Le site Hamodia en anglais a révélé que lors de la visite du Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou en Argentine, dans le cadre de sa tournée historique en Amérique Latine, le gouvernement argentin lui a remis des milliers de documents portant sur la Seconde Guerre Mondiale.

Ces dossiers numériques comprendraient plus de 140 000 documents secrets et des photographies datant de 1939 à 1950. Ils ont été numérisés par l’Argentine et par le mémorial de l’Holocauste (US Holocaust Memorial Museum) de Washington.

On peut rappeler, dans ce contexte, qu’en 1960, des agents secrets israéliens avaient traqué le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann, qui s’était enfui en Argentine, et l’avait conduit en Israël où il avait fait l’objet d’un procès retentissant, avec des témoignages de victimes bouleversants, et avait finalement été condamné à mort par le tribunal pour ses crimes contre le peuple juif et contre l’humanité.

Par la suite, des informations avaient circulé indiquant que l’Amérique du Sud, restée neutre pendant la guerre, était devenue après la fin du conflit un refuge non seulement pour Eichmann mais aussi pour d’autres membres du régime nazi qui cherchaient ainsi à échapper à la justice. De nouveaux éléments sur cette affaire pourraient émerger, selon les médias du pays qui ont été cités par la dixième chaine de la télévision israélienne.

La fuite des Nazis vers l’Argentine a été orchestrée par le dictateur Juan Perón, qui a dirigé le pays entre les années 1946 et 1955. Il avait établi des relations avec de nombreux fonctionnaires nazis lorsqu’il travaillait comme agent de liaison diplomatique au sein de l’armée italienne sous le règne de Benito Mussolini.

Au cours de ses rencontres à Buenos Aires, le Premier ministre israélien a déclaré que son voyage marquait ‘une aube nouvelle’ dans les relations entre son pays et l’Amérique Latine. Netanyahou a eu un entretien mardi avec le président argentin Mauricio Macri et les deux pays ont signé plusieurs accords sur la sécurité publique, les douanes et les assurances sociales ainsi que sur les archives concernant la Shoah.

Claire Dana-Picard