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Parmi les grandes personnalités rabbiniques qui servirent les communautés juives d’Europe de l’Est au dix-neuvième siècle, Rav Naftali Tsevi Yehouda Berlin – le Netsiv – fut la figure emblématique de la «peine» et du travail acharné dans la Tora. Toute sa vie, depuis ses premières années, fut une succession ininterrompue de persévérance et d’acharnement dans la Tora. Lors d’une fête de Soukoth, le Netsiv remarqua que Rav ‘Hayim Soloveitchik – mari de sa petite-fille – renâclait à utiliser son ethrog («cédrat»). Il lui demanda de s’en expliquer. Rav ‘Hayim lui répondit que le ethrog provenait d’Erets Yisrael et que l’on était à l’issue d’une année de Chemita. Bien qu’il ait été cultivé sur un terrain appartenant à un non-Juif, c’était bel et bien un ethrog de Chemita et il préférait s’abstenir de prononcer dessus la bénédiction d’usage. «S’il en est ainsi, réagit le Netsiv, le même problème se pose pour moi.» Sur ce, il rentra chez lui. Au milieu de la nuit, un élève de la yechiva de Volozhin vint frapper à la porte de Rav ‘Hayim. «Votre grand-père vous appelle…» Effrayé au plus haut point, Rav ‘Hayim s’habilla aussi rapidement que possible et, le cœur battant la chamade, s’empressa d’aller chez le Netsiv, qu’il trouva absorbé dans une pile de livres. Quand celui-ci l’aperçut, il lui livra tout ce qu’il avait appris sur un tel ethrog; il tenta de lui démontrer sa parfaite cacherouth et de lui enlever tous ses doutes. Rav ‘Hayim l’interrompit poliment, pour lui signaler qu’il n’avait pas encore prononcé la bénédiction de la Tora – qui s’impose avant l’étude – et qu’il aimerait donc le faire avant d’entendre les conclusions du Maître. A peine eut-il commencé de réciter la berakha qu’il entendit le Netsiv sangloter et verset d’abondantes larmes. Quand il eut terminé la bénédiction, il s’empressa de lui demander la raison de ses pleurs. «Comment ne pleurerais-je pas alors que le jeune homme que vous êtes et dont nous espérons tant n’est pas assis à étudier la Tora à quatre heures du matin? Vers où la prochaine génération se dirige-t-elle?!» * Des années plus tard, quad Rav ‘Hayim Soloveitchik racontera cette histoire à son fils, Rav Yits‘haq Zeèv, il ajoutera: «On parle habituellement de la régression des générations. Pour ma part, je dis que cette baisse ne se produit pas seulement entre une génération et la suivante, mais au sein de notre génération elle-même – entre le Netsiv et moi-même, par exemple. Celui-ci n’a pas compris comment il est possible d’être un grand maître en Tora si l’on dort à quatre heures du matin, au point qu’il en a pleuré à chaudes larmes!» Et nous, que dirons-nous?…
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