Hagar, la mère d’Ismaël, était la fille de Pharaon (Targoum Yonathan ad Berèchith 16, 1), lequel était lui-même le fils de Nemrod (Ibid. 16, 5).

Or, Eliézèr, le serviteur d’Abraham, était également le fils de Nemrod (Targoum Yonathan ad Berèchith 14, 14), lequel n’était autre qu’Amrafel (Rachi ad Berèchith 14, 1). Et Amrafel a fait partie de la coalition qui s’est emparée de Lot, neveu d’Abraham, et l’a fait prisonnier (Berèchith 14, 12).

Survint alors le « fuyard », à savoir ‘Og (Rachi ad Berèchith 14, 13), qui annonça à Abraham la capture de son neveu.

Et nous savons par ailleurs que ‘Og s’identifiait à Eliézèr (Yalqout Chim‘oni Bamidbar 21 § 748).

On peut déduire de ce qui précède que la guerre des « Rois » (Berèchith 14, 1 et suivants) a opposé en réalité des membres d’une seule et même famille.

Nemrod, qui faisait partie de la coalition des quatre rois, celle qui a enregistré les premiers succès guerriers et qui a capture Lot, a été défait par son propre fils, Eliézèr, dont l’intervention a contribué à la libération de ce prisonnier. (D’après Ta‘ama di-qera de rabbi ‘Hayim Kanievsky).

-o-o-o-o-o-o-o-o-

Haftarath  Lekh lekha – « Vermisseau de Jacob »

« Ne crains point, vermisseau de Jacob, faible reste d’Israël ! Moi je t’aiderai, parole de Hachem, et ton libérateur, le Saint d’Israël » (Isaïe 41, 14).

 

Si ce verset constitue une promesse de réconfort que nous fait Hachem et s’il nous assure de Son soutien quoi qu’il arrive, son emploi du mot « vermisseau » ne laisse pas d’être étonnant, d’autant que le nom de Jacob est le seul, dans tout le Tanakh, à lui être associé.

Pour le Targoum Yonathan, le « vermisseau de Jacob » correspond tout simplement aux « tribus de la maison de Jacob » , tandis que cette expression, selon Rachi, est à prendre dans son sens premier : Elle traduit la faiblesse d’Israël, dont la force ne réside que dans sa bouche, c’est-à-dire dans ses prières.

On peut rapprocher cette idée d’un texte midrachique (Midrach Tan‘houma Bechala‘h 9) : « Pourquoi Israël est-il comparé à un vermisseau ? Parce que, de même qu’un vermisseau ne s’en prend aux cèdres que par sa bouche et que malgré sa vulnérabilité il réussit à attaquer plus dur que lui, de même Israël ne résiste-t-il aux peuples idolâtres, que l’on compare aux cèdres (Voir notamment Psaumes 29, 5 : « La voix de Hachem brise les cèdres : Hachem brise les cèdres du Liban »), que par les prières sorties de sa bouche. »

Jacques KOHN zal.