Après la mort de Nadav et Avihou, il est devenu interdit à Aaron et à ses descendants de « boire ni vin ni boisson enivrante à leur venue dans la tente d’assignation » (Wayiqra 10, 9), et cette défense a été répétée par Ezéchiel (49, 21).

Aujourd’hui encore, le kohen n’a pas le droit de boire du vin ou une autre boisson enivrante avant la bénédiction sacerdotale (Kitsour Choul‘han ‘aroukh 100, 3).
Pourquoi est-ce précisément à ce moment-là qu’a été promulguée cette interdiction ?
Bethsabée, dans ses ultimes recommandations à son fils Salomon, l’a exhorté à « donner de la boisson forte à celui qui va périr, et du vin à ceux qui ont l’amertume dans le cœur » (Proverbes 31, 6).

De là vient l’usage d’offrir du vin aux endeuillés afin d’alléger leur tristesse.
Mais ce qui est recommandé comme une règle générale ne l’est pas pour les kohanim dans l’exercice de leurs fonctions. Voilà ce que vient nous notifier la Tora (D’après Vedibarta bam).
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Haftarath parachath Para ­– Un cœur nouveau
Le message d’Ezéchiel contenu dans la haftara de la parachath Para contient des versets peu encourageants. Il annonce, certes, la libération d’Israël de son exil, mais les circonstances de sa délivrance sont très peu prometteuses. Comme beaucoup d’autres prophètes, Ezéchiel considère que l’exil d’Israël a été causé par ses péchés. Nos souffrances ne s’effaceront pas, cependant, par notre repentir ou nos bonnes actions.

Hachem ne nous sauvera que parce que notre séjour en exil est en lui-même une profanation de Son nom. En d’autres termes, l’exil d’Israël est pour Lui une cause d’embarras : « Ils vinrent chez les nations où ils sont venus, et ils profanèrent Mon saint Nom, en ce qu’on disait d’eux : C’est ici le peuple de Hachem, et ils sont sortis de son pays » (Ezéchiel 36, 20), et le prophète d’ajouter : « Je me suis ému pour Mon Saint nom, que la maison d’Israël a profané parmi les nations où ils sont venus » (36, 21).
Ezéchiel est pessimiste quant à la capacité du peuple juif de changer de son propre chef. Sa libération ne sera obtenue qu’avec une aide divine. Hachem restaurera d’abord son identité nationale (36, 24 : « Je vous prendrai d’entre les nations, et Je vous rassemblerai de tous les pays, et Je vous amènerai sur votre terre »), et ce n’est qu’ensuite qu’Il le fera se rapprocher de lui : « Je vous donnerai un cœur nouveau, et Je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau ; et J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, et Je vous donnerai un cœur de chair » (36, 26).

Il existe cependant un Midrach qui atténue quelque peu la rigueur de cette prophétie : « Lorsque le peuple a appris que Hachem avait pardonné le péché du veau d’or et qu’Il avait demandé qu’on lui construise un Tabernacle pour résider en son sein, il se réjouit grandement et apporta avec enthousiasme tout son argent. Et c’est parce que les enfants d’Israël ont contribué de tout leur cœur et de toute leur âme, qu’Il a décidé d’implanter en eux un nouveau cœur et un esprit, ainsi qu’il est écrit : « Je vous donnerai un cœur nouveau, et Je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau… » (Midrach ha-gadol sur Chemoth 35, 20).
Jacques KOHN zal