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Page 2 sur 3 La Tribu d’origine des Choftim Il existe, quant à l’origine des Choftim, un certain flou, dû à plusieurs ambiguïtés. En premier lieu, le texte désigne seulement pour certains d’entre eux la tribu dont ils sont issus : Ehoud, originaire de Benjamin (3, 15). Gédéon et Avimélèkh, originaires de Manassé (6, 15). Baraq, mari (?) de Devora, originaire de Naftali (4, 6). Tola, originaire de Issakhar (10, 1). Eilon, originaire de Zabulon (12, 11). Samson, originaire de Dan (13, 2). Il existe d’autre part une contradiction entre un enseignement talmudique (Souka 27b), celui de Rachi (ad loc.) et celui d’un Midrach (Yalqout Chim‘oni Choftim 3, 42).« Il n’a existé aucune tribu, a enseigné Rabbi Eliézèr, qui n’ait pas donné un chofèt » (Souka ad loc.). Rachi, dans son commentaire, illustre cette affirmation de la Guemara par quelques exemples, mais il ajoute : « Quant à ‘Othniel, Jephté, Chamgar, Yaïr et ‘Avdon, j’ignore leurs tribus d’origine. » Le Yalqout Chim‘oni, contrairement à la Guemara, affirme que toutes les tribus ont donné des choftim, à l’exception d’une seule, celle de Siméon, et ce à cause du crime commis par Zimri (voir Bamidbar 25, 1 et suivants), « cela pour t’apprendre la gravité de la débauche ». Il n’est pas ici dans notre intention de résoudre cette contradiction, et nous nous contenterons de quelques observations : Lorsque Rachi affirme ne pas connaître les tribus d’origine de ‘Othniel, Jephté, Chamgar, Yaïr et ‘Avdon, il entend manifestement rappeler que le texte du séfèr Choftim ne les mentionne pas explicitement. On sait cependant que ‘Othniel appartenait à la famille de Calev (3, 9), lequel était issu de la tribu de Juda (Bamidbar 13, 6). Yaïr et Jephté sont présentés comme originaires de Guil‘ad (10, 3 et 11, 1), une dépendance du Manassé transjordanien (Bamidbar 32, 39 à 42). Il est indiqué d’autre part, à propos de ‘Avdon, qu’il était le fils de Hillel, le Pir‘atonite. Or, Pir‘aton était situé sur le territoire d’Ephraïm (12, 15). Reste Chamgar, pour lequel on est réduit à formuler des hypothèses. Etant donné que ce chofèt a combattu les Philistins (3, 31), on peut conjecturer qu’il était issu de l’une des tribus géographiquement les plus proches de cette peuplade : Juda, Siméon ou Dan. Quant à Ruben, Gad et Aser, ces tribus pour lesquelles Rachi signale ne disposer d’aucune référence, on peut expliquer leur absence par les considérations suivantes : 1 – Ruben et Gad étaient des tribus transjordaniennes essentiellement nomades et vouées à l’élevage. Situées géographiquement, et donc politiquement, à l’écart d’Erets Yisrael, elles se distinguaient du demi-Manassé également transjordanien qui avait, lui, maintenu ses liens avec son autre « moitié ». 2 – Quant à Aser, cette tribu a habité « au milieu » des Cananéens (1, 33), ce qui signifie, comme le suggèrent les commentateurs, qu’elle s’est accommodée d’une situation où elle vivait en étrangère sur son propre sol. Il est par conséquent probable qu’elle ait fini par se fondre dans son environnement païen.
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