En décembre 2016, une femme de la communauté hassidique de Bobov, Ruchie Freier, était nommée juge dans un tribunal civil du quartier de Brooklyn à New York. C’était un moment historique pour la population juive américaine et pour les Etats-Unis.

Au départ, Ruchie Freier était secrétaire dans un bureau d’avocats pendant que son mari étudiait au Kollel. Puis, passionnée par ce métier, elle a décidé de se lancer dans des études universitaires au Touro College, obtenant dans un premier temps un diplôme de premier cycle en sciences politiques avant de poursuivre un cursus de droit et de devenir avocate. Elle s’est alors spécialisée dans le droit de l’immobilier.

De passage en Israël, elle a accordé une interview au site Kikar Hashabat. Elle a confié qu’en obtenant son poste, elle avait réalisé un vieux rêve. « Je pensais que j’aimerais mon travail de secrétaire, a-t-elle indiqué, mais à l’âge de 30 ans, j’ai compris que cela ne me suffisait pas ».

Puis elle a expliqué que pour devenir juge, il fallait exercer la profession d’avocat pendant dix ans. ‘J’ai eu beaucoup de chance car ma famille m’a toujours soutenue, a-t-elle ajouté. Elle m’a aussi aidée à obtenir l’appui des rabbanim et des directeurs des Yeshivot lors des élections. Nous venons de ‘faire l’histoire’ ».

Dans l’entretien, Ruchie Freier a évoqué également la nomination d’une juge harédite, l’avocate H’avi Toker, en Israël. « Quels conseils lui donneriez-vous », lui a-t-on demandé. Elle a répondu : « Je prie beaucoup, je demande à D. de m’aider ».

Et d’estimer : « Je pense que tant qu’elle aura un comportement adéquat et qu’elle bénéficiera du soutien de sa famille, elle réussira et fera du Kidoush Hashem. Tout le monde verra qu’on peut être à la fois une femme qui réussit, une bonne mère de famille et quelqu’un de bien ».

Elle a ajouté qu’il était impossible d’établir une comparaison entre le poste qu’elle assumait aux Etats-Unis et celui qui est exercé en Israël,  ‘totalement différent étant donné qu’il s’agit d’un Etat juif’.

Ruchie Freier, mariée et mère de six enfants, ne se contente pas de mener des activités professionnelles, en plus de ses responsabilités familiales. Elle est également bénévole dans une association caritative, Ezrat Nachim, qu’elle a fondée il y a quelques années avec d’autres personnes pour apporter de l’aide dans des domaines divers à des femmes en difficultés.

Claire Dana-Picard