L’idée de transférer en Israël les osssements de Rabbi Nahman de Breslav (1772-1810), enterré dans la ville d’Ouman en Ukraine, continue à faire son chemin. Il ne faut pas oublier toutefois que cette position ne fait pas l’unanimité au sein de la Hassidout, certains estimant que la sépulture du Rav doit rester à Ouman.

Les Hassidim qui soutiennent ce projet initié par Israël, qui semble, pour le moment du moins, peu réalisable, ont renouvelé leur campagne d’information. Et parmi leurs initiatives, ils ont diffusé des T-Shirts portant l’inscription suivante : ‘LET MY RABBI GO’ avec le portrait du Rav Israël Ber Odesser, dernière grande figure de cette hassidout décédé en 1994. Au dos du T-Shirt est écrit le nom du ‘Vaad Tsiyoun Rabenou BeEretz Israel’, comité qui œuvre pour que le corps de Rabbi Nahman soit enterré en Terre Sainte.

Le slogan a été choisi pour évoquer l’appel adressé par Moshé Rabénou (Moïse) au Pharaon d’Egypte pour que celui-ci laisse partir les Hébreux : ‘Laisse partir mon peuple’, s’était écrié Moshé.

Le comité a adressé une lettre au chef du gouvernement ukrainien : « Vous feriez ainsi un geste historique de la plus grande importance, est-il indiqué dans la missive, et vous aurez l’honneur de l’accomplir en faveur du peuple juif qui a tant souffert sur le sol ukrainien il y a 70 ans lors des persécutions d’Adolf Hitler. D. merci, le peuple d’Israël est vivant et nous avons eu le mérite en 1948 d’obtenir la reconnaissance de l’Onu et de recevoir la terre d’Eretz Israël ».

Et de souligner : « Rabbi Nahman disait: ‘ma place est uniquement en Eretz Israël’. Rabbi Nahman est enterré à Ouman où 30 000 Juifs ont été massacrés en sanctifiant le nom divin et c’est là-bas qu’il avait choisi d’être inhumé. Maintenant, le moment est venu de le transférer auprès du tombeau du Roi David, David Hameleh’, dont il est le descendant ».

A l’heure actuelle, le gouvernement ukrainien ne semblerait pas disposé à accepter le transfert. Ses représentants auraient déjà dit clairement à des journalistes israéliens qu’ils considéraient que la tombe faisait partie du patrimoine historique national et qu’il n’était donc pas question de la laisser quitter Ouman’.

Claire Dana-Picard