Paracha et Haftara Ki tètsè

– Du yibboum à la ‘halitsa

Il est relativement facile de comprendre la raison que donne la Tora ( Devarim 25, 6) à l’institution du yibboum (« lévirat ») : Il s’agit d’éviter que le nom du mari défunt soit effacé d’Israël.

Celle de la ‘halitsa (« déchaussement ») reste en revanche quelque peu obscure : Que veulent dire le « retrait de la sandale » et le « crachat à la figure » qui forment l’essentiel de la cérémonie à l’issue de laquelle la veuve obtient le droit de se remarier avec qui bon lui semble ?

Selon Rabbeinou be‘hayé ( ad Devarim 25, 9), le retrait de la sandale correspond à l’idée suivante : Aussi longtemps que le frère du mari mort conserve vocation à épouser sa belle-sœur, il en est comme si le défunt mari était encore vivant, puisqu’il peut encore « espérer » avoir une descendance grâce à ce remariage. Mais une fois cet « espoir » déçu, c’est comme s’il mourait une seconde fois. Il faut alors porter son deuil, et le retrait de la sandale, qui doit obligatoirement être en cuir, symbolise ce deuil.

Quant au crachat que lance la veuve en direction de son beau-frère, il exprime le sentiment de mépris éprouvé par celle-ci, comme si elle voulait lui dire : « Puisque tu ne veux pas de moi, tu n’as pas plus d’importance à mes yeux que n’en a ce crachat » ( ‘Hizqouni ad loc .)

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Haftarath parachath Ki tètsè – Des affaires de famille…

 

S’il est vrai que les chiv‘a de-ne‘hmatha , ces sept haftaroth qui sont récitées après le jeûne du 9 av , sont généralement sans rapport avec les parachiyoth auxquelles elles sont associées, on peut remarquer que celle de la parachath Ki tètsè , en seulement dix versets, offre de nombreuses analogies avec celle qu’elle accompagne.

La plupart de ces analogies sont empruntées au domaine de la famille, abondamment traité par la paracha  : Mariage avec la « belle captive » et ses conséquences, calomnie par son mari de la femme mariée …

Israël est comparé à « une femme stérile qui n’a pas enfanté » (Isaïe 54, 1), et à «  une épouse de la jeunesse qu’on a méprisée » (54, 6).

Il est comparé également à une veuve : «  Car tu oublieras la honte de ta jeunesse, et tu ne te souviendras plus de l’opprobre de ton veuvage » (54, 6).

De la même façon, tandis que la paracha contient l’essentiel des règles du divorce ( Devarim 24, 1 et suivants), la haftara , de son côté, rappelle que Hachem est le « mari » du peuple d’Israël (54, 5), et elle annonce qu’après l’avoir « un petit moment abandonné, Il le rassemblera avec de grandes compassions » (54, 7).

Jacques KOHN.

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