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La précision de la Torah Chaoul : Peut-on prouver “historiquement” la Révélation du Sinaï; ? El‘hanan : Permets-moi de te répondre par une autre question : existe-t-il, à ton avis, des événements passés ou des hommes ayant vécu à des époques lointaines que tu puisses considérer comme des faits objectifs, ou comme des personnalités ayant existé et agi dans la réalité effective ? Chaoul : De nombreux événements et hommes sont perçus par les chroniqueurs comme des faits historiques avérés et nous autres, à leur suite, les considérons également comme tels. El‘hanan : Peux-tu citer quelques-uns de ces personnages ou événements perçus par les historiens comme des faits incontestés ? Chaoul : Alexandre le Grand, George Washington, les guerres napoléoniennes… El‘hanan : Comment les chroniqueurs savent-ils qu’un événement s’est réellement produit ? Prends le plus formel, celui qu’ils considèrent comme ne pouvant aucunement être mis en doute, et examine les raisons pour lesquelles les hommes de science sont convaincus qu’il a assurément eu lieu. Dénombre les critères auxquels l’événement en question doit répondre pour être jugé comme formel, et je m’engage moi-même à démontrer trois choses : 1. Que ces critères sont tous réunis dans la “Révélation sinaï;tique”. 2. Qu’aucun événement historique ne répond à ces critères aussi intensément que la Révélation. 3. Qu’il existe d’autres raisons en vertu desquelles il y a lieu de considérer la Révélation comme un événement historique irrécusable – raisons qui ne s’appliquent à aucune autre occurrence. Sais-tu quels sont ces critères ? Chaoul : Avant tout : une continuité historique intensive. En d’autres termes, une information qui se déverse de manière ininterrompue par des canaux de transmission nombreux, variés et indépendants les uns des autres. 2. L’événement en question s’est produit en présence de nombreux témoins. 3. Des documents, ou pièces à conviction – apparaissant généralement dans les fouilles archéologiques – certifient l’événement, tout comme la confrontation des informations émanant de sources diverses. El‘hanan : Eh bien, nous verrons que la Révélation et les événements décrits par la Torah répondent à toutes ces conditions, et ce avec une intensité inégalable. Le syndrome du “téléphone cassé” Chaoul : Comment donc la Torah, qui regorge de détails si abondants, a-t-elle supporté sa longue transmission ? Comment un système si sophistiqué a-t-il pu résister sans dommage à la succession de nombreuses générations et conserver sa précision ? Prends pour exemple le jeu du “téléphone” dont tu connais certainement le principe : des enfants s’asseyent l’un à côté de l’autre. Le premier chuchote un mot ou une phrase à l’oreille de son camarade assis près de lui, lequel le murmure au suivant, et ainsi de suite jusqu’au dernier participant de la rangée, qui formule à haute voix le vocable ou le message qui lui est parvenu. Il est souvent amusant de constater les bouleversements “cybernétiques” subis par le communiqué à mesure qu’il s’est éloigné de sa source… Par exemple : l’enfant assis en première place choisit le terme “table”, lequel est entendu “câble”, puis retransmis “cale”, arrive chez le suivant sous la forme de “balle” pour être finalement prononcé “malle” par le dernier de la rangée. Au cours de cette altération plausible et graduelle, la “table” s’est transformée en “malle”. Qu’est-ce qui, selon toi, aurait pu obvier à de telles falsifications ? Une chaîne de déformations dont chaque maillon est léger et imperceptible ne se déploiera-t-elle pas aussi dans la transmission de la Torah – dans la transcription de l’écrite et dans la communication de l’orale ? El‘hanan : Pour te répondre, je te propose d’employer précisément l’exemple que tu viens d’utiliser. Organisons une partie de “téléphone”, en lui aménageant cependant des “dispositifs de défense” aptes à prévenir la moindre entorse à l’exacte transmission du message. Nous pouvons ainsi ériger sept systèmes de sauvegarde, dont chacun permette à lui seul d’éviter toute dénaturation lors de la communication du message : Système de défense n°1 – Chaque enfant transmet, outre le mot, l’objet qu’il désigne. S’il prononce le mot : “table”, il lui incombera de passer une petite table à son camarade. Ce dernier, qui entend le vocable et recueille l’objet désigné, ouï;ra ainsi bel et bien “table”, et non la moindre variante. Même s’il entendait autre chose, il saurait qu’il doit immédiatement vérifier de quoi il s’agit, puisqu’il se rendrait compte de la contradiction entre ce qu’il a entendu et ce qu’il a reçu. Une partie qui se déroule suivant cette règle ne peut donner lieu à un “téléphone cassé”… On peut présumer que le premier mot parcourra la séquence des participants sans subir d’altération. Système de défense n°2 – Le premier enfant fait passer un petit billet contenant les têtes de chapitres du message transmis ou une allusion à son sujet. Système de défense n°3 – Chaque enfant répète cinquante fois le mot à son camarade. Dans de telles conditions, le terme sera assurément transmis avec précision. Même si dix fois sur les cinquante, l’auditeur entend diverses variantes du vocable indiqué, il l’aura entendu précisément dans la majorité des communications. Imaginons qu’il entende à quarante reprises “chameau”, et dix fois les composantes issues de ce mot – par exemple “chat”, “mot” – l’analyse de ces erreurs le conduira à la conclusion que le terme introduit était bel et bien “chameau”. Si malgré tout le doute le prenait, il demanderait des éclaircissements. Une partie se déroulant selon ces principes ne pourra non plus laisser place à des confusions. Système de défense n°4 – Nous formerons dix colonnes de cinq enfants chacune. Tous ceux assis au premier rang conviendront de prononcer le même mot. Si les derniers de chaque file émettent le même terme, nous saurons qu’il a été transmis avec précision. Car il est inconcevable qu’une erreur identique se soit glissée dans toutes les rangées. Système de défense n°5 – Nous nous exercerons pendant dix jours consécutifs, chaque jour avec nos états d’âme et notre niveau de concentration spécifiques. Si durant cette période, les participants sont tous parvenus au même résultat, nous serons assurés et habilités à affirmer qu’aucune falsification ne s’est immiscée en chemin. Système de défense n°6 – Prévenons formellement les enfants : tout perturbateur sera sévèrement puni, alors que le fidèle transmetteur sera dûment récompensé. La crainte du châtiment encouru et l’attente de la gratification promise stimuleront chacun d’eux à réaliser une retransmission aussi exacte que possible. Système de défense n°7 – Nous développerons la motivation des participants en soulignant combien la retransmission précise profite à la société, à l’humanité, etc. afin d’accroître leur désir d’exactitude.
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