Les Meshi Zahav, issus d’une famille orthodoxe de Méa Shéarim qui vit depuis onze générations à Jérusalem, ne laisseront pas de surprendre.

Après le père, Yehouda Meshi-Zahav, fondateur et président de l’organisation de secours Zaka, qui a totalement modifié ses vues en renonçant à sa lutte contre l’Etat et en œuvrant pour un rapprochement entre religieux et laïques, le fils, Natanael, vient d’être nommé à un poste d’officier au sein de l’armée, dans le cadre d’une unité orthodoxe de parachutistes créée il y a moins d’un an.

Le père du soldat n’a pas hésité à dire publiquement qu’il était ‘fier de son fils’ et a même publié une photo du jeune homme en uniforme.

Avant d’allumer le flambeau de Yom Haatsmaout, en 2003, Yehouda Meshi-Zahav, qui a deux fils à l’armée, avait raconté l’événement qui avait causé chez lui un tel changement.

Il s’agit de l’attentat perpétré en 1989 dans un autobus de la ligne 405 en face de la Yeshiva de Telshe Stone, sur la route Tel Aviv-Jérusalem. Un terroriste avait attaqué le chauffeur et provoqué la chute du véhicule dans le ravin. Cette attaque avait causé la mort de 16 passagers et 27 autres avaient été blessés.

Meshi Zahav, présent sur les lieux, avait été traumatisé en voyant les corps ensanglantés des victimes et en entendant les cris des personnes bloquées dans les ruines de l’autobus. Il avait aussi été bouleversé par les pertes subies par de nombreuses familles ‘brisées par ce drame’.

Il a indiqué : « J’ai alors compris que les controverses entre nous n’avaient pas d’importance, que peu importait quelle Kipa chacun portait sur sa tête et de quels vêtements on était vêtu. Tout cela semble insignifiant face à la vraie guerre que nous devons affronter ». Il a ensuite ajouté : « L’ennemi arabe ne fait aucune différence entre le sang d’un Juif orthodoxe et celui d’un Juif laïque ou d’un sioniste religieux. La douleur est la même pour tous ».

Claire Dana-Picard