ZEMIROT CHABBAT : LEKHA DODI

Les zemiroth de Chabbath (Lekha dodi)

Les zemiroth nous font parcourir, nous l’avons vu dans notre Introduction, tous les événements qui traversent la journée du Chabbath, depuis son entrée jusqu’à sa sortie.

La première des zemiroth, et la plus connue, est celle qui commence par les mots : Lekha dodi (« Viens, mon bien-aimé, à la rencontre de la jeune mariée… »). Elle ne fait pas partie, il est vrai, des chants qui rehaussent la table familiale, mais elle constitue à la synagogue l’essentiel de l’accueil que nous réservons au Chabbath (qabbalath Chabbath).


 Cet emploi du mot dodi est emprunté au Cantique des Cantiques (Chir ha-chirim), où il figure de façon répétitive, et notamment dans le verset : « Viens, mon bien-aimé (lekha dodi), sortons dans les champs, passons la nuit dans les hameaux » (7, 12).

Ce chant a été composé au XVIè siècle à Safed par le kabbaliste Chelomo Alkabetz, et il s’est répandu très rapidement au sein de la plus grande partie du monde juif.

Rabbi Chelomo ben Moché ha-léwi Alkabetz est né en 1505 à Salonique, comme descendant d’une famille expulsée d’Espagne. Après son mariage, il résida quelque temps à Andrinople (aujourd’hui Edirne, en Turquie), où il étudia aux côtés de rabbi Yossef Karo, l’auteur du Choul‘han ‘aroukh.

Vers l’âge de 30 ans, devenu un Maître en Kabbale, il s’installa à Safed parmi d’autres éminents Kabbalistes comme le Ari-zal, rabbi Moché Cordovéro, rabbi Moché Alchikh, etc.

Chaque vendredi, chacun confessait aux autres ses péchés, puis ils se rendaient ensemble, dans l’après-midi, dans les champs entourant Safed, et c’est là que, en grande cérémonie, ils accueillaient Chabbath.

Le chant de lekha dodi se compose de neuf strophes, dont les huit premières portent des acrostiches du nom de son auteur : Chelomo ha-léwi.

Outre de nombreuses références au Cantique des Cantiques, il contient maints emprunts à des versets du livre d’Isaïe, et dans une moindre mesure à celui de Jérémie et au livre des Psaumes.

Refrain :

Va, mon bien-aimé à la rencontre de la fiancée. Accueillons la venue de Chabbath !

- :- :- :- :- :- :- :-

Strophe N° 1 :

« Garde » et « souviens-toi » [ont été dits] en une seule parole,

[que] nous a fait entendre le Dieu unique.

Hachem est Un, et Son Nom est Un,

pour le Nom, et pour la splendeur et pour la louange.

Commentaire :

Cette première strophe commence par nous rappeler un enseignement talmudique (Roch hachana 27a) qui nous apprend que les mots za‘hor et chamor, qui introduisent le paragraphe consacré à Chabbath dans les deux versions des Dix commandements, ont été prononcés par Hachem d’une seule parole, « chose qu’une bouche ne peut pas émettre, ni une oreille entendre ».

Puis elle revient sur l’Unité de Hachem et de son Nom.

- :- :- :- :- :- :- :-

Strophe N° 2 :

A la rencontre de Chabbath allez et allons,

Car il est source de la bénédiction.

Dès les temps lointains [il a été] consacré,

Fait en dernier, [mais] d’emblée dans la pensée [de Hachem].

Commentaire :

Le chant rappelle ensuite l’accueil du Chabbath à Safed : « Allez et allons à la rencontre du Chabbath ! ». Il est la source de la bénédiction, et la fin de l’oeuvre de création a commencé de s’imprimer dans Sa pensée. En d’autres termes, le Chabbath a depuis toujours été inscrit dans Ses projets.

- :- :- :- :- :- :- :-

Strophe N° 3 :

Sanctuaire du roi, ville royale,

Lève-toi, sors du sein de la ruine !

Il a duré assez longtemps que tu aies séjourné dans la vallée des pleurs,

Et Lui, il éprouvera pour toi de la compassion.

