Le président des Etats-Unis Donald Trump a prononcé mercredi soir (heure israélienne) un discours qualifié d’historique dans lequel il a annoncé que ‘l’administration américaine reconnaissait pour la première fois Jérusalem comme capitale d’Israël’.

« Après deux décennies de report, nous n’avons jamais été aussi proches d’un accord de paix durable entre Israël et les Palestiniens », a-t-il estimé.

Il a ajouté qu’il s’apprêtait à transférer l’ambassade US, actuellement à Tel Aviv, à Jérusalem. Trump a ensuite affirmé qu’il soutenait la fameuse ‘solution des deux Etats’ mais uniquement si les deux parties l’acceptaient. Il a finalement indiqué que son adjoint, le vice-président Mike Pence, se rendrait dans quelques jours au Proche-Orient.

Trump a débuté son intervention par ces mots : « Nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes en faisant les mêmes erreurs de considération et en répétant toujours la même erreur de stratégie que par le passé.  Ces vieux défis exigent une nouvelle approche ».

Il a ensuite rappelé le vote du Congrès américain, en 1995, qui demandait déjà au gouvernement fédéral américain de ‘relocaliser’ l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Il a précisé que cette résolution avait été confirmée par un nouveau vote il y a six mois. Comme on le sait, depuis cette adoption, les présidents américains qui se sont succédé au pouvoir ont régulièrement signé, en vertu du droit que leur conférait la loi, un acte reportant cette décision. Ce qui fait que jusqu’à aujourd’hui, l’ambassade américaine est toujours à Tel Aviv.

En Israël, on salue bien entendu le discours de Donald Trump. La ministre de la Justice Ayelet Shaked, résumant les positions du gouvernement, a déclaré qu’il s’agissait d’un ‘jour important’ et d’une ‘victoire du peuple américain’. Rappelons tout de même que les Américains ont appelé Israël à la ‘retenue’ après les déclarations de Trump.

Le monde arabe a réagi avec colère à cette décision américaine. Le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a prétendu que ‘la décision de Trump conduirait à des guerres qui n’auraient pas de fin’. Quant au président libanais Michel Aoun, il a dit que la déclaration du président américain ‘menaçait le processus de paix et la stabilité de la région’. Le porte-parole du gouvernement jordanien a indiqué : « Nous contestons la décision de Trump qui accentuera les tensions et maintient l’occupation ».

Claire Dana-Picard