Le judaïsme tunisien reste fidèle à la mémoire du Rav Haï Taieb zts’l, décédé à Tunis le 19 Kislev 1836. Chaque année, de nombreuses communautés se réunissent pour honorer sa mémoire par des chants  liturgiques et des Divré Tora qui attirent beaucoup de monde.

Le Rav Haï Taieb était très apprécié et admiré de son vivant. Sa grandeur le plaçait parmi les rabbanim les plus éminents de Tunisie. On raconte notamment les miracles dont il a été le témoin et de nombreux récits ont été publiés à son sujet.

Ses écrits ont malheureusement été détruits par le feu, et il ne reste qu’un seul manuscrit témoignant de sa grande érudition et de sa piété. Cette œuvre, Halav Hittim, qui comprend des commentaires des traités du Talmud, a été éditée en 1896, c’est-à-dire soixante ans après son décès.

Le nom du Rav Taieb est toujours suivi des mots « Lo Met ». On raconte que lorsque le Rav a quitté ce monde, l’artiste chargé de graver la pierre tombale y avait inscrit le terme « Met », qui signifie « mort ». Le défunt lui serait venu en rêve la nuit suivante pour lui faire des remontrances et lui rappeler que d’après les Hazal, les Tsadikim étaient appelés « vivants » même après leur disparition.

Il aurait ajouté à l’intention de l’artiste confus : « Tu vas te lever demain matin et tu vas insérer le mot « Lo », « n’est pas » avant le mot « Met ». L’homme, dès son réveil, aurait obtempéré : il se serait rendu au cimetière pour corriger sa faute.  

Claire Dana-Picard