|
Page 2 sur 3 
Si vous marchez selon Mes statuts. (26, 3) A l’époque où Rav Mechoulam Igra servait comme Rav et juge rabbinique à Tismenitz, deux hommes d’une ville voisine vinrent lui demander d’arbitrer le différend qui les opposait. Après avoir écouté attentivement leurs arguments, Rav Mechoullam leur demanda de bien vouloir revenir le lendemain. L’affaire était complexe, leur dit-il, et il devait prendre le temps de bien l’analyser avant d’émettre sa sentence. En sortant de chez lui, les deux plaideurs, estimant qu’ils n’avaient pas le temps d’attendre jusqu’au lendemain, décidèrent de présenter leur cas au Rav de leur ville. Ayant écouté leurs développements respectifs, il leur demanda bien vouloir attendre dans une pièce attenante. Sur ce, le Rav entra dans une autre chambre, lui aussi, et pria Hachem, en sanglotant, de bien vouloir le guider et lui permettre de juger correctement cette affaire d’une grande complexité qui venait de lui être présentée, car il ne savait pas de quelle manière la résoudre, et craignait que cette incompétence ne le fît passer aux yeux de sa communauté comme inapte à poursuivre son activité rabbinique. Du Ciel, ses prières furent entendues, et il eut l’inspiration soudaine de consulter un certain ouvrage de responsae, où figurait exactement la même question ardue. Le rabbin en conçut une immense joie, et s’empressa d’aller trouver les plaideurs et de leur communiquer sa décision. Quelque temps plus tard, les deux hommes durent se rendre une nouvelle fois à Tismenitz. Bien que leur cas eût déjà été jugé, ils se dirent que, par correction, ils devraient quand même aller trouver Rav Mechoulam et entendre ce que lui-même avait décidé et de quelle manière il avait réglé leur litige. Ils vinrent donc le trouver, et commencèrent par s’excuser de n’être pas revenus alors comme il leur avait dit, et lui demandèrent ce qu’il avait statué à leur sujet. Rav Mechoulam leur communiqua sa sentence qui, en tous points, était l’exacte réplique de celle émise par le Rav de leur ville, ce qui fit sourire les deux hommes. Intrigué par leur réaction, Rav Igra leur demanda ce que sa décision avait de drôle. Les plaideurs ne purent se dérober… Ils lui avouèrent donc que, pris par le temps, ils avaient été contraints de soumettre leur cas à tel Rav, qui avait émis exactement la même décision, et ce quelques minutes après les avoir entendus… Rav Mechoulam en fut profondément impressionné. Un Rav capable de trancher une question si complexe avec une telle promptitude est assurément un génie! se dit-il. Il se devait donc de l’honorer et de lui rendre visite. Aussitôt dit, aussitôt fait. Quand Rav Mechoulam arriva auprès de ce rabbin, celui-ci s’empressa de lui demander ce qui lui valait la visite d’un Gaon et Maître de cette stature. Rav Igra lui confia qu’il avait été profondément impressionné par la manière dont il avait si rapidement réglé le différend complexe qui opposait les deux hommes. Le Rav lui confia alors comment les choses s’étaient passées, et que, incapable de régler leur dispute, il avait épanché son cœur vers Hachem pour qu’Il le guide et lui dévoile la décision à rendre. Ayant entendu le fin mot de l’histoire, Rav Mechoulam en perdit son émerveillement, et déclara laconiquement: «Nous tous sommes capables de pleurer pour être guidés, mais la bonne façon d’agir consiste à peiner dans l’étude et l’acquisition de la Tora!» Il prit congé du rabbin et rentra chez lui…
|
|
|