Gédéon : La fin de la guerre


Le livre des « Juges »
Gédéon
La fin de la guerre: La mort des rois Zéva‘h et Tsalmounna et les représailles contre Soukoth et Penouel

Gédéon demanda à Yéthèr, son fils aîné, de tuer lui-même Zéva‘h et Tsalmounna. Mais celui-ci, qui n’était encore qu’un jeune garçon, se déroba par peur d’accomplir ce geste.

Aussi Gédéon s’en chargea-t-il lui-même, et ce à la demande de ses deux ennemis, qui redoutaient de tomber aux mains d’un exécuteur qui n’aurait pas été digne d’eux (8,20 et 21).

Pourquoi Gédéon a-t-il voulu charger son fils d’une telle mission?

>Lorsqu’il demanda aux deux monarques comment étaient les hommes qu’ils avaient tués à Thabor, c’est-à-dire ses deux frères, ils répondirent: «Ils étaient comme toi, comme eux chacun d’eux comme la figure d’un fils de roi» (8,18). On peut rapprocher cette réponse de l’adage: «Tout Israël est composé de fils de rois» (Michna Chabbath14,4).

Peut-être les ont-ils comparés, observe Ralbag (ad.loc.), aux propres enfants de Gédéon qui se trouvaient auprès de leur père, raison pour laquelle il a voulu charger son fils aîné de l’exécution des rois ennemis. Peut-être aussi Gédéon a-t-il estimé que Zéva‘h et Tsalmounna n’étaient pas dignes de mourir de sa propre main.

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Alors que, lancé à la poursuite des Midianites, Gédéon venait de traverser le Jourdain, à la tête de ses trois cents hommes, fatigués mais toujours ardents au combat, il demanda aux habitants de Soukoth et de Penouel, deux localités situées en Transjordanie sur le territoire de la tribu de Gad (voir Josué 13,27), non loin de la rivière Yabboq, de lui fournir des vivres. Ces deux villes, qui avaient observé pendant le conflit une prudente neutralité et qui, peut-être, craignaient des représailles de la part de Midianites encore invaincus, refusèrent d’accéder à sa demande.

Gédéon annonça à Soukoth que, la victoire obtenue, il broierait la chair de ses habitants avec des épines du désert et avec des ronces (8,7).

Radaq remarque que le nom même de Soukoth, pourtant écrit avec un samekh, la prédestinait à un destin aussi tragique, le mot soukoth, lorsqu’on l’écrit avec un sine, désignant des «dards».

Quant aux habitants de Penouel, Gédéon leur promit que, la paix revenue, il reviendrait et détruirait leur tour.

Les Midianites mis en déroute, Gédéon s’en retourna vers Soukoth et Penouel. Il frappa les Anciens de Soukoth avec des épines et des ronces. Quant à Penouel, il en massacra les hommes (8,17).

Pourquoi s’est-il comporté envers cette ville avec une telle brutalité, alors qu’il avait promis de ne détruire que sa tour? Parce que, explique Radaq (ad loc.), ils s’étaient fiés à elle pour les protéger, et peut-être aussi parce qu’ils avaient opposé de la résistance aux hommes de Gédéon.

(à suivre)

Jacques KOHN

 

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