Commentaire :

Le temps de notre séjour dans une « vallée de larmes » n’a que trop duré, poursuit la troisième strophe. Rétablissons le sanctuaire royal dans la ville royale, Jérusalem.

- :- :- :- :- :- :- :-

Strophe N° 4 :

Secoue de toi la poussière, lève-toi !

Revêts les vêtements de ta splendeur, ô mon peuple !

Par le fils de Jessé, de Bethléhem,

Approche de mon âme, son libérateur.

Commentaire :

Cette quatrième strophe commence par une paraphrase de deux versets du livre d’Isaïe : « Secoue de toi la poussière, lève-toi, assieds-toi, Jérusalem ! » (52, 2) et : « Réveille-toi, réveille-toi, revêts-toi de ta force, Sion ! Revêts-toi de tes vêtements de ta splendeur, Jérusalem, ville sainte !… » (52, 1). Elle exprime le souhait que « le fils de Jessé, de Bethléem », c’est-à-dire le roi David et sa descendance dynastique, représentée par le Messie, nous apporte la libération tant attendue. Le dernier hémistiche est calqué sur le verset : « Approche de mon âme, son libérateur ; rachète-moi à cause de mes ennemis ! » (Psaumes 69, 19).

Cette strophe consolatrice, dans beaucoup de communautés, est omise lorsque le Chabbath est jour de fête ou veille de jour de fête, ainsi qu’à Chabbath ‘hol ha-mo‘èd.

- :- :- :- :- :- :- :-

Strophe N° 5 :

Réveille-toi, réveille-toi,

Car ta lumière est venue ! Lève-toi, resplendis !

Dresse-toi, dresse-toi, prononce un chant !

La gloire de Hachem est révélée sur toi.

Commentaire :

Cette strophe contient également plusieurs emprunts au livre d’Isaïe : « Réveille-toi, réveille-toi, lève-toi, Jérusalem, qui as bu de la main de Hachem la coupe de sa fureur, qui as bu, qui as vidé jusqu’au fond le calice de la coupe d’étourdissement ! » (51, 17) ; « Dresse-toi, dresse-toi, revêts-toi de ta force, Sion ! Revêts-toi de tes vêtements de parure » (52, 1) ; et : « Sera révélée la gloire de Hachem, et toute chair ensemble la verra ; car la bouche de Hachem a parlé » (40, 5).

- :- :- :- :- :- :- :-

Strophe N° 6 :

Ne sois pas honteuse, et ne sois pas confuse !

Pourquoi es-tu abattue, mon âme ? Et pourquoi es-tu agitée ?

En toi trouveront refuge les pauvres de mon peuple

Et sera reconstruite la ville sur son monceau.

Commentaire :

Cette strophe, de nouveau, est constituée par de multiples emprunts :

« Ne crains pas, car tu ne seras pas honteuse ; et ne sois pas confuse, car tu n’auras pas à rougir… » (Isaïe 54, 4).

« Pourquoi es-tu abattue, mon âme, et es-tu agitée au dedans de moi… » (Isaïe 42, 6 et 42, 12).

«  Et les pauvres de son peuple y trouveront un refuge… » (Isaïe 14, 32).

« Ainsi dit Hachem : Voici, je rétablirai les captifs des tentes de Jacob, et j’aurai compassion de ses demeures ; et la ville sera bâtie sur son monceau, et le palais sera habité selon sa coutume » (Jérémie 30, 18).

- :- :- :- :- :- :- :-

Strophe N° 7 :

Ceux qui te dépouillent seront dépouillés,

Et seront éloignés tous ceux qui te dévorent.

Se réjouira en toi ton Dieu

Comme se réjouit le fiancé en la fiancée.

Commentaire :

Cette septième strophe continue de faire de  nombreux emprunts à des versets bibliques :

« … Et ceux qui te dépouillent seront dépouillés » (Jérémie 30 16).

« … Et seront éloignés ceux qui te dévoraient » (Isaïe 49, 19).

