Rav Arié Leib Ginsburg


RAV ARIÉ Leib Ginsburg naquit
en 1695 (5455) dans le
village de Weisum, près de
Minsk en Lituanie. Son père, rav
Acher, Gaon et tsadik fort connu,
avait été pendant des années le rav
de toute cette région qui comprenait
une quarantaine de communautés.

Depuis son jeune âge, Leib semblait
être destiné à la grandeur
dans l’étude et l’enseignement de
la Torah. Ainsi possédait-il un
fantastique pouvoir d’analyse et
de raisonnement, doublé d’une
grande force de concentration et
d’application dans ses études. De
plus, la possession des biens terrestres
n’intéressait pas le jeune
homme qui ne désirait que Torah
et mitsvot, ce qui lui fera dire plus
tard : « Tout ce que je voudrais
dans le monde futur, c’est une
Guémara, un pupitre et une lampe
pour étudier ! »

À l’âge de 20 ans, il s’était déjà
forgé une réputation solide, non
seulement dans l’étude, mais aussi
dans l’enseignement pour lequel
il excellait. En 1723, rav Ye’hiel
Halpern, le rav de Minsk et talmid
‘ha’ham de renom, invita rav Leib
à diriger la yéchiva de cette ville.
Rav Leib connut alors une grande
réussite si bien que les étudiants
les plus doués affluèrent de partout
afin d’écouter ses cours. Il n’était
pas rare de voir se promener ensemble
dans les rues de Minsk, le
vieux rav Halpern écoutant avec
grand intérêt les commentaires du
jeune érudit…

Plus tard, en 1750, rav Leib accepta
le poste de rav de Volozhin,
une ville qui allait devenir un très
grand centre de Torah.

Or, c’est vers 1755 qu’il décida qu’il
était temps pour lui de se mettre
à écrire ses propres ‘hidouchim
– commentaires -, et il entreprit
le périlleux voyage vers Francfort
afin de les faire imprimer. C’est là
que son oeuvre phénoménale intitulée
« Chaagat Arié » (Le rugissement
du lion) vit le jour.

Extrêmement pauvre et d’une grande
humilité, il n’était pas toujours
accueilli avec les honneurs qui lui
étaient dus… Toutefois, la surprise
et la joie étaient grandes lorsqu’au
cours de ses pérégrinations, ceux
qui lui ouvraient la porte remarquaient
le génie et la personnalité
de ce modeste visiteur.

C’est en 1765 que les notables de la
ville de Metz cherchèrent un rav…
Ils proposèrent d’abord ce poste au
rav Epstein de Konigsberg, mais ce
dernier leur conseilla de se tourner
vers rav Leib, qui était alors « fortuitement
» de passage dans leur
ville où il cherchait à vendre ses
ouvrages. Les délégués se montrèrent
au départ très hésitants compte
tenu de l’âge assez avancé du rav
Leib. Mais devinant leurs pensées,
rav Leib leur dit : « Certes, je ne
suis plus très jeune, mais je ne suis
pas aussi vieux que j’en ai l’air...
Tout comme notre patriarche Yaacov
devant Pharaon, je vous explique
que mon aspect est la conséquence
de la vie dure que j’ai menée
et des difficultés qui m’ont assailli.
Ne craignez rien ! Dites-moi plutôt
combien d’années voudriez-vous
m’avoir comme guide spirituel de
votre communauté ? »

- « Au moins vingt ans ! »,
répliquèrent les délégués communautaires.

- « Eh bien, avec l’aide de D.ieu, je
serai votre rabbin pendant vingt
ans ! ».

Et le Chaagat Arié fut bel et bien
le rav de Metz pendant exactement
vingt ans !
Lors de l’entretien relatif à son engagement,
interrogé sur l’éventail
de ses connaissances, il déclara
connaître « la moitié du Chas ». Et à
la question de savoir quelle moitié
précisément, il maîtrisait, il répondit
: « Celle que vous voulez… ! ».

Après son décès le 15 Tamouz 5545
(1785), l’un des grands de la génération
déclara dans son éloge funèbre :
« Le Chaagat Arié diffusa la Torah
dans le peuple d’Israël et honora chaque
individu. Il ne profita d’aucun
plaisir matériel et chacun de ses actes
était ‘lechem chamayim' [pour glorifier
le Nom de D.ieu-Ndlr]. Il transmit
sa sagesse à tous, jeunes et vieux,
sans aucun soupçon d’orgueil. Et
aussi, il alluma les yeux des érudits,
si bien que nous continuons de boire
les eaux abondantes de sa sagesse ».
Nombreux sont aujourd’hui les
enfants dans le monde qui s’inspirent
des enseignements du Chaagat
Arié pour l’élaboration du discours
Torani de leur Bar-mitsva.

AVRAHAM TORDJMAN


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