La parachath Ki tissa est consacrée pour une grande partie à la destruction par Moïse des premières Tables de la loi et à la confection des secondes.

De nombreux commentateurs se sont interrogés sur la forme de ces Tables, et nous rapporterons ici ce qu’en écrit Rachi à propos du verset : « Tes deux seins sont comme deux faons jumeaux d’une gazelle, qui paissent parmi les lis » (Cantique des cantiques 4 , 5).

Les « deux seins » en question, explique Rachi, ce sont les deux Tables de la loi, équilibrées l’une par rapport à l’autre : Cinq commandements sur l’une et cinq autres sur la seconde :

Le premier commandement (« Je suis Hachem, ton Dieu… ») fait face à « Tu ne tueras point », car le meurtrier porte atteinte à l’image de Hachem que représente l’être humain. En effet, « qui verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé, car Hachem a créé l’homme à Son image » (Berèchith 9, 6).

« Tu n’auras pas d’autres dieux » fait face à « Tu ne commettras pas d’adultère » : La femme adultère abandonne son mari, tout comme l’adorateur d’idoles délaisse Hachem.

« Tu n’invoqueras pas le Nom de Hachem en vain » correspond à « Tu ne voleras pas », car le voleur finira par prononcer des faux serments.

« Souviens-toi du jour du Chabbath » correspond à « Tu ne prononceras pas contre ton prochain un témoignage de mensonge ». Profaner le jour du Chabbath revient à porter contre Hachem un faux témoignage comme pour alléguer qu’Il ne s’est pas reposé le Chabbath de la Création.

« Honore ton père et ta mère » renvoie à « Tu ne convoiteras pas », car celui qui convoite finira par donner naissance à un fils qui le maltraitera et qui honorera un autre que son père.

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Haftarath parachath Para ¬– Une pureté retrouvée

Au début de la haftara, le prophète s’adresse aux enfants d’Israël : « Fils d’homme, la maison d’Israël habitait sur sa terre, et ils l’ont rendue impure par leur voie et par leurs actions ; comme l’impureté d’une nidda  leur voie a été devant Moi » (Ezéchiel 36, 17).

Radaq commente ce verset en lui attribuant une signification symbolique. La relation entre Hachem et Son peuple, lorsqu’elle est rompue, peut être réparée. De la même manière que la femme impure rituellement doit se séparer de son mari et retourner à lui après qu’elle s’est purifiée, de même Israël retrouvera-t-il Hachem après qu’auront pris fin ses souillures.

Hachem a institué le rituel de la vache rousse pour purifier ceux qui sont atteints d’une impureté physique, mais a-t-Il également annoncé un état de pureté morale et spirituelle qui permettra leur salut ?

La réponse se trouve un peu plus loin, au verset 25 : « Je répandrai sur vous de l’eau pure, et vous serez purs ; de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles Je vous purifierai. »

De même, explique encore Radaq, que l’immersion dans un miqwé et que l’aspersion d’eau créent un état de pureté, de même la pureté spirituelle vous sera acquise par le pardon.

Cette pureté retrouvée est décrite par les versets suivants : « Je vous donnerai un cœur nouveau, Je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau ; J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, et Je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai Mon esprit au dedans de vous, et Je ferai que vous marchiez dans Mes statuts, et que vous gardiez Mes ordonnances et les pratiquiez. Vous habiterez dans le pays que J’ai donné à vos pères, et vous serez Mon peuple, et Moi Je serai votre Dieu » (versets 26, 27 et 28).

Jacques KOHN zal.