« … Et de la joie que le fiancé a de sa fiancée, ton Dieu se réjouira de toi » (Isaïe 62, 5).

- :- :- :- :- :- :- :-

Strophe N° 8 :

A droite et à gauche tu t’étendras,

Et Hachem tu révéreras.

Par la main de l’homme, fils de Pérets,

Et nous nous réjouirons et nous exulterons.

Commentaire :

 « A droite et à gauche tu t’étendras » (voir Isaïe 54, 3) annonce la huitième strophe, grâce à « l’homme, fils du Partsi ». Elle nous promet, en d’autres termes, la venue de la royauté de David, lequel descendait de Pérets, fils de Juda.

- :- :- :- :- :- :- :-

Strophe N° 9 :

Viens en paix, couronne de son mari,

Aussi dans la joie et dans la félicité,

Au milieu des fidèles du peuple élu,

Viens, fiancée, viens, fiancée !

Commentaire :

Chaque vendredi, rabbi Yannaï  endossait ses plus beaux habits et se portait à la rencontre de la « fiancée Chabbath » en chantant : Boï khala, boï khala (« Viens, fiancée ») (Chabbath 119a).

Cette strophe rend hommage à « la couronne de son mari », image empruntée à Proverbes 12, 4. L’auteur veut nous apprendre par là que la reine Chabbath est comme la couronne du Saint béni soit-Il, appelé également chalom, présenté ici comme son mari.

Il est d’usage dans beaucoup de communautés de se tourner vers la porte de la synagogue en chantant cette dernière strophe. On marque ainsi symboliquement l’accueil du Chabbath, qui attend sur le seuil qu’on l’invite à entrer (voir Michna beroura ad Ora‘h ‘hayyim 262, 3).

On notera qu’il existe de légères variantes dans le texte de Lekha dodi. Certains siddourim proposent cinq strophes supplémentaires, également attribuées à rabbi Chelomo Alkabetz, et ajoutent à la fin de la dernière d’entre elles les mots : Boï kalla Chabbath malketha.

(à suivre)

Jacques KOHN

Reste des articles

Congrès des journalistes juifs à Jérusalem

Le congrès des journalistes juifs a ouvert ses portes dimanche matin à Jérusalem. Il est organisé conjointement par le bureau de la presse gouvernemental, le ministère de la Diaspora et le ministère des Affaires étrangères.

Le chef terroriste Marwan Barghouti en tête aux élections du Fatah

Le choix des électeurs palestiniens en dit long sur la tendance qui prédomine au sein de la population arabe de Judée-Samarie et Gaza.

Plus que quelques jours... Aidez nous à vous aider

Chers amis,

Les Institutions Bnei Torah diffusent la Torah, en France, en Israel et dans le monde entier. Grâce aux moyens de communication aujourd’hui à notre disposition, nous avons pu créer ce qui constitue aujourd’hui notre véritable réseau: Chiourim.com, Guemara.com et Techouvot.com et nos applications mobiles offrent une diversité illimitée de cours, de responsæ, de développements et réflexions sur tous les sujets.

Pour répondre à la demande continuellement grandissante, plusieurs sites sont actuellement en cours de refonte: le calendrier hébraïque, le site mobile Chiourim.com, l'application mobile... et nous déployons des efforts au-delà de nos moyens pour donner satisfaction à nos frères toujours plus nombreux que ces sites guident quotidiennement.

Votre aide nous est indispensable pour continuer de diffuser la Torah en France et dans le monde. Nous comptons sur votre soutien pour poursuivre cette immense entreprise, dont le mérite nous reviendra à nous tous !

Soutenez un de nos projets en particulier pour la réussite, l'élévation de l'âme ou la guérison d'un de vos proches et votre nom sera mentionné.

Pour ceux qui utilisent l'application appuyer sur l'onglet "A propos"

Contactez-nous pour parler au Rav Dov Roth-Lumbroso au 02 374 22 22 depuis Israël ou au 01 42 40 48 05 depuis la France

 
JUSQU'AU 31 DECEMBRE 2016, FAITES UN DON ET BENEFICIEZ DE DEDUCTIONS FISCALES EN 2016

 
Pour un don de 100 euros, par exemple, tout donateur redevable de l'impôt sur le revenu peut déduire de cet impôt 66 % du montant de son don (dans la limite de 20 % de son revenu imposable), soit 66 euros, pour ne plus coûter que 34€ !
 
