L'hostilité de l'UNESCO à Israël : un patrimoine historique

L'admission du 195e membre de l'UNESCO, la « Palestine », le 31 octobre dernier, n'a pas surpris grand monde en Israël. Après plus de trente ans de résolutions anti-israéliennes, souvent accompagnées de distorsions de l'histoire, le récent vote a plutôt été considéré comme la dernière pierre d'un édifice entièrement dédié à la disparition du patrimoine et de la culture juive en terre d'Israël.

Le journal Hamodia revient sur 60 ans de relations plus que tendues entre Israël et l'organisation onusienne qui entend promouvoir l'éducation, la science et la culture à travers le monde.
L'UNESCO sera donc allée jusqu'au bout de ses convictions : voici déjà plus d’une quarantaine d'années que l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture adopte des résolutions, vote des condamnations et falsifie l’histoire afin de l'adapter à un narratif très viscéralement anti-israélien. Jugez plutôt :

Israël rejoint l'UNESCO en 1949. Mais c’est en 1969 qu’il écope de sa première condamnation, à la suite de l'annexion de Jérusalem-Est, libérée durant la guerre des Six Jours. L'UNESCO dénonce « une situation résultant d'un coup de force », une « occupation illégitime » et une tentative de « modifier le statut de Jérusalem ». En vertu de cette prise de position, Israël est écarté de l'organisation en 1974, accusé d'avoir procédé à des fouilles archéologiques interdites sur le mont du Temple. Le contrôle israélien sur la Jérusalem unifiée est qualifié de « crime culturel contre l'humanité ». En parallèle, l'UNESCO accorde à l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) le statut d'observateur ce qui lui confère un droit de parole durant les conférences.
L'UNESCO vote, la même année, le boycott de l’aide accordée à l'État d'Israël dans les domaines éducatif, culturel et scientifique « du fait de l’altération persistante des paramètres historiques de Jérusalem ». En 1976, la conférence générale annonce qu'Israël a « pris la responsabilité de mettre en doute la sincérité de son désir de participer à la communauté des États membres et ce faisant, de s'exposer à l'isolement ». Il faudra attendre 1978 pour qu'Israël soit « réhabilité », grâce aux pressions exercées par les États-Unis qui, déjà, menacent de couper les vivres à l'UNESCO si elle refuse de réintégrer Israël. Les 40 millions de dollars de soutien financier américain agissent comme par miracle et l'UNESCO ravale sa fierté.
En 1984, plusieurs pays, dont les États-Unis et la Grande-Bretagne menacent de quitter l'UNESCO si celle-ci persiste à mener sa « guerre culturelle contre Israël et l'Occident », ce qui n'empêche pas l'organisation de réitérer en 1989 sa condamnation de « l'occupation de Jérusalem par Israël », accusé de « détruire la ville par ses actes d'ingérences, de destructions et de transformations ». En réaction, le maire de Jérusalem, Teddy Kollek, exprime son profond « dégoût ».
En 1995, l'ONU célèbre son cinquantième anniversaire. L'UNESCO adopte une résolution marquant cette date et la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais refuse, malgré les demandes insistantes d'Israël, de faire référence à la Shoah.
Début 1996, le Waqf, autorité musulmane chargée des lieux saints, commence à détruire systématiquement tout vestige de la présence juive sur le mont du Temple. Des excavations illégales, visant à préparer la construction d'une nouvelle mosquée sur le site de ce qui est communément appelé les « Écuries de Salomon », sont réalisées sans la moindre surveillance d'experts ou d'archéologues. L'UNESCO reste muette. Même silence en 2000, lorsque le tombeau de Yossef est profané et aussi en 2005, lorsque les synagogues du Goush Katif sont rasées ou transformées en étables après le retrait israélien.
En 1996, l'UNESCO organise un symposium sur Jérusalem à Paris. Aucun représentant israélien n'est convié. Mais cette « 'impolitesse »' n'est rien face au camouflet retentissant qu'elle fera subir à Israël en 2009 lorsqu'elle déclare Jérusalem « capitale de la culture arabe ». En 1998, une délégation de l'UNESCO se rend à Jérusalem, mais refuse de rencontrer le moindre officiel israélien.
Cette politique d' '' arabisation '' des sites saints juifs se poursuit en 2010, lorsque la Tombe de Ra'hel à Bethléem et la Méarat Hama'hpéla (Caveau des Patriarches), à Hévron, sont désignées comme des « mosquées ». Kever Ra'hel est ainsi nommé « Bilaal Bin Raba'h » et la Méarat Hama'hpéla Al 'Haram Al Ibrahimi. Pour l'UNESCO, il faut à tout prix empêcher l’État d'Israël d'intégrer ces deux lieux saints dans la liste de son patrimoine culturel et historique. Régissant à ces résolutions, le Premier ministre, Binyamin Nétanyaou affirme alors : « Il est regrettable qu'une organisation dont l'objectif est de promouvoir le patrimoine de lieux historiques dans le monde tente pour des raisons politiques de déraciner le lien qui unit le peuple d'Israël et son patrimoine. Si un site où sont enterrés depuis plus de 4 000 ans les pères et les mères du peuple juif ne fait partie du patrimoine du peuple juif, alors qu'est-ce qui en fait partie ? »
Une des résolutions adoptées par l'ONU, lors de cette conférence de 2010, indique que toute action menée par Israël dans les territoires palestiniens est illégale du point de vue du droit international. Une autre s'engage à envoyer des émissaires spéciaux en Israël et dans les territoires palestiniens, chargés de faire part des violations israéliennes. Enfin, l'UNESCO renouvelle son « inquiétude » face aux fouilles archéologiques massives perpétrées par Israël sur le mont du Temple, fouilles purement fictives, est-il besoin de le préciser.
Enfin, toujours en 2010, l'UNESCO convertit de force le Rambam (Maïmonide) à l'islam (!) lorsque, dans un rapport sur l’histoire de la science dans le monde arabe, elle cite rabbi Moché Ben Maïmon, rav, philosophe, médecin et scientifique de renom, rebaptisé pour la cause « Moussa ibn Maimon » et désigné comme musulman !
L'entrée de la « Palestine » dans le club des États membres de l'UNESCO est la conclusion la plus naturelle qui soit à plus de quarante ans de politique anti-israélienne à peine dissimulée. Le temps est peut-être venu pour Israël de claquer la porte de cet organisme qui a depuis longtemps choisi son camp, de renoncer à ses budgets et, par la même occasion, à ses éternelles critiques...Par Laly Derai,en partenariat avec Hamodia.fr

 

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