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La cantillation Rabbi Yo‘hanan a enseigné : « Quiconque lit sans mélodie, et étudie sans fredonner un air, c’est lui que désigne le verset (Ezéchiel 20, 25) : “ Et Moi aussi, Je leur ai donné des lois qui n’étaient pas bonnes… ” (Meguila 32a). De là découle l’importance que notre tradition a toujours attachée aux systèmes de cantillation du Tanakh, c’est-à-dire surtout à la manière dont l’officiant chante les versets de la paracha ou de la haftara. Toute personne qui fréquente habituellement les synagogues connaît les façons différentes de lire dans la Tora selon qu’elles sont de rite achkenaze ou séfarade. Il existe de plus, à l’intérieur de ces deux rites, et sans parler des autres (yéménite, de Cochin, etc.), de nombreuses nuances selon les pays d’origine. Les Juifs marocains n’utilisent pas les mêmes airs que les Tunisiens, et les Polonais ne font pas comme les Alsaciens. Ce nuances sont cependant de peu d’importance, sauf peut-être pour les fanatiques de la ‘hazanouth, si on les compare à celles qui séparent les deux systèmes d’accentuation dans le Tanakh : Les signes d’accentuation sont divisés en deux catégories : les accents dits « des vingt-et-un livres » (ta‘amei akh), et ceux qui accompagnent les livres des Psaumes, des Proverbes et de Job (ta‘amei emeth). La différence entre ces deux catégories est devenue théorique. On n’a pas pour habitude, en effet, de chanter les Psaumes, les Proverbes et Job en respectant ces signes. Ce qu’il faut en retenir, c’est que les lectures publiques, qu’elles soient celle de la paracha, celle de la haftara ou celle des cinq meguiloth, prennent appui sur le même système de cantillation, même si les airs musicaux en sont différents. Signalons que si le ‘hazan est tenu de respecter scrupuleusement la façon dont les mots doivent être prononcés, il n’est pas d’usage d’exiger la même rigueur en ce qui concerne les signes d’accentuation. Ce qu’il doit éviter, c’est de dénaturer le texte par une cantillation erronée, ce qui peut parfois arriver lorsqu’il inverse un signe dit « conjonctif » et un signe dit « disjonctif ». à suivre... Jacques KOHN.
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