Une cérémonie particulièrement émouvante a eu lieu mercredi au lycée Jean de La Fontaine, dans le 16e arrondissement de Paris, en présence d’une foule nombreuse.

Une plaque en souvenir de jeunes adolescentes juives qui ont fréquenté l’établissement pendant la Seconde Guerre mondiale vient d’être inaugurée. Elles ont été déportées dans des camps de concentration et assassinées par les Nazis.

La plaque qui vient d’être apposée à l’entrée du lycée porte l’inscription suivante, en lettres dorées sur fond noir : « Arrêtés par la police du gouvernement de Vichy, complice de l’occupant nazi, plus de 11 400 enfants furent déportés de France de 1942 à 1944 et assassinés dans les camps d’extermination parce qu’ils étaient nés juifs. Plus de 100 enfants vivaient dans le 16e arrondissement.

Ont fréquenté ce lycée : Gabrielle Ascher, 15 ans, Berthe Bauman, 16 ans, Anna Janowski, 14 ans, Louise-Hélène Pikovsky, 16 ans, Lucie Pikovsky, 12 ans, Hélène Poulik, 16 ans. Habitaient le quartier : Francine Azoulay, 15 ans, Dinura Biberman, 17 ans. Ne les oublions jamais ».

Il y a quelques mois, une journaliste de la chaîne d’informations France 24, Stéphanie Trouillard, avait consacré un reportage poignant à l’une de ces élèves, Louise Pikovsky, jeune fille extrêmement brillante, sous le titre : « Si je reviens un jour ». C’est une des phrases de la dernière lettre qu’elle a adressée le 22 janvier 1944 à son professeure de lettres, Melle Malingrey, avec laquelle elle échangeait une correspondance régulière.

Elle venait alors d’être arrêtée avec sa famille. Elle devait plus tard être déportée avec ses parents et ses frères et sœurs à Auschwitz où ils ont tous été assassinés. Ses lettres ont été retrouvées en 2010 par une enseignante de mathématiques, Christine Lerch, dans une vieille armoire lors d’un déménagement au sein de l’école. Une autre professeure, Khalida Hatchy, a voulu ensuite reconstituer le parcours de la jeune fille.

Mais Melle Malingrey, décédée en 2004 à l’âge de 98 ans, avait déjà rendu un hommage vibrant à sa jeune élève en 1988 à l’occasion du 50e anniversaire du lycée. Elle avait remis les lettres de l’adolescente et avait évoqué son souvenir dans un petit livret.

Claire Dana-Picard