yéchiva existait déjà à l’époque des patriarches, et elle est intimement liée à l’existence du peuple juif et à une alliance inaltérable avec D.ieu. Le texte du Midrach Tan’houma nous permet de mieux comprendre le sens profond de la Yéchiva: c’est en elle, est seulement en elle que l’on trouve la réponse à toutes les questions de hala’ha, dans toute leur subtilité. La substance du concept de Yéchiva réside en un travail acharné de recherche, où se confrontent les esprits les plus aiguisés en Thora. C’est l’endroit où ceux qui se lient à la loi orale, loi dont D.ieu veut qu’elle soit l’apanage du peuple juif à travers les âges, forgent leurs connaissances et leur raisonnement.
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