Les circonstances de la mort du procureur juif argentin Alberto Nisman, qui cherchait à faire toute la lumière sur l’attentat à la bombe perpétré en 1994 contre le centre de la communauté juive de Buenos Aires (AMIA), ont enfin été éclaircies officiellement. Un juge fédéral argentin vient de décréter qu’il a été assassiné.

Nisman, chargé pendant dix ans de mener l’enquête sur cette attaque qui a causé la mort de 85 personnes et a fait 230 blessés, a été trouvé sans vie, avec une balle dans la tête, à son domicile en janvier 2015. Il venait, quelques jours plus tôt, d’accuser l’ancienne présidente de l’Argentine Cristina Fernandez d’avoir couvert le rôle de l’Iran dans cette explosion meurtrière.

Dans un document de 656 pages, le juge Julian Ercolini a indiqué qu’il existait des preuves suffisantes pour conclure qu’il ne s’était pas suicidé. C’est la première fois, depuis le début de l’affaire, qu’un juge admet qu’il s’agit d’un meurtre.

Comme on le sait, jusqu’à présent, Fernandez et d’autres prétendaient que le procureur s’était donné la mort. Mais Ercolini s’est montré formel et a même accusé un ancien employé de Nisman, Diego Lagomarsino, de complicité dans ce meurtre.

Cristina Fernandez, qui est aujourd’hui sénateur, a été récemment inculpée pour trahison, ce qui confirme les allégations de Nisman qui affirmait qu’elle avait œuvré dans les coulisses pour effacer toute implication de l’Iran dans l’attentat afin de normaliser les relations de son pays avec Téhéran. Le juge a également inculpé et assigné à résidence l’ancien ministre des Affaires étrangères de Fernandez, Hector Timerman. Mais Fernandez et Timerman continuent à nier ces accusations.

Claire Dana-Picard