Rav Dov Roth-Lumbroso

 
 
Quelques moyens pour nous aider:
 
 
1. Par Paypal
 
2. Par carte bancaire 
 
3. Par Chèque:
- Depuis la France Association Bnei Torah 193 Avenue Jean Jaures 75019 Paris
- Depuis Israël: Bnei Torah/ Derech Laolim 32 King George Jérusalem
 
 
Un reçu Cerfa vous sera délivré à partir de 20 Euros
Indiquez vos dédicaces dans les remarques du paiement paypal ou par mail à contact @chiourim.com
 

Nouveau drame de la route

Un très grave accident a eu lieu dans la nuit en Galilée, sur la route 79 près de la localité de Tsipori. Un homme et deux femmes, d’une trentaine d’années, ont été tués et cinq autres personnes ont été blessées. Parmi elles, une enfant de 3 ans grièvement atteinte.

La Yeshivat Kamenitz fête ses 120 ans !

La Yeshivat Kamenitz va célébrer ses 120 ans. Les festivités, prévues dans quelques jours, auront lieu à la date anniversaire du décès du Rav Boruch Ber Leibowitz zts’l, fondateur de l’institution.

HANOUKA : Un haut message d'éducation

Si la fête des lumières porte le nom de ‘Hanouka, c’est parce qu’une nouvelle « inauguration » du Temple de Jérusalem eut lieu à cette période. Il est néanmoins indéniable que cette fête recèle également d’édifiants messages relatifs à l’éducation [‘hinou'h].

Ce postulat se fonde sur une affirmation du Sfat Emet : « Le nom de ‘Hanouka est tiré du verset : ‘Eduque [‘hano'h] l’enfant selon ses dispositions’ (Proverbes, 22,6) ». En substance, le Sfat Emet explique dans ce texte (commentaire sur ‘Hanouka, année 5654) que la Torah fut donnée à la génération du désert dont les membres furent préparés et conditionnés pour la recevoir.

VAYETSE : La double demeure d'Israël, par le Grand rabbin 'Haïm Yossef Sitruk

Nous poursuivons la saga des patriarches avec le départ de Yaacov qui quitte Eretz Israël pour se marier en se rendant donc à 'Haran. La Guémara de Kétoubot déduira de là que l’on ne peut quitter la terre d’Israël que pour se marier ou pour une raison matérielle urgente liée à la " parnassa " (la subsistance économique personnelle).
Et voilà qu’après avoir fondé sa famille et après avoir connu le bonheur de la naissance de Yossef, le premier fils de Rahel, Yaacov demande à revenir en Eretz Israël.

Savoir bien choisir le prénom de son enfant !

Dans la paracha Vayetsé, la Torah nous relate dans notre histoire collective comment est né le peuple d’Israël. En effet, en obéissant aux injonctions de ses parents, Yaacov se rend dans la famille de sa mère pour prendre femme et construire son foyer. Il s'agit en fait de la naissance de chacune des tribus d'Israël - à l’exception toutefois de Binyanim qui viendra plus tard et dont la naissance provoquera la mort de Ra'hel.

Sondage : Likoud et Yesh Atid à égalité

Le Likoud, qui était largement en tête lors des dernières élections, aurait désormais un concurrent de taille, selon un sondage réalisé pour la seconde chaîne de la télévision israélienne, Aroutz 2, par l'Institut Midgam dirigé par Mina Tsemah' et Manu Gueva.

Décès du Rav Goldstein, Rosh Yeshivat Hatefoutsot

Le Rav Mordehaï Goldstein, Rosh Yeshivat Hatefoutsot, est décédé en fin de semaine des suites d’une longue maladie qui l’avait immobilisé sur une chaise roulante ces dernières années. Il était âgé de 82 ans.