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Dans la nuit de mercredi à jeudi, le mur de la synagogue Etz Haïm de Melun, située rue Michelet, a été recouvert de graffitis et de tags antisémites
Tsahal et les forces de police ont annoncé jeudi la disparition d'un soldat. Il ne serait pas rentré d'un exercice d'entraînement en solo, dans la forêt de Harouvit.
La traversée des saisons offre au couple des occasions à ne pas manquer. Qu'en est-il des mois d'été?
Cette semaine, paracha Vaét’hanan, nous entamons la série des sept haftarot dites « de consolation », en contrepoids des catastrophes évoquées par le jeûne du 9 Av.
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Ticha be av : un deuil collectif
Plusieurs milliers de fidèles ont assisté, samedi soir dernier, aux obsèques qui ont débuté devant sa synagogue dans le quartier de Chmouël Hanavi.

Les Juges : Le Cantique de Devora

Le livre des « Juges »


Devora, prophétesse et choféteth


Le cantique de Devora – Première partie


Nous poursuivons ici l’étude de la partie du livre des « Juges » consacrée à la prophétesse Devora. Son cantique, l’un des plus beaux du Tanakh, sera analysé en deux livraisons.)

Le cantique de Devora, qui s’étend sur les 31 versets formant le cinquième chapitre du séfèr Choftim, est constitué par un chant de victoire (chirath Devora) célébrant le triomphe des enfants d’Israël sur Yavin et sur Sissera.

Comme son nom l’indique, il a été chanté par Devora, mais «avec Baraq, fils d’Avino‘am», qui lui avait été associé dans la victoire.

Au cours de son histoire, Israël a entonné dix cantiques, celui de Devora étant le sixième (les autres étant ceux qu’ont chantés Adam [Psaumes92,1], Moïse [Chemoth15,11], les enfants d’Israël [Bamidbar21,17], Moïse [Devarim32,1], Josué [Josué10,12], ‘Hanna [ISamuel2,1], David [IISamuel22,1] et Salomon [Psaumes30,1]. Quant au dixième, annonce Tan‘houma Bechala‘h10, il sera entonné par les exilés au retour de leur dispersion [Isaïe30,29]).

Ce cantique commence par louer le courage de ceux «qui se sont dévoués» (be-hithnadèv ‘am), expression diversement expliquée. Pour Rachi, le compliment s’adresse à ceux qui ont fait techouva, permettant ainsi à Hachem de combattre à leurs côtés et de leur donner la victoire. Quant à Radaq et Metsoudath David, ils pensent que leur dévouement a consisté à partir à la guerre avec courage.

Le verset 3 («Rois, écoutez! princes, prêtez l’oreille! “Moi”, “moi”, je chanterai à Hachem je chanterai un hymne à Hachem, Dieu d’Israël») contient une anomalie: un double anokhi («moi»), que Rachi explique comme suit, Midrach à l’appui:

Le Saint béni soit-Il n’a pas voulu priver le mont Thabor et le mont Carmel de la récompense qu’ils méritaient pour avoir désiré être le lieu du don de la Tora, et Il leur a promis, leur ayant préféré le mont Sinaï, une double compensation. Après avoir annoncé au mont Sinaï: «Je suis (anokhi) Hachem, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison d’esclaves», Il a prononcé deux fois le même mot anokhi à l’adresse du mont Thabor. Quant au mont Carmel, il a eu l’honneur d’accueillir le prophète Elie et d’entendre le peuple proclamer: «Hachem, c’est Lui qui est Dieu! Hachem, c’est Lui qui est Dieu!» (IRois 18,39).

Devora rappelle ensuite la majestueuse apparition de Hachem au Sé‘ir, au mont Sinaï, (verset4: «Les “montagnes” ruisselèrent à la vue de Hachem» – apparition qui n’est pas sans ressembler à celle du bien-aimé dans Chir ha-Chirim [2,8]: «La voix de mon bien-aimé! le voici qui vient, sautant sur les “montagnes”, bondissant sur les collines.»). Ce rappel du don de la Tora s’imposait ici, explique Rachi, car c’est pour s’en être écartés que les enfants d’Israël avaient été livrés aux mains de leurs ennemis, et c’est parce qu’ils sont revenus à elle qu’ils ont été délivrés.

Le verset 5, dernier de l’introduction, rappelle que si tout cela s’est produit au Sinaï, c’est parce que Hachem y est descendu.

Cette intervention divine miraculeuse, poursuit Devora, a mis fin à la situation troublée créée par l’oppression des Cananéens. Depuis Chamgar, les enfants d’Israël étaient dans l’impossibilité d’emprunter les routes principales et devaient utiliser des sentiers détournés (verset6). Le pays était en effet infesté par des brigands qui détroussaient les voyageurs, et l’on peut imaginer la grave crise économique que cet état d’insécurité avait entraînée (voir plus haut à propos de Chamgar).

Dans cette situation troublée, les villes ouvertes étaient délaissées, leurs habitants cherchant refuge dans les agglomérations fortifiées, et ce «jusqu’à ce que moi Devora, me sois levée, mère en Israël» (verset7).

On notera que le Talmud (Pessa‘him 66b voir aussi Rachi ad loc.; Rabbeinou Be‘hayé Berèchith 19, 13) fait gravement reproche à Devora d’avoir ainsi dénigré ses prédécesseurs. Elle aurait de ce fait perdu son intuition prophétique, et ainsi s’expliquerait le verset12: «Réveille-toi, réveille-toi, Devora! Réveille-toi, réveille-toi, dis un cantique!», c’est-à-dire: «Relève-toi de ton incapacité à prononcer des prophéties!»

«On choisissait de nouveaux dieux, alors la guerre était aux portes! On ne voyait ni bouclier ni lance chez quarante milliers en Israël» (5,8). Ces «quarante milliers» sont diversement compris par les commentateurs:

Selon la première explication de Radaq, lorsque les enfants d’Israël ont choisi de «nouveaux dieux», ils ont dû, bien qu’ils fussent nombreux – plus de quarante mille– s’enfuir dans leurs villes fortifiées jusque devant les «portes» desquelles leurs ennemis les ont poursuivis.

Pour Radaq (seconde explication) et Metsoudath David, il est ici question des quarante mille hommes qui ont combattu dans les plaines de Jéricho (Josué4,13). Ils n’ont eu besoin ni de boucliers ni de lances, leur victoire leur ayant été assurée par un miracle.

Le Targoum Yonathan et Rachi considèrent que les «quarante mille» sont les «chefs de garnison» au service de l’ennemi cananéen.

«Mon cœur est aux législateurs d’Israël qui se dévouent pour le peuple. Bénissez Hachem!» (5,9).

Selon les commentateurs, Devora rend ici hommage aux Sages qui se sont dévoués pour enseigner au peuple la Tora et les mitswoth, sans se laisser décourager par les souffrances endurées par leurs contemporains, et qui ont incité ceux-ci à revenir vers Hachem.

«Vous qui montez de blanches ânesses, qui êtes assis sur des tapis, et vous qui allez par les chemins, contez!» (5,10). Les commerçants et les princes, explique Rachi, pourront enfin monter leurs précieuses ânesses blanches –les véhicules «hauts de gamme» de l’époque– en toute sécurité. Quant à ceux qui sont «assis sur des tapis (midin)», il s’agit des juges qui craignaient de rendre leur jugement (din) en public.

Selon Radaq, le mot midin désigne une localité qui figure sur la liste des villes conquises par Yehouda (Josué15,61). Ses habitants seront désormais à l’abri de tout danger.

Ceux-là, qui redoutaient le moindre bruissement de cailloux (Rachi: «Kiesel», en vieil allemand) lorsqu’ils allaient puiser de l’eau, peuvent désormais louer Hachem: Son peuple est retourné dans ses «portes»: il a quitté les lieux où il s’était réfugié et a retrouvé ses résidences d’antan (5,11, selon Rachi).


(à suivre)

Jacques KOHN


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55:24 minutes (50.72 Mo